Review of federal institutions’ disclosures of information under the Security of Canada Information Disclosure Act in 2024: Report
Examen des Communications d’Information par des Institutions Fédérales au titre de la loi sur la Communication d’Information ayant trait à la Sécurité du Canada en 2024
Ministère de la défense nationale/Forces armées canadiennes
CANAFE
Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada
AMC
Affaires mondiales Canada
GC
Gouvernement du Canada
IRCC
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
OSSNR
Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
SP
Sécurité publique Canada
GRC
Gendarmerie royale du Canada
SAID
Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada
TC
Transports Canada
Glossaire
Critère de contribution
Le premier élément du seuil minimum à respecter avant qu’une institution puisse communiquer de l’information en vertu de la LCISC est que cette institution doit avoir conclu que la communication aidera à l’exercice de la compétence ou des
attributions de l’institution fédérale destinataire à l’égard « d’activités portant atteinte à la sécurité du Canada » [alinéa 5(1)a)].
Critère de proportionnalité
Le second élément du seuil minimum à respecter avant qu’une institution puisse communiquer de l’information en vertu de la LCISC est que cette institution doit avoir conclu « que l’incidence de la communication sur le droit à la vie privée d’une personne sera limitée à ce qui est raisonnablement nécessaire dans les circonstances » [alinéa 5(1)b)].
Sommaire
Le présent examen avait pour objet d’évaluer le degré de conformité d’institutions du gouvernement du Canada aux exigences s’appliquant aux communications et à la conservation des documents en vertu de la Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (LCISC) au cours de l’année 2024. L’examen a également permis de recueillir des données volumétriques sur les communications transmises au titre de la LCISC et de dégager des tendances quant à l’application continue de la LCISC dans l’ensemble des institutions du gouvernement du Canada (GC).
L’OSSNR a constaté que, globalement, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Affaires mondiales Canada (AFC), Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s’acquittaient des obligations que la LCISC leur imposait en matière de gestion des documents.
En raison d’une augmentation importante de près de 300 % des communications transmises par IRCC au SCRS en 2024, l’OSSNR a décidé de concentrer la majeure partie de ses efforts sur ces deux institutions.
Pendant la période visée par l’examen, IRCC et le SCRS ont mis en place un processus de demande et de communication en plusieurs étapes de sorte à réduire la quantité d’information venant de tierces parties qui est communiquée par IRCC, ce qui permet d’accroître le degré de conformité à la LCISC. Toutefois, l’OSSNR a relevé des occurrences où l’information fournie à IRCC par le SCRS était limitée, ce qui affaiblissait la capacité d’IRCC à se convaincre, en tant qu’institution appelée à communiquer, que l’information demandée concerne assurément des activités pouvant porter atteinte à la sécurité du Canada.
En outre, l’OSSNR a constaté qu’IRCC ne disposait d’aucune politique formelle pouvant régir la communication d’information relative à des personnes mineures.
L’OSSNR a constaté que, dans trois de ses demandes d’information soumises au titre de la LCISC, le CST avait transmis à IRCC plus de renseignements que ce qui était requis pour les communications d’information.
L’OSSNR a fait quatre recommandations pour que les institutions soient en mesure de présenter leurs demandes et leurs communications au titre de la LCISC suivant le recours à un libellé qui permette de réduire toute incidence sur la vie privée des individus concernés.
Pour ce qui a trait à l’exigence énoncée au paragraphe 5.1(1) de la LCISC selon laquelle l’institution destinataire doit détruire ou remettre tout renseignement personnel qui n’est pas nécessaire, l’OSSNR a constaté que le SCRS pourrait ne s’être pas conformé à la loi, en conservant une communication qui contenait des renseignements personnels erronés.
1. Introduction
Fondements législatifs
This review was conducted under the authority of paragraphs 8(1)(a), 8(1)(b), and subsection 39(1) of the Loi sur l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (“NSIRA Act”).
In accordance with section 39 of the NSIRA Act, this review fulfills NSIRA’s requirement to submit an annual report to the Minister of Public Safety regarding disclosures made under the Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (SCIDA, or the Act) in the preceding calendar year.
Portée
L’objectif du présent examen était d’évaluer le degré de conformité d’institutions du gouvernement du Canada (GC) aux prescriptions de la LCISC en matière de communication et de conservation des documents en 2024. L’examen a également permis de recueillir des données volumétriques sur les communications transmises au titre de la LCISC, d’analyser les schèmes d’utilisation au sein des diverses institutions et d’examiner la façon dont les institutions du GC se servaient des ententes de communication d’information.
L’évaluation de la conformité qui figure dans le présent rapport s’est limitée aux institutions du GC qui ont communiqué ou reçu de l’information au titre de la LCISC en 2024, à savoir l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Affaires mondiales Canada (AFC), Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Méthodologie
L’examen se fonde principalement sur des documents fournis à l’OSSNR par les institutions qui ont transmis ou reçu des communications au titre du paragraphe 9(3) de la LCISC. À ces documents s’ajoutent une analyse des politiques et procédures des institutions en rapport avec la LCISC de même que les réponses que ces institutions ont fournies aux demandes d’information.
L’évaluation de la conformité qui figure dans le présent rapport s’est limitée aux institutions du GC qui ont communiqué ou reçu de l’information au titre de la LCISC en 2024, à savoir l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), le Centre de la sécurité des télécommunications (CST), le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Affaires mondiales Canada (AFC), Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
Énoncés généraux
La Loi sur l’OSSNR accorde à l’Office de surveillance le droit d’accéder en temps voulu aux informations qui relèvent de tout ministère ou qui sont en possession de tout ministère (à l’exception des documents confidentiels du Cabinet) et de recevoir, de la part de tout ministère, les documents et explications que l’Office de surveillance juge nécessaires. L’OSSNR exerce un suivi du degré de coopération affiché à l’égard des demandes d’accès, notamment sur le plan de la complétude et de l’exactitude des informations communiquées, dans le but de procéder à une évaluation de la réactivité d’un ministère dans le cadre de chacun des examens.
L’ASFC, le CST, le SCRS, AMC et la GRC ont répondu aux attentes de l’OSSNR en matière de réactivité tout au long du processus d’examen. Par ailleurs, compte tenu des importants retards qu’il a affichés dans ses réponses aux demandes d’information, IRCC n’a répondu que partiellement aux attentes en matière de réactivité.
2. Contexte
La LCISC établit une autorité expresse et autonome permettant aux institutions du
GC de communiquer entre elles des renseignements afin d’assurer la protection du
Canada contre les activités portant atteinte à la sécurité nationale. L’objet de la Loi
est d’encourager et de faciliter ces communications de renseignements.
L’article 9 de la LCISC impose des obligations en matière de conservation des
documents à toutes les institutions qui communiquent ou reçoivent de l’information
au titre de la Loi. Pour sa part, le paragraphe 9(3) exige que ces documents soient
remis à l’OSSNR dans les 30 jours suivant la fin de chaque année civile.
Le paragraphe 5(1) de la LCISC autorise les institutions fédérales à communiquer de l’information – sous réserve des interdictions ou restrictions prévues par d’autres lois ou règlements – à des institutions désignées, à condition que l’institution qui communique l’information soit convaincue que a) la communication aidera à l’exercice de la compétence ou des attributions de l’institution fédérale destinataire à l’égard d’activités portant atteinte à la sécurité du Canada (le « critère de contribution ») et b) l’incidence de la communication sur le droit à la vie privée d’une personne sera limitée à ce qui est raisonnablement nécessaire dans les circonstances (le « critère de proportionnalité »).
Le paragraphe 5(2) exige que, au moment d’effectuer une communication, les institutions qui communiquent fournissent également de l’information concernant l’exactitude des renseignements communiqués et la fiabilité des moyens employés pour obtenir ces renseignements.
Lorsqu’une institution fédérale reçoit de l’information en vertu de la Loi, le paragraphe 5.1(1) exige que cette institution détruise ou remette les renseignements personnels superflus le plus tôt possible après les avoir reçus.
Les principes directeurs de la LCISC insistent sur la notion voulant que la communication efficace et responsable d’information permette de protéger le Canada et les Canadiens. Rappelons que l’alinéa 4c) propose que les institutions du GC concluent une entente de communication d’information avec toute institution fédérale destinataire à laquelle elles communiquent fréquemment de l’information.
En 2024, les institutions du GC ont effectué, en tout, 900 communications au titre de la LCISC (voir le tableau 1). Le nombre des communications s’est donc accru de 235 % par rapport à 2023.
Tableau 1 : Nombre de communications effectuées au titre de la LCISC selon les institutions qui ont communiqué et les institutions destinataires [toutes les communications (communications proactives)]
Institution destinataire désignée
Institution qui communique l'information
ASFC
ACIA
CCSN
ARC
CST
SCRS
MDN/FAC
Finances
CANAFE
AMC
Sante
IRCC
ASPC
SP
GRC
TC
TOTAL (proactives)
ASFC
–
–
–
–
–
(2)
–
–
–
–
–
–
–
–
(2)
–
(4)
AMC
–
–
–
–
(1)
41
(12)
–
–
–
–
–
–
–
–
7
(2)
–
49
(15)
IRCC
–
–
–
–
76
770
–
–
–
–
–
–
–
–
(1)
–
847
(1)
TOTAL (proactives)
–
–
–
–
77
(1)
813
(14)
–
–
–
–
–
–
–
–
10
(5)
–
900
(20)
This substantial increase in records was primarily driven by IRCC’s disclosures to CSIS, which grew nearly 300% from 194 in 2023 to 770 in 2024. IRCC previously disclosed similar information to CSIS under the Loi sur la protection des renseignements personnels, whereas now the SCIDA is the primary mechanism for CSIS to obtain immigration information. CSIS also credits the increase in disclosures to enhanced collaboration with IRCC aimed at improving operational staff awareness and understanding of the SCIDA regime.
Au cours des années précédentes, on a remarqué, dans la majorité des cas, que les institutions communiquaient de l’information en réponse à une demande. Seuls 2 % des communications étaient envoyées de façon proactive.
Exigences relatives à la conservation des documents –
article 9
L’article 9 de la LCISC stipule un certain nombre d’obligations qui doivent être respectées par les institutions qui communiquent et par celles qui reçoivent. Ces exigences visent à promouvoir la reddition de comptes et la transparence en imposant de documenter l’information essentielle, notamment la description des données communiquées ou reçues, les personnes concernées, les dates pertinentes ainsi que les motifs légaux qui justifient la communication. Les institutions sont également tenues de déclarer si de l’information a été détruite ou remise à l’expéditeur.
Après une analyse des documents soumis par le SCRS et IRCC, l’OSSNR a constaté plusieurs écarts mineurs relativement à la conservation des documents. Ces écarts peuvent être attribuables à des duplications, des modifications ou des annulations de demandes de la part du SCRS. Par exemple, dans certains cas, les questions de suivi venant du SCRS au sujet des communications qu’il avait reçues étaient enregistrées dans une demande distincte par IRCC.
En outre, IRCC a attribué des numéros de dossier séquentiels à un certain nombre de demandes qui ont été envoyées en 2024, mais qui n’ont été traitées qu’en 2025. Ces communications étaient incluses dans les registres de conservation des documents remis à l’OSSNR. IRCC a expliqué qu’à l’avenir, il n’attribuerait un numéro de dossier qu’aux demandes qui auront été traitées au cours de l’année civile en cours, ce qui devrait atténuer la confusion.
IRCC a également indiqué qu’il s’était engagé à mettre ses registres de conservation des documents à la disposition du SCRS tous les trimestres, ce qui permettra de réagir aux écarts s’il y a lieu. Une communication claire et efficace entre les institutions qui communiquent et celles qui reçoivent s’avère essentielle lorsqu’on tient à ce que la conservation des documents soit rigoureuse; elle permet également de gérer l’information en toute sécurité, d’observer les lois et de favoriser la précision sur le plan de l’administration.
Au mois d’août 2023, le CST et IRCC ont signé une entente de communication d’information (ECI) de sorte à formaliser leurs échanges d’information réguliers et à favoriser la conformité à la LCISC. Le principal objet des communications qu’IRCC transmet au CST en vertu de la LCISC est d’établir le statut de citoyen ou le statut d’immigrant au Canada d’une personne d’intérêt. Ces communications permettent au CST de demeurer conforme à la loi dans la mesure où il lui est interdit, dans le cadre de son mandat, de diriger ses activités opérationnelles sur des Canadiens ou sur des personnes se trouvant au Canada.
Dans ses demandes, le CST fournit des informations nominatives se rapportant à un individu, ce qui permet à IRCC de faire une recherche dans les systèmes appropriés, principalement le Système mondial de gestion des cas (SMGC). Le SMGC contient tous les renseignements sur la citoyenneté et l’immigration concernant les citoyens canadiens, les ressortissants étrangers et les résidents permanents. En outre, le SMGC contient les demandes soumises par des individus ainsi que l’information saisie par les agents d’immigration ou par d’autres ministères et organismes, notamment l’ASFC.
Dans sa demande, le CST transmet minimalement à IRCC le nom complet de l’individu ainsi que sa date de naissance. Le CST peut également inclure, le cas échéant, certains autres renseignements nominaux, comme la nationalité avérée ou présumée, le lieu de naissance et un numéro de téléphone. L’ECI conclue entre le CST et IRCC contient une liste exhaustive des informations que le CST peut fournir pour aider IRCC à produire des résultats précis.
Dans trois cas distincts, toutefois, l’OSSNR a remarqué que le CST avait fourni à IRCC un type de renseignement personnel qui ne figurait pas dans l’ECI. Le CST a fait valoir que tous les détails pertinents avaient été transmis pour accroître la probabilité que l’IRCC produise des résultats probants. IRCC a confirmé à l’OSSNR qu’il ne lui était pas possible, comme toujours, de tirer parti des renseignements personnels particuliers fournis par le CST pour effectuer ses recherches.
L’ECI n’interdit pas formellement au CST de communiquer de l’information qui sort du cadre établi par l’entente conclue avec IRCC. Néanmoins, le CST devrait vérifier si les renseignements qu’il transmet sont pertinents pour l’institution qui communique, ce qui permettrait d’éviter les transmissions inutiles de renseignements personnels.
Au printemps de 2024, IRCC et le SCRS ont élaboré un processus à plusieurs étapes s’appliquant aux communications au titre de la LCISC. Ils ont également procédé à la répartition des demandes et communications en vertu de la LCISC en deux catégories : « élémentaire » et « avancée » . En mettant ce processus en place, IRCC et le SCRS ont formellement adopté trois modèles normalisés : une lettre de demande, une liste de vérification et un formulaire de réponse. La liste de vérification et le formulaire de réponse, plus particulièrement, visent à guider les analystes d’IRCC lorsqu’il s’agit de ne fournir que les renseignements nécessaires; ils ont fait partie de toutes les communications.
Au minimum, une communication élémentaire contient des renseignements biographiques provenant des cinq dernières années, notamment l’information de citoyenneté ou d’immigration, la situation de famille et les coordonnées. Elle peut également contenir des photos ainsi que des données récentes sur l’emploi, les antécédents de voyage et les caractéristiques physiques.
Lorsque le SCRS a besoin d’un historique personnel complet et de documents à l’appui, notamment les demandes d’immigration numérisées, la demande devient une communication avancée au titre de la LCISC, laquelle requiert des justificatifs additionnels. Ce type de communication contient souvent des renseignements s’étalant sur une période historique plus longue (comme les 10 dernières années ou plus).
Auparavant, même lorsqu’il s’agissait de ne communiquer que des renseignements biographiques élémentaires, IRCC incluait une copie de la plus récente demande d’immigration soumise par un individu (p. ex. un passeport ou une demande de visa). Ainsi, nombre de communications remontant aux premiers mois de l’année visée par l’examen contenaient des renseignements relatifs à un tiers, entre autres, de l’information non caviardée sur le répondant, sur une personne à contacter en cas d’urgence ou sur une référence. L’OSSNR a observé que, pour les communications élémentaires au titre de la LCISC, le système à plusieurs étapes réduisait le nombre des cas où IRCC incluait des renseignements relatifs à des tiers. Cette réduction était en partie attribuable au fait que les copies numérisées de demandes n’étaient plus incluses.
Généralement, IRCC caviarde les références figurant dans les demandes de passeport avant de procéder à la communication. Les autres types de renseignements relatifs à des tiers sont caviardés au cas par cas.
Le processus de communication débute lorsqu’IRCC reçoit, de la part du SCRS, une lettre de demande contenant une liste normalisée d’éléments sur lesquels les deux institutions se sont entendues. Cette approche permet au SCRS de n’identifier que l’information nécessaire à la demande tout en résolvant les problèmes causés précédemment par des listes de renseignements incohérentes préparées à la pièce. Par exemple, le SCRS peut demander des renseignements biographiques, comme les données de passeports ou l’information de citoyenneté, mais choisit de ne demander aucune coordonnée. Par ailleurs, les lettres de demandes avancées comprennent une option permettant de recevoir une copie numérisée des demandes.
Tout au long de 2024, la lettre de demande, la liste de vérification et le formulaire de réponse ont subi des modifications visant à répondre aux besoins d’IRCC et du SCRS. L’OSSNR a remarqué que de nouveaux types d’information couramment demandés qui n’avaient pas figuré dans la lettre de demande ont été ajoutés en fonction des besoins. En outre, IRCC a réuni la liste de vérification et le formulaire de réponse dans le but d’atténuer le fardeau administratif. Le processus à plusieurs étapes a permis à IRCC de gérer la hausse du nombre des communications tout en limitant la quantité des informations relatives à des tiers qui sont transmises.
Il importe de noter qu’en décidant d’utiliser une liste de vérification et un formulaire en guise de réponse, IRCC a préconisé un processus itératif qui a permis d’améliorer l’efficacité opérationnelle et la conformité aux lois dans les deux institutions assujetties à la LCISC. En outre, les temps de réponse sont répartis en trois catégories de priorité : demande relative à une urgence potentiellement mortelle, demande opérationnelle prioritaire et demande courante. IRCC à l’intention de prioriser de la même façon les demandes provenant d’autres institutions assujetties à la LCISC.
Les communications qui figurent ci après illustrent succinctement la façon dont le processus à plusieurs étapes a permis à IRCC de réduire davantage la quantité de renseignements personnels dans les communications régies par la LCISC. Le premier cas présente une communication typique d’avant l’instauration du système à plusieurs étapes, alors que la deuxième et la troisième communication ont eu lieu après l’introduction du système.
Le SCRS a envoyé une lettre à IRCC pour demander la communication d’information concernant un étranger qui faisait l’objet d’une enquête en lien avec une certaine institution. La demande devait inclure les documents des cinq années précédentes.
En l’absence d’un système appelé à limiter l’information qu’il est possible de communiquer, IRCC a transmis les copies numérisées de toutes les demandes soumises par l’individu en question : permis d’études, permis de travail, de preuve de résidence permanente et visa de résident temporaire. Tous les documents faisant partie de la communication ne comportaient aucun caviardage. Qui plus est, ils incluaient de l’information relative à un tiers et à une personne mineure ainsi que des renseignements financiers.
Le SCRS a demandé à IRCC de lui transmettre, au titre de la LCISC, une communication élémentaire comportant de l’information concernant des individu affiliés à une certaine entité étrangère. Dans son justificatif, le SCRS a indiqué que l’entité étrangère et les individus cités constituaient des entités « d’intérêt pour la sécurité nationale » dans le contexte d’une enquête du SCRS.
Comme il s’agissait d’une demande de communication élémentaire, IRCC a pris des mesures permettant de limiter le contenu de la communication en fournissant au SCRS un tableau ne contenant que le nom, le lieu de naissance, le statut ou les antécédents d’immigration et la nature de l’affiliation. Dans la correspondance par courriels, IRCC a indiqué que, si le SCRS avait besoin de plus amples détails ou souhaitait plutôt soumettre une demande de catégorie avancée pour un individu ou tous les individus concernés, il serait tenu de fournir un justificatif plus détaillé.
Le SCRS a demandé à IRCC de lui transmettre une communication avancée contenant de l’information ayant trait à plusieurs individus en invoquant le fait que le Service avait « des motifs raisonnables de croire » que les sujets auraient été en contact avec des « membres connus » d’un service de renseignement étranger. Le SCRS a tenu à préciser son raisonnement en fournissant à IRCC une quantité importante d’information contextuelle au sujet de l’entité étrangère en question et de la façon dont l’information demandée contribuerait à faire avancer l’enquête.
Le SCRS a également demandé des copies numérisées de tous les documents cités dans sa demande. IRCC a communiqué presque toutes les catégories d’information demandées par le SCRS. Dans la liste de vérification jointe à la communication, IRCC a indiqué qu’il avait caviardé l’information relative à des tiers ainsi que d’autres éléments qui n’avaient rien à voir avec la demande du SCRS.
Lorsqu’on établit une comparaison par rapport au premier cas, on voit, dans le deuxième cas, que la délimitation entre la communication élémentaire et la communication avancée au titre de la LCISC a permis d’éviter qu’IRCC transmette trop de renseignements personnels dans le cas sans plus de justification. Dans le troisième cas, même si le SCRS a fourni une justification étoffée, IRCC n’a pas inclus toutes les informations dont il disposait dans ses fonds de renseignements concernant les sujets, dans la mesure où ces informations n’étaient pas toutes pertinentes.
Les communications d’information faites en vertu du paragraphe (1) de la LCISC ne peuvent avoir lieu que si IRCC est convaincu de l’application de deux critères. Premièrement, IRCC doit être convaincu que la communication permettra au SCRS d’exercer sa compétence quant aux activités qui menacent la sécurité du Canada. Deuxièmement, IRCC doit être convaincu que la communication ne portera pas atteinte au droit à la vie privée d’une personne plus qu’il n’est nécessaire compte tenu des circonstances. Lorsqu’IRCC est convaincu que les deux critères sont respectés, il « peut » procéder à une communication. Charge à l’institution qui communique de s’assurer que l’information qu’elle communique répond aux critères établis.
Bien qu’il ne soit pas tenu de transmettre une information détaillée concernant ses enquêtes, ses programmes ou ses rapports avec IRCC, le SCRS doit fournir, dans ses demandes, suffisamment d’information pour qu’IRCC puisse exercer responsablement sa discrétion. Une brève explication générale concernant le lien entre, d’une part, l’information recherchée et, d’autre part, la responsabilité et la compétence du SCRS en matière de sécurité nationale peut suffire. Toutefois, les institutions qui communiquent peuvent demander des clarifications en requérant une explication plus détaillée des activités menaçantes dont il est question dans la demande.
Pour la majorité des demandes élémentaires examinées par l’OSSNR, le SCRS a choisi d’exprimer ses justifications par des phrases vagues comme [traduction] « le sujet représente un intérêt en matière de sécurité nationale en rapport avec l’enquête du Service concernant […] » la menace en question. En revanche, l’OSSNR a remarqué d’autres demandes élémentaires où le SCRS avait clairement décrit, justifications à l’appui, en quoi l’information demandée contribuerait à faire avancer ses enquêtes. Par ailleurs, les demandes avancées contenaient presque toutes des justifications rigoureusement formulées.
Dans les lettres de demande élémentaire du SCRS, les incohérences relevées dans la description d’une activité menaçante n’ont pourtant pas souvent incité IRCC à demander de plus amples éclaircissements. Concrètement, IRCC a globalement tenu pour acquis que le SCRS ne demanderait que des informations favorisant de facto l’exercice de son mandat. L’OSSNR n’a relevé nulle part qu’IRCC menait des évaluations indépendantes fondées sur un cadre structurel ou sur des critères solides.
IRCC a indiqué que, dans ses communications, il caviardait toute information qu’il juge non pertinente de sorte à veiller à ce que seuls les renseignements pertinents soient communiqués. Or, IRCC n’était pas toujours convaincu par les justifications fournies par le SCRS, particulièrement dans le cas des demandes avancées ou des demandes multiples. L’OSSNR a remarqué qu’IRCC demandait de plus amples justifications, communiquait moins d’information que demandé ou caviardait les renseignements inutiles concernant les tiers.
À défaut de justifications détaillées dans les demandes soumises au titre de la LCISC, on court le risque de compromettre la conformité aux dispositions de l’alinéa 5(1)b). Par conséquent, les institutions qui reçoivent devraient fournir aux institutions qui communiquent l’information et les justificatifs qui sauront les convaincre que le critère de contribution est respecté. Pour qu’elle soit suffisante, l’analyse des activités qui menacent la sécurité du Canada nécessite qu’IRCC en connaisse les circonstances.
En 2024, IRCC a indiqué qu’il avait reçu un nombre accru de demandes de communications concernant des personnes mineures et a pris contact avec le SCRS pour veiller au respect de leur vie privée. Toutefois, la politique en place à IRCC pour ce qui a trait à la LCISC n’aborde pas le traitement des personnes mineures dans le contexte des communications assujetties au régime.
L’OSSNR a remarqué qu’IRCC faisait preuve d’incohérence dans son approche relative à la communication d’information concernant des personnes mineures et qu’il ne caviardait pas l’information adéquatement dans bon nombre des communications examinées. Dans au moins un cas, IRCC a indiqué qu’il avait caviardé l’information relative à une personne mineure. Toutefois, l’OSSNR a remarqué qu’IRCC n’avait pas toujours appliqué le caviardage là où c’était requis. En effet, son nom, sa date de naissance et son numéro d’identité national avaient été laissés sans caviardage ailleurs dans la même communication. Dans d’autres communications, IRCC a soit caviardé complètement l’information concernant une personne mineure, soit décidé de ne faire aucune communication.
The care attendant to a minor’s privacy rights in other areas of the law (as seen in, among others, the Criminal Code, the Youth Criminal Justice Act and various international conventions) indicates that minors may also attract a heightened privacy expectation in a national security context. Children under 16, for example, may not have a choice in submitting applications for passports which are completed on their behalf by a parent or guardian.
Le paragraphe 5.1(1) de la LCISC exige la destruction ou la remise, dès que possible après leur réception, des renseignements personnels qui lui sont communiqués au titre de l’article 5 et qui ne sont pas nécessaires à l’exercice de sa compétence ou de ses attributions prévues par une loi fédérale à l’égard d’activités portant atteinte à la sécurité nationale du Canada. Le SCRS n’est pas visé par cette exigence stipulée au paragraphe 5.1(3) lorsqu’il conserve une communication du fait qu’elle se rapporte à l’exercice de ses fonctions aux termes de l’article 12 de la Loi sur le SCRS.
En 2024, le SCRS représentait la seule institution à relever les communications contenant de l’information qui avait été détruite ou remise à l’expéditeur au titre du paragraphe 5.1(1) : trois ont été jugées comme ne prêtant pas à déclaration obligatoire, une était inadmissible (mauvais sujet) et une avait été communiquée par IRCC avant que le SCRS n’arrive à annuler la demande, bien que la communication n’ait pas été diffusée.
Peu après la réception de la communication, le SCRS a conclu que l’individu en question n’était pas le sujet de la demande. Malgré l’exigence voulant que l’information soit détruite, le SCRS l’a entièrement conservée « à des fins de référence ». Lorsqu’on l’a interrogé à ce sujet, le SCRS a confirmé que la communication n’aurait dû être conservée [traduction] « ni en partie ni totalement » et que la question avait été renvoyée à la section interne responsable de la conformité.
L’article 12 de la Loi sur le SCRS permet au Service, dans la mesure où c’est strictement nécessaire, de collecter, d’analyser et de conserver de l’information concernant les activités représentant une menace pour la sécurité du Canada. Toutefois, comme le SCRS n’a pas déclaré que cette information avait été conservée au titre de l’article 12 de la Loi sur le SCRS – il n’était donc pas nécessaire de la conserver –, l’exception visée au paragraphe 5.1(3) de la LCISC ne s’appliquait pas. Le SCRS était donc tenu de détruire ou de remettre à l’expéditeur l’information au titre du paragraphe 5.1(1).
Le présent examen marque la sixième année consécutive où l’OSSNR étudie la conformité des institutions du GC aux dispositions de la LCISC. Au vu des communications examinées, l’OSSNR a conclu que les institutions répondaient généralement aux exigences en matière de communication et de gestion des documents.
L’OSSNR a noté d’importantes améliorations qui ont considérablement renforcé les processus de demande et de communication entre IRCC et le SCRS, ce qui a permis d’accroître le degré de conformité. Toutefois, l’OSSNR a également reconnu des risques dans la façon dont IRCC applique les principales exigences stipulées dans les alinéas 5(1)a) and 5(1)b) de la LCISC.
En outre, l’OSSNR a relevé de possibles occurrences de non conformité aux dispositions du paragraphe 5.1(1) de la LCISC en raison de la conservation de renseignements personnels qui avaient été jugés non nécessaires.
Les recommandations que l’OSSNR a formulées dans le cadre du présent examen visent à aider les institutions qui communiquent et celles qui reçoivent à suivre les normes de la LCISC en matière de protection des renseignements personnels, ce qui leur permettra d’apporter des améliorations quant à la protection de la sécurité nationale et à l’exercice des mandats qui leur sont respectivement conférés par la loi.
Annexe A. Historique des communications au titre de la LCISC
Institution qui communique l'information
Institution destinataire désignée au titre de la LCISC (annexe 3)
ASFC
ACIA
CCSN
ARC
CST
SCRS
MDN/FAC
Finances
CANAFE
AMC
Sante
IRCC
ASPC
SP
GRC
TC
TOTAL
2023
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2 (2)
–
2 (2)
AMC
–
–
–
–
1 (1)
10 (0)
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
15 (1)
RCC
–
–
–
–
58 (0)
194 (7)
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
252 (7)
TOTAL
–
–
–
–
59 (1)
204 (7)
–
–
–
–
–
–
–
–
6 (2)
–
269 (10)
2022
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
4
–
4
AMC
–
–
–
–
–
39
2
–
–
–
–
–
–
–
12
–
53
IRCC
–
–
–
–
59
56
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
115
GRC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
1
TOTAL
–
–
–
–
59
95
2
–
–
–
–
1
–
–
16
–
173
2021
MDN/FAC
–
–
–
–
–
2
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
AMC
–
–
–
–
–
41
–
–
–
–
–
1
–
–
2
–
44
IRCC
–
–
–
–
68
79
–
–
–
2
–
–
–
–
–
–
149
TOTAL
–
–
–
–
68
122
–
–
–
2
–
1
–
–
2
–
195
2020
ASFC
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
–
–
–
–
3
–
4
AMC
–
–
–
–
1
25
–
–
–
–
–
1
–
–
13
–
40
IRCC
–
–
–
–
60
61
–
–
–
–
–
–
–
–
37
1
159
GRC
–
–
–
–
–
–
–
1
–
–
3
–
5
–
–
–
9
TC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
–
2
Autres
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
TOTAL
–
–
–
–
61
88
1
–
–
3
–
6
–
–
55
1
215
2019
ASFC
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
–
–
–
–
2
–
3
AMC
–
–
–
–
–
23
–
–
–
–
–
3
–
1
15
–
42
IRCC
–
–
–
–
5
17
1
–
–
–
–
–
–
–
36
–
59
GRC
–
–
–
4
–
–
–
–
1
3
–
1
–
–
–
–
9
TC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
1
TOTAL
–
–
–
4
5
41
1
–
1
3
–
4
–
1
54
–
114
Annexe B. Conclusions et recommeandations
L’OSSNR a formulé les conclusions et les recommandations suivantes dans le cadre de son examen.
Analyse des volumes et des tendances
Constatation 1. L’OSSNR constate que le nombre des communications d’IRCC transmises au SCRS en vertu de la LCISC s’est considérablement accru en 2024.
Exigences relatives à la conservation des documents –
article 9
Constatation 2. L’OSSNR constate, d’après l’échantillon de communications examiné, que chacune des institutions ayant communiqué ou reçu de l’information au titre de la LCISC en 2024 avait respecté les obligations prévues à l’article 9 pour ce qui concerne la conservation des documents.
Entente de communication d’information – alinéa 4c)
Conclusion 3 : L’OSSNR constate que le CST a transmis à IRCC plus d’information que nécessaire dans trois des demandes de communication qu’il a soumises au titre de la LCISC.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que le CST, lorsqu’il demande une communication au titre de la LCISC, limite sa transmission d’information à ce qu’IRCC a reconnu comme étant pertinent pour ses fonds d’information.
Exigences en matière de communication d’information – article 5
Constatation 4. L’OSSNR constate que la mise en place, par IRCC et le SCRS, d’un processus de demande et de communication à plusieurs étapes a entraîné une réduction de la quantité des renseignements de tiers communiqués par IRCC, ce qui a permis de renforcer la conformité à la LCISC.
Constatation 5. L’OSSNR constate des cas où l’information que le SCRS a fournie à IRCC était limitée, ce qui a affaibli la capacité d’IRCC à respecter, en tant qu’institution qui communique, son obligation de vérifier que l’information communiquée concerne bel et bien une activité qui menace la sécurité du Canada.
Recommandation 2 : L’OSSNR recommande qu’au besoin, IRCC demande des éclaircissements de la part des institutions demanderesses pour veiller à disposer de toute l’information pertinente qui est requise pour remplir les obligations qui lui incombent en tant qu’institution qui communique au titre de la LCISC avant de procéder à la communication.
Constatation 6 : L’OSSNR constate qu’IRCC ne disposait d’aucune politique pouvant régir la communication, au titre de la LCISC, d’information concernant les personnes mineures.
Recommandation 3 : L’OSSNR recommande qu’IRCC instaure une politique sur la communication d’information se rapportant aux personnes mineures, qui reconnaisse les droits particuliers de ces personnes.
Obligation de détruire ou de remettre à l’expéditeur – paragraphe 5.1(1)
Constatation 7 : L’OSSNR constate que le SCRS pourrait ne s’être pas conformé aux dispositions du paragraphe 5.1(1) de la LCISC lorsqu’il a conservé une communication contenant des renseignements personnels dont il n’avait pas besoin pour exercer sa compétence.
Recommandation 4 : L’OSSNR recommande que le SCRS détruise tous les renseignements personnels qui lui ont été transmis dans une communication et qui n’étaient pas nécessaires à l’exercice de sa compétence.
Le présent rapport trimestriel a été préparé par la direction conformément à l’article 65.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques et selon les modalités prescrites par la Directive sur les normes comptables : GC 4400 Rapport financier trimestriel des ministères. Le présent rapport financier trimestriel devrait être lu parallèlement au Budget principal des dépenses de 2025–2026.
Ce rapport trimestriel n’a pas fait l’objet d’un audit ni d’un examen externe.
L’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR) est un organisme de surveillance externe indépendant qui relève du Parlement. Créé en juillet 2019, l’OSSNR examine les activités du gouvernement du Canada en matière de sécurité nationale et de renseignement afin de déterminer si elles sont légales, raisonnables et nécessaires. L’Office de surveillance enquête également, de manière indépendante et en temps opportun, sur les plaintes déposées par le public concernant les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ainsi que sur certaines autres plaintes liées à la sécurité nationale.
Le Secrétariat de l’OSSNR appuie l’Office de surveillance dans l’exercice de son mandat. Le contrôle indépendant contribue à renforcer le cadre de responsabilisation pour les activités de sécurité nationale et de renseignement, et à accroître la confiance du public. Ainsi, les ministres et les Canadiens sont informés quant à savoir si les activités de sécurité nationale et de renseignement entreprises par les institutions du gouvernement du Canada sont légales, raisonnables et nécessaires.
Ce rapport trimestriel a été préparé par la direction en utilisant une comptabilité axée sur les dépenses. L’état des autorisations joint à ce rapport inclut les autorisations de dépenser du Secrétariat de l’OSSNR accordées par le Parlement et utilisées par le Secrétariat, de manière cohérente avec le Budget principal des dépenses et les budgets supplémentaires des dépenses (lorsqu’applicable) pour l’exercice 2025-2026. Ce rapport financier trimestriel a été préparé en utilisant un référentiel à usage particulier conçu pour répondre aux besoins d’information financière à l’égard de l’utilisation des autorisations de dépenser.
Le gouvernement ne peut dépenser sans l’autorisation préalable du Parlement. Les autorisations sont accordées par l’entremise de lois de crédits, sous forme de limites annuelles, ou par l’entremise de lois, sous forme d’autorisations législatives de dépenser à des fins déterminées.
Le ministère utilise la méthode de la comptabilité d’exercice intégrale pour la préparation de ses états financiers annuels qui font partie du processus de rapport sur les résultats ministériels. Toutefois, les pouvoirs de dépenser votés par le Parlement sont encore en fonction d’une comptabilité axée sur les dépenses.
Faits saillants des résultats financiers trimestriels et cumulatifs à ce jour
La présente section expose les éléments importants qui ont contribué à l’augmentation nette ou à la diminution nette des autorisations disponibles au cours de l’exercice et des dépenses réelles durant le trimestre qui s’est terminé le 31 décembre 2025.
Le Secrétariat de l’OSSNR avait dépensé environ 65 % de ses autorisations à la fin du troisième trimestre, comparativement à 63 % durant le même trimestre en 2024–2025 (voir le graphique 1).
Graphique 1 : Comparaison des autorisations budgétaires et des dépenses budgétaires nettes cumulatives, T2 2025–2026 et T2 2024–2025 (en millions de dollars)
Version texte de la figure 1
Comparaison des autorisations budgétaires et des dépenses budgétaires nettes cumulatives, T3 2025–2026 et T3 2024–2025 (en millions de dollars)
2025-26
2024-25
Autorisations budgétaires totales
$20.4
$20.5
Dépenses budgétaires encourues au T3
$3.8
$4.2
Dépenses cumulatives
$13.3
$13.0
Changements importants aux autorisations
Au 31 décembre 2025, le Parlement avait approuvé 20,4 millions de dollars d'autorisations totales à utiliser par le Secrétariat de l’OSSNR pour 2025-2026, contre 20,5 millions de dollars au 31 décembre 2024, soit une diminution nette de 0,1 millions de dollars ou 0.5 % (voir graphique 2).
Graphique 2 : Variation des autorisations au 31 décembre 2025 (en millions de dollars)
Version texte de la figure 2
Variance in authorities as of December 31, 2025 (in millions of dollars)
Année fiscale 2024-25 totaux disponibles pour l'exercice se terminant le 31 mars 2025
Année fiscale 2025-26 totaux disponibles pour l'exercice se terminant le 31 mars 2026
Crédit 1 - Fonctionnement
18.9
18.5
Postes législatives
1.6
1.9
Autorisations totales
20.5
20.4
Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués
La diminution de 0,1 million de dollars des autorisations s'explique principalement par une baisse du report total de l'exercice précédent.
Changements importants touchant les dépenses trimestrielles
Les dépenses du troisième trimestre ont totalisé 3,8 millions de dollars, soit une diminution de 0,4 million de dollars par rapport aux 4,2 millions de dollars de dépenses engagées au cours de la même période en 2024–2025. Le tableau 1 présente les dépenses budgétaires par article courant.
Table 1: Departmental budgetary expenditures by Standard Object (unaudited)
Exercice 2025-2026 (en milliers de dollars)
Changements dans les dépenses par article courant
Exercice 2025-2026: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2025
Exercice 2024-2025: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2024
Variation en $
Variation en %
Personnel
3,470
3,584
(114)
(3%)
Transports et communications
90
131
(41)
(31%)
Information
5
15
(10)
(67%)
Services professionnels et spéciaux
242
437
(195)
(45%)
Locations
13
40
(27)
(68%)
Services de réparation et d’entretien
5
27
(22)
(81%)
Services publics, fournitures et approvisionnements
0
(11)
11
(100%)
Acquisition de matériel et d’outillage
0
0
(0)
(0%)
Autres subventions et paiements
20
15
(15)
(100%)
Dépenses budgétaires brutes totals
3,825
4,238
(413)
(10%)
Services professionnels et spéciaux
La diminution de 195 000 $ est due à une baisse de recours à plusieurs sous-traitants.
Locations
La diminution de 27 000 $ est attribuable à la mise hors service d’un immeuble locatif.
Services de réparation et d’entretien
La diminution de 22 000 $ s’explique par certains réparations ponctuelles effectuées dans les bureaux au cours de l’exercice 2024-2025.
Services publics, fournitures et approvisionnements
La diminution de 11 000 $ s’explique par le règlement plus rapide du compte d’attente des cartes d’achat en 2025-2026.
Autres subventions et paiements
La diminution de 15 000 $ s’explique par une baisse du recouvrement des trop-payés de salaire.
Changements importants touchant les dépenses cumulatives depuis le début de l’exercice
Les dépenses depuis le début de l’exercice totalisent 13,3 millions de dollars, soit une augmentation de 0,3 millions de dollars (2 %) par rapport aux 13,0 millions de dollars de dépenses engagées au cours de la même période en 2024–2025. Le tableau 2 présente les dépenses budgétaires par article courant.
Table 2: Departmental budgetary expenditures by Standard Object (unaudited) (continued)
Exercice 2025-2026 (en milliers de dollars)
Changements dans les dépenses par article courant (en milliers de dollars)
Exercice 2025-2026 Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2025
Exercice 2024-2025 Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2024
Variation en $
Variation en %
Personnel
11,213
10,448
765
7%
Transports et communications
164
266
(102)
(38%)
Information
20
28
(8)
(29%)
Services professionnels et spéciaux
1,858
2,026
(168)
(8%)
Locations
38
82
(44)
(54%)
Services de réparation et d’entretien
27
67
(40)
(60%)
Services publics, fournitures et approvisionnements
15
29
(14)
(48%)
Acquisition de matériel et d’outillage
0
20
(20)
(100%)
Autres subventions et paiements
4
56
(52)
(93%)
Dépenses budgétaires brutes totals
13,339
13,022
317
2%
Personnel
L'augmentation de 765 000 $ des dépenses de personnel est attribuable à une augmentation du nombre d’ETP et du salaire moyen par ETP.
Transports et communications
La diminution de 102 000 $ est principalement attribuable à une réduction des frais de déplacement et de réinstallation dans l’ensemble du Secrétariat.
Locations
La diminution de 44 000 $ est due à la mise hors service d’un immeuble locatif et au moment de la facturation de notre système RH.
Services de réparation et d’entretien
La diminution de 40 000 $ s'explique par certaines réparations ponctuelles effectuées dans les bureaux au cours de l'exercice 2024-2025.
Acquisition de matériel et d’outillage
La diminution de 20 000 $ s'explique principalement par des achats ponctuels d'équipement en 2024-2025.
Autres subventions et paiements
La diminution de 52 000 $ s'explique par une baisse globale du recouvrement des trop-payés de salaire.
Risques et incertitudes
Les fonds reçus pour compenser les augmentations salariales n'ont pas suffi à couvrir ces augmentations et, par conséquent, le Secrétariat de l’OSSNR devra réduire ses effectifs globaux afin de respecter son budget. La réduction des effectifs pourrait entraîner une diminution du nombre d'examens et d'enquêtes que le Secrétariat est en mesure de réaliser chaque année.
Le Secrétariat de l’OSSNR surveille de près les mouvements de paye pour recenser et régler en temps utile les paiements insuffisants et les paiements excédentaires. Il continue d’appliquer en permanence les mesures d’atténuation.mesures d’atténuation.
Des mesures d’atténuation des risques décrits ci-dessus ont été définies, et elles sont prises en compte dans l’approche et l’échéancier du Secrétariat de l’OSSNR en ce qui concerne la réalisation de ses activités prévues dans son mandat.
Changements importants touchant le fonctionnement, le personnel et le programme
Une nouvelle nomination par le gouverneur en conseil a été effectuée au cours du troisième trimestre, celle de M. Yves Côté.
Approbation des hauts fonctionnaires:
Charles Fugère Directeur général
Martyn Turcotte Dirigeant principal des finances
Annexe
État des autorisations (non audité)
Exercice 2025-2026 et 2024-2025 (en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Crédits totaux disponibles pour l’exercice se terminant le
31 mars 2026
(note 1)
Crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2025
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Crédits totaux disponibles pour l’exercice se terminant le
31 mars 2025
(note 1)
Crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2024
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Crédit 1 - Dépenses nettes de fonctionnement
18,522
3,347
11,908
18,856
3,838
11,821
Autorisations législatives budgétaires
Contributions aux régimes d'avantages sociaux
des employés
1,908
477
1,431
1,601
400
1,201
Autorisations budgétaires totals (note 2)
20,430
3,824
13,339
20,457
4,238
13,022
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Dépenses ministérielles budgétaires par article courant (non vérifié)
Exercice 2025-2026 et 2024-2025 (en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Dépenses prévues
pour l’exercice se
terminant le
31 mars 2026
(note 1)
Dépensées durant le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2025
Cumul
des crédits
utilisés à la fin
du trimestre
Dépenses prévues pour l’exercice se terminant le
31 mars 2025
(note 1)
Dépensées durant le trimestre ayant pris fin le 31 décembre 2024
Cumul
des crédits
utilisés à la fin
du trimestre
Dépenses
Personnel
14,377
3,469
11,213
14,211
3,584
10,448
Transports et communications
497
90
164
685
131
266
Information
42
5
20
76
15
28
Services professionnels et spéciaux
4,994
242
1,858
4,617
437
2,026
Locations
281
13
38
309
40
82
Services de réparation et d’entretien
72
5
27
436
27
67
Services publics, fournitures et approvisionnements
74
0
15
58
(11)
29
Acquisition de matériel et d’outillage
93
0
0
65
0
20
Autres subventions et paiements
0
0
4
0
15
56
Dépenses budgétaires brutes totals
(note 2)
20,430
3,824
13,340
20,457
4,238
13,022
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Ottawa, Ontario, December 4, 2025 – The National Security and Intelligence Review Agency (NSIRA) 2024 Annual Report has been tabled in Parliament.
Le rapport fait état des principales réalisations et des progrès de l’OSSNR en montrant à quel point l’organisme a joué un rôle essentiel dans l’établissement du paysage de l’examen des activités liées à la sécurité nationale et au renseignement. Grâce à son travail, l’OSSNR favorise la confiance du public, maintient la surveillance démocratique et protège les droits et libertés des Canadiens.
Faits saillants de l’année 2024
In 2024, NSIRA completed nine reviews, including the Review of the Dissemination of Intelligence on People’s Republic of China Political Foreign Interference. Given its public interest, NSIRA determined that the report and its conclusions should be released to Parliament. As such, this review resulted in NSIRA’s first special report tabled under section 40 of the NSIRA Act.
Voici quelques autres des examens présentés dans le Rapport annuel 2024 :
Examen du Programme de gestion des sources humaines de la Gendarmerie royale du Canada: Cet examen fait partie d’une série de trois qui se penchent sur la façon dont les organismes fédéraux gèrent et utilisent les sources humaines dans le cadre d’opérations de sécurité nationale.
Examen de l’OSSNR sur le cycle de vie de l’information du SCRS autorisée par mandat: Cet examen évalue les étapes du cycle de vie de l’information autorisée par mandat, à savoir la collecte, le traitement, l’analyse, l’utilisation, le stockage, puis la conservation ou l’élimination de l’information.
Examen des mécanismes de reddition de comptes de Sécurité publique et du Service canadien du renseignement de Sécurité: À la suite d’un renvoi ministériel, l’OSSNR a cherché à établir si le SCRS et le ministère de la Sécurité publique soutenaient adéquatement le principe de responsabilité ministérielle.
Au moment de la publication du rapport annuel, cinq des neuf rapports d’examen achevés en 2024 ont été publiés. Les autres examens de 2024, tout comme les examens non publiés des années précédentes, font actuellement l’objet d’un processus d’expurgation des informations potentiellement préjudiciables. Or, l’OSSNR continue de faire progresser tous les rapports d’examen soumis aux ministres concernés. D’autres publications sont attendues à la fin du processus de caviardage.
Recommandations, caviardage et accès
En 2024, l’OSSNR a instauré des cycles de suivi spécifiques permettant d’évaluer la façon dont les ministères mettent en œuvre ses recommandations. Des travaux sont donc en cours en vue d’élaborer de nouveaux outils et protocoles internes de suivi, qui auront pour objet de promouvoir la sensibilisation, le suivi et les communications publiques concernant les réponses des institutions et les progrès réalisés dans la mise en œuvre desdites recommandations.
Bien que l’OSSNR ait observé des progrès encourageants quant à la rapidité et à l’exhaustivité des réponses provenant de plusieurs entités examinées, l’Office de surveillance et son Secrétariat ont été confrontés à des défis incessants. Des tensions persistent sur plusieurs plans : résistance institutionnelle à l’égard des droits d’accès de l’OSSNR, communications incohérentes en réponse aux demandes de renseignements et demandes exagérées ou non fondées de caviardage dans le cadre des consultations sur l’accès à l’information.
L’OSSNR étudie actuellement différentes options permettant d’offrir au public une visibilité accrue, en temps réel sur ces défis, ce qui devrait renforcer la responsabilité ministérielle.
Enquêtes sur les plaintes en 2024
Du 1er janvier au 31 décembre 2024, l’OSSNR a reçu 79 nouvelles plaintes, dont 67 concernaient le SCRS. Parmi celles-ci, 52 (66 %) avaient trait à des retards dans les mesures de filtrage de sécurité liées à l’immigration et à la citoyenneté. En vertu des articles 14 et 15 de la Loi sur le SCRS, le SCRS fournit des avis de sécurité à IRCC et à l’ASFC. Or, le SCRS a indiqué que le temps requis pour formuler un avis pouvait varier en fonction de plusieurs facteurs. Comme le montrent les statistiques présentées dans le rapport, de nombreuses plaintes ont été résolues de manière informelle une fois que le SCRS a terminé son processus de filtrage et a envoyé une lettre confirmant que son avis avait été transmis au ministère demandeur.
En 2024, l’OSSNR a clos 22 dossiers d’enquête et en a reporté 34 à l’année 2025.
Direction stratégique
L’OSSNR a mis la dernière main à son Plan stratégique 2024 2027 lequel établit des priorités claires pour les trois prochaines années. Le plan réaffirme les valeurs fondamentales de l’OSSNR – indépendance, professionnalisme, transparence et inclusivité – et sert de fondement devant favoriser une amélioration continue.
L’Office de surveillance continue de collaborer étroitement avec ses partenaires nationaux et internationaux pour renforcer ses capacités d’examen et d’enquête. L’OSSNR aspire à devenir un centre d’excellence reconnu à l’échelle mondiale et une plaque tournante pour une communauté professionnelle vouée à la responsabilisation en matière de sécurité nationale.
En tant que membres de l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR, l’Office de surveillance), nous sommes heureux de présenter le Rapport annuel 2024 de l’OSSNR. Ce rapport met en évidence les principales réalisations de l’Office de surveillance, les progrès qu’il a réalisés en cours d’année ainsi que les orientations qui guideront ses activités à venir.
Principaux points saillants de 2024
In 2024, NSIRA observed a notable increase in the number of complaint investigations linked to immigration security screening delays.
Au cours de la même année, l’OSSNR a également publié son premier rapport spécial
d’intérêt public établi en vertu de l’article 40, ce qui constitue un important jalon de
l’exercice de son mandat. En outre, le présent rapport annuel souligne l’engagement de
l’OSSNR en faveur de la transparence et de la responsabilisation en matière de sécurité
nationale.
Plan stratégique 2024-2027 de l’OSSNR
Après cinq ans d’activité, l’OSSNR a élaboré son plan stratégique triennal 2024-2027, qui
orientera les efforts de l’Office de surveillance au cours des prochaines années. Par
l’intermédiaire de son plan stratégique, l’OSSNR s’engage à améliorer le processus
d’examen; à enquêter sur les plaintes équitablement, efficacement et dans les plus brefs
délais possibles; à promouvoir la transparence; et à renforcer la confiance du public dans
l’approche rigoureuse et pleinement indépendante que l’OSSNR adopte lorsqu’il examine
les activités du Canada en matière de sécurité nationale et de renseignement.
Rôle de l’OSSNR sur la scène internationale
L’OSSNR poursuit la consolidation de ses partenariats internationaux en s’efforçant
d’appliquer, mais aussi de façonner les pratiques exemplaires reconnues mondialement
en matière d’examen. En collaborant avec ses homologues internationaux, l’OSSNR place
le Canada en position de leader actif dans la défense des valeurs démocratiques à
l’échelle du globe.
Nous tenons à remercier les membres du personnel du Secrétariat de l’OSSNR pour
l’expertise, la persévérance et la résilience qu’ils ont montrées tout au long de cette année
riche en événements, mais aussi pour l’esprit d’innovation, l’énergie et l’engagement
qu’ils comptent afficher au cours de l’année qui vient.
Marie Deschamps Colleen Swords Craig Forcese Matthew Cassar Foluke Laosebikan Jim Chu
Sommaire
Sans les examens spécialisés en matière de sécurité nationale, une grande partie
des activités des services de sécurité serait à l’abri de tout contrôle en raison du secret entourant la sécurité nationale. Le rôle de l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement consiste donc à veiller à ce que ces activités soient soumises à des examens rigoureux. L’OSSNR exerce un double mandat : il examine les activités en matière de sécurité nationale
ou de renseignement, et il enquête sur les plaintes déposées par des particuliers
contre l’un des services de sécurité nationale et de renseignement.
Au cours de ses cinq années d’existence, l’OSSNR est devenu un organisme
d’examen solide et professionnel qui effectue des examens et des enquêtes qui
répondent aux normes les plus élevées et s’appuient sur des valeurs centrales
pour la société canadienne : la démocratie, la transparence et la primauté du droit.
Le présent rapport annuel présente les multiples sphères d’activité dans le cadre desquelles l’apport de l’OSSNR a contribué de manière significative à façonner les pratiques du domaine des examens en matière de sécurité nationale et de renseignement. Ainsi, le travail de l’OSSNR permet, notamment, de renforcer la confiance du public, d’assurer un contrôle des processus démocratiques et de protéger les droits et libertés de tous les Canadiens.
Examens
La section « Examens » du présent rapport propose un résumé de chacun des rapports d’examen qui ont été approuvés par les membres au cours de 2024, y
compris le rapport intitulé Examen de la diffusion du renseignement ayant trait à l’ingérence politique étrangère exercée par la République populaire de Chine de 2018 à 2023 , lequel a donné lieu au premier rapport spécial de l’OSSNR produit et
déposé en vertu de l’article 40 de la Loi sur l’OSSNR, et dans lequel l’OSSNR
établissait que la publication du rapport et de ses conclusions au Parlement était
d’intérêt public. Ensemble, les rapports d’examen que l’OSSNR a présentés aux
ministères et organismes concernés en 2024 contiennent 67 constatations ainsi
que 45 recommandations.
Enquêtes sur les plaintes
Au cours des cinq derniers mois de 2024, l’OSSNR a constaté une augmentation importante du nombre des plaintes contre le SCRS alléguant des retards dans le processus de filtrage de sécurité en matière d’immigration et de citoyenneté. Conséquemment, l’OSSNR a dû traiter un nombre sans précédent de nouvelles plaintes.
L’OSSNR en contexte
1.1 L’OSSNR
L’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de
renseignement (OSSNR, l’Office de surveillance) est un organisme indépendant qui
réalise des examens et des enquêtes sur les activités en matière de sécurité
nationale ou de renseignement dans le but d’en évaluer la légalité, la raisonnabilité
et la nécessité. L’OSSNR peut compter jusqu’à sept membres, qui sont soutenus
par un Secrétariat misant sur une équipe d’analystes dotés des habilitations de
sécurité nécessaires et spécialisés dans les domaines du droit, des technologies
et de la collecte d’information. C’est un directeur général qui assume la direction
de l’équipe du Secrétariat.
Le mandat de l’OSSNR comporte deux volets : examiner les activités du
gouvernement du Canada en matière de sécurité nationale ou de renseignement et
enquêter sur les plaintes portées par des personnes du public relativement à ces
activités.
L’approche de l’OSSNR en matière de gestion du processus d’examen est
novatrice. Les équipes d’examen se composent de spécialistes aux compétences
variées et réalisent des examens sous la supervision d’un membre désigné et de
certains éléments du personnel de gestion du Secrétariat. De même, le modèle
que l’OSSNR applique en matière d’enquête sur les plaintes est conçu en fonction
des membres de l’OSSNR, qui exercent un rôle quasi judiciaire et s’appuient sur le
personnel des services juridiques, du greffe et de l’équipe de recherche.
1.2 La vision et la mission de l’OSSNR
1.3 Exercer des fonctions uniques
L’OSSNR occupe une place unique et centrale par rapport au cadre de
responsabilisation en matière de sécurité nationale du Canada, dans la mesure où
il est investi d’un mandat s’étendant à tout le gouvernement fédéral. Ainsi,
l’OSSNR peut examiner toute activité en matière de sécurité nationale ou de
renseignement, quel que soit le ministère ou l’organisme concerné. Ce champ de
compétence élargi permet à l’OSSNR de réaliser l’examen complet, intégré et
approfondi d’opérations sensibles.
L’OSSNR exerce également le rôle d’un organisme d’enquête principalement
appelé à se pencher sur des allégations ayant trait à la sécurité nationale et visant
le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) ou le Centre de la
sécurité des télécommunications, les activités de la Gendarmerie royale du
Canada (GRC) qui sont liées à la sécurité nationale et les refus d’une habilitation
de sécurité signifiés par un ministère ou un organisme fédéral. Ces plaintes
concernent souvent de graves allégations, et la capacité de l’OSSNR à vérifier ces
allégations favorise l’accès à la justice tout en assurant la protection des droits de
la personne.
Grâce à un accès aux informations protégées en vertu de la loi et aux renseignements classifiés, l’OSSNR dispose de moyens inégalés pour vérifier si les pouvoirs en matière de sécurité nationale sont exercés conformément au droit canadien.
1.4 Établir des partenariats avec des organismes canadiens
Dans le contexte du cadre de responsabilisation en matière de sécurité nationale
du Canada, l’OSSNR et le Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le
renseignement (CPSNR) exercent des fonctions distinctes, mais complémentaires.
Bien qu’ils jouent un rôle crucial lorsqu’il s’agit de promouvoir la
responsabilisation, les deux organismes se distinguent par leurs structures et leurs
mandats respectifs.
Le CPSNR est un comité de parlementaires, et ses examens portent
principalement sur l’efficacité des organismes chargés de la sécurité nationale et
du renseignement. Ses activités sont exercées en fonction d’événements comme
les élections ou les dissolutions. De par sa composition, le CPSNR occupe une
position stratégique qui lui permet d’évaluer les organismes de la collectivité de la
sécurité nationale et du renseignement, notamment leur degré d’efficience et leur
cadre juridique, mais aussi les grandes tendances stratégiques dans le domaine
de la sécurité nationale.
L’OSSNR fonctionne douze mois par année, quelle que soit la période du
calendrier parlementaire. En vertu de son mandat, il doit analyser l’aspect légal et
la conformité aux lois des activités de sécurité nationale et de renseignement
grâce à des examens approfondis qui scrutent le cœur même des activités
opérationnelles qui ont lieu sur le terrain. L’OSSNR se doit de fonctionner toute
l’année pour être en mesure de remplir son mandat d’enquête sur les plaintes et
de veiller à ce que celles-ci soient traitées dans les plus brefs délais possibles.
En vertu de leurs mandats respectifs, l’OSSNR et le CPSNR promeuvent la
transparence et la responsabilisation en matière de sécurité nationale, ce qui
permet de suivre une approche globale lorsqu’il s’agit de réaliser des examens
indépendants. Les deux organismes s’efforcent de coordonner leurs efforts et
d’éviter les dédoublements. Les secrétariats de l’OSSNR et du CPSNR ont établi de
solides relations de travail. Ensemble, l’OSSNR et le CPSNR mènent des activités
complémentaires qui servent à favoriser la responsabilisation en démocratie et à
maintenir un contrôle de conformité à la loi.
L’OSSNR s’engage à travailler dans un système favorisant les partenariats avec
des intervenants clés. En outre, l’OSSNR fait partie d’un vaste réseau d’organismes
chargés d’effectuer des examens et de faire valoir le principe de
responsabilisation, ce qui l’amène à prendre contact avec des représentants de la
Commission civile d’examen et de traitement des plaintes relatives à la GRC, le
Bureau du commissaire au renseignement, le Bureau du vérificateur général du
Canada et le Commissariat à la protection de la vie privée. Ces efforts de
collaboration favorisent l’adoption de pratiques exemplaires, l’harmonisation des
mandats, la réduction des dédoublements et le renforcement d’un cadre élargi axé
sur la transparence.
1.5 Maintenir son indépendance en tant qu’organisme d’examen
L’indépendance de l’OSSNR est la pierre d’assise de sa crédibilité et de son
efficacité en tant qu’organisme d’examen en matière de sécurité nationale. En
fonctionnant indépendamment du pouvoir exécutif, l’OSSNR est en mesure de
mener des examens pointus et objectifs portant sur les activités les plus sensibles
que le Canada puisse mener dans le domaine de la sécurité nationale et du
renseignement. Cette autonomie institutionnelle n’est pas qu’un privilège; elle
procède d’une attitude sine qua non et d’une responsabilité que l’OSSNR prend au
sérieux. Cette autonomie est essentielle lorsqu’il s’agit de garantir l’intégrité de ses
opérations, et d’acquérir ou maintenir la confiance du public.
La Loi sur l’OSSNR accorde un accès à toute information que les ministères et
organismes ont en leur possession, y compris les renseignements classifiés et
protégés par la loi. Cet accès permet à l’OSSNR d’examiner en toute indépendance
le caractère légal, juste et adapté des actions du gouvernement.
Les rapports, les constatations et les recommandations de l’OSSNR ne sont
assujettis à aucun contrôle de rédaction de la part du premier ministre ou d’autres
ministres ni à aucun contrôle de la sorte de la part de hauts fonctionnaires. Cette
façon de procéder permet ainsi à l’OSSNR de s’exprimer librement et de faire valoir
les principes de transparence et de responsabilisation.
Pour préserver cette indépendance, l’OSSNR investit dans des systèmes numériques sécurisés, perfectionne sa gouvernance interne et renforce son
expertise en adoptant des pratiques d’embauche ciblée et de formation spécialisée. Ces initiatives accroissent le professionnalisme des représentants de l’OSSNR et renforcent l’intégrité du travail de l’organisme.
1.6 Défendre la démocratie et les libertés
L’OSSNR veille à ce que les activités du Canada en matière de sécurité nationale
respectent le principe de primauté du droit de même que les dispositions de la
Charte canadienne des droits et libertés, de sorte à renforcer la confiance du
public à l’égard du cadre de sécurité nationale du Canada. Par conséquent, le rôle
que tient l’OSSNR est crucial pour la préservation d’un système de sécurité
nationale qui est axé sur la légalité et la responsabilisation en contexte
démocratique.
En 2024, les examens de l’OSSNR se sont penchés sur l’ingérence étrangère, les
données massives et les activités du renseignement ayant recours aux
technologies. Les constatations de l’OSSNR ont donné lieu à des
recommandations devant faire en sorte que les pouvoirs applicables soient
exercés dans les limites imposées par la loi et l’éthique. En examinant les pouvoirs
exceptionnels exercés par les responsables de la sécurité nationale, l’OSSNR tient
un rôle essentiel permettant de préserver l’intégrité de la primauté du droit.
1.7 Promouvoir la transparence et la mobilisation
Pour l’OSSNR, la transparence est une valeur fondamentale qui influe sur la façon
dont l’Office de surveillance accomplit son travail. L’OSSNR estime donc qu’il est
essentiel que le public soit au fait des travaux de l’Office de surveillance ainsi que
des constatations et recommandations que celui-ci formule. L’OSSNR tient à
s’assurer que les parlementaires, les médias, les intervenants de la société civile,
les représentants du monde universitaire et les membres du grand public soient
tenus au courant des travaux qu’il réalise et puissent se servir des produits de
communication qu’il publie pour se forger leur propre opinion sur les questions
relatives à la sécurité nationale ou au renseignement ainsi que pour exiger que le
gouvernement rende des comptes sur ces questions.
Dans le contexte délicat des opérations en matière de sécurité nationale et de
renseignement, la transparence totale à l’égard du public donnerait à des
adversaires et à des auteurs de menace les moyens de nuire aux intérêts du
Canada et de ses alliés en matière de sécurité. Ainsi, l’OSSNR adopte une approche rigoureuse et équilibrée qui lui permet, au nom de la transparence, de
publier le plus d’information possible au sujet de ses travaux, tout en préservant
l’information dont la diffusion pourrait porter préjudice à la sécurité nationale.
En 2024, l’OSSNR a intensifié ses mesures de présentation de rapports destinés au
public en publiant un message sur les médias sociaux chaque fois qu’un rapport
était soumis à un ministre et en indiquant au public que ledit rapport était
accessible en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. En outre, l’OSSNR a
commencé à publier des fiches d’information visant à fournir aux Canadiens de
plus amples informations concernant la portée et les résultats de ses examens.
L’Office de surveillance a donné suite à son engagement en faveur de la
transparence en lançant un site Web actualisé et plus accessible.
Au reste, l’OSSNR a multiplié les initiatives de sensibilisation visant à améliorer la
connaissance du public à l’égard de son mandat. Entre autres, l’OSSNR a organisé
de nouveaux événements avec la société civile, les médias et le monde
universitaire. Ces initiatives visaient à mieux faire comprendre le rôle de l’OSSNR
et à ouvrir le dialogue sur les travaux de l’Office de surveillance.
1.8 Affirmer son leadership sur la scène mondiale
Les partenariats de l’OSSNR s’étendent au-delà des frontières du Canada grâce au
rôle que l’Office de surveillance joue activement au sein du Conseil de surveillance
et d’examen du renseignement de la Collectivité des cinq (CSERCC). À titre de
membre permanent, l’OSSNR collabore étroitement avec des organismes
d’examen de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des
États-Unis dans une démarche visant à promouvoir la coopération et les échanges
de connaissances.
En outre, l’OSSNR a établi de solides partenariats avec ses homologues
européens, notamment avec des représentants du Groupe de travail pour la
surveillance des activités du renseignement, auquel prennent part des organismes
de la Belgique, du Danemark, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Suède, de la
Suisse et du Royaume-Uni. Ces partenariats représentent bien plus que de simples
initiatives de collaboration. Ils rendent possible une forme d’apprentissage
collectif et permettent de coordonner des échanges de connaissances qui visent à
faciliter l’élaboration de pratiques exemplaires de calibre international en matière
d’examen.
L’OSSNR a également pris une part active dans certaines initiatives menées par
diverses divisions des Nations Unies dans le but d’améliorer les partenariats
mondiaux dans le secteur des examens et de la surveillance. Cette démarche a
permis d’établir des liens avec de nouveaux partenaires internationaux, de
produire des modules de formation en ligne et d’enrichir les normes mondiales en
matière d’examen.
Par l’entremise de ces engagements à l’international, l’OSSNR contribue à
l’évolution d’une importante communauté d’expertise, laquelle promeut les
valeurs qui caractérisent les examens rigoureux et indépendants des activités en
matière de sécurité nationale ou de renseignement.
Résumé des principales initiatives
2.1 Réactivité des entités examinées
L’accès à l’information est un facteur indispensable sur lequel l’OSSNR doit
pouvoir compter pour être en mesure de mener des examens et des enquêtes
efficaces. En 2024, l’OSSNR a constaté des progrès encourageants quant à la
réactivité de plusieurs des entités examinées, notamment pour ce qui a trait à la
rapidité à laquelle ces entités répondent à nos demandes d’information et à la
complétude de leurs réponses.
Même si l’on note des améliorations, il n’en demeure pas moins que la frustration
persiste : les demandes insistantes d’expurgation exagérément larges, non
fondées ou excessives sont formulées pour chacun des dossiers, lors des
consultations sur l’accès à l’information; les communications incohérentes en
réponse à des demandes d’information sont monnaie courante; on remarque une
forme de résistance organisationnelle à l’égard des droits d’accès de l’OSSNR; et il
arrive que les systèmes ministériels d’information soient périmés. Ces
contretemps ont, dans certains cas, une incidence sur la capacité de l’OSSNR à
accomplir son travail. Or, l’OSSNR a bien soulevé ce type de problème auprès de la
haute direction des ministères et organismes concernés, voire auprès des
ministres compétents, mais avec des résultats qui diffèrent d’un cas à l’autre. Bien
que la réactivité varie entre les ministères, on peut dire que la situation actuelle en
est une où les problèmes de processus affectent constamment la capacité de
l’OSSNR à exercer convenablement son mandat. Or, l’OSSNR cherche des moyens
de mieux informer le public en temps réel au sujet des difficultés qu’elle rencontre
en matière de réactivité, afin que les ministères concernés puissent être tenus
responsables.
2.2 Suivi de la mise en œuvre des recommandations
Pour l’OSSNR, le suivi de la mise en œuvre des recommandations est un élément
central du perfectionnement des processus. En 2024, l’OSSNR a donc renforcé ses
pratiques de suivi en entamant des cycles d’examens dédiés à certains sujets pour
ainsi évaluer l’état d’avancement de la mise en œuvre des recommandations
formulées antérieurement. La rapidité et l’exhaustivité des réponses varient d’un
ministère/organisme à un autre.
Pour appuyer cette démarche, l’OSSNR est en train d’élaborer, en interne, des
outils et des protocoles de suivi qui auront pour objet de stabiliser les mesures de
sensibilisation, de suivi et de communication publique au sujet des réponses
institutionnelles et de la progression de la mise en œuvre des recommandations
de l’OSSNR. L’OSSNR continuera de faire progresser cette initiative au cours des
prochaines années.
2.3 Enquêtes : accroissement du nombre des plaintes et optimisation des processus
En 2024, l’OSSNR a constaté une nette augmentation du nombre de plaintes visant
le SCRS en lien avec des retards dans le processus de filtrage en matière
d’immigration et de citoyenneté. Plus de la moitié des nouvelles plaintes avaient
trait à ce type de retard. À noter que plusieurs de ces nouvelles plaintes ont été
résolues de façon informelle.
L’OSSNR a mis en place des initiatives visant à améliorer ses processus et
procédures d’enquête, initiatives dont il est question plus loin, à la
section « Enquêtes sur les plaintes ». Enquêtes sur les plaintes section.
2.4 Plan stratégique triennal
En 2024, l’OSSNR a mis la dernière main à son Plan stratégique 2024-2027, qui
servira à établir les priorités organisationnelles au cours des trois prochaines
années. En outre, le plan réitère les valeurs fondamentales de l’OSSNR
(indépendance, professionnalisme, transparence et inclusivité) et servira de
modèle pour une amélioration continue des modes de fonctionnement. Le plan
permet à l’OSSNR et à son Secrétariat de produire des enquêtes et des examens à
caractère prospectif. L’OSSNR cherche également à respecter les normes les plus élevées en se concentrant sur les enjeux actuels, en appliquant des méthodes
axées sur la rigueur, en exerçant son mandat impartialement et efficacement, en
modernisant continuellement ses processus, et en tirant parti des technologies
pour toujours en donner davantage aux Canadiens.
Pour favoriser l’accomplissement de la mission de l’OSSNR, le plan stratégique
prévoit d’investir dans une infrastructure organisationnelle appelée à durer. Ce
plan prévoit donc des mesures visant à promouvoir une culture qui valorise
l’apprentissage continu ainsi que le respect de normes élevées pour ce qui a trait à
la gestion l’information, des ressources humaines et des mesures de sécurité. Le
Secrétariat de l’OSSNR s’efforce d’être un lieu de travail souple et efficace qui
attire et conserve un personnel hautement compétent.
De plus, l’OSSNR continue de miser sur les liens de collaboration qu’il a établis
avec ses partenaires intérieurs et internationaux dans le but de renforcer ses
capacités en matière d’examen et d’enquête. Au reste, l’OSSNR met tout en œuvre
pour devenir un centre d’excellence reconnu mondialement ainsi qu’une plaque
tournante pour une collectivité de professionnels axée sur la responsabilisation en
matière de sécurité nationale. À travers cette vision stratégique, l’OSSNR réaffirme
son rôle consistant à être les yeux et les oreilles des Canadiens dans un monde où
les enjeux de sécurité sont en constance évolution.
2.5 Nouveaux bureaux construits selon des normes élevées
De 2021 à 2024, le Secrétariat de l’OSSNR a dirigé les travaux de planification,
d’élaboration et de construction de nouveaux espaces de travail pour son
personnel. Cette entreprise complexe devait non seulement répondre aux besoins
opérationnels accrus de l’OSSNR, mais elle devait également respecter les normes
les plus élevées en matière de sécurité, de fonctionnalité et de conception. Malgré
des délais serrés et des exigences toujours changeantes, le Secrétariat s’est
aisément installé dans ses nouveaux bureaux sans perturber les activités
essentielles du mandat organisationnel, tout en en respectant les règles de
sécurité.
Examens
3.1 Aperçu
Le mandat exercé par l’OSSNR en matière d’examen est énoncé au paragraphe 8(1) de la Loi sur l’OSSNR. Ilprévoit l’examen des activités liées à la
sécurité nationale ou au renseignement qui sont menées par le CST et le SCRS ou
par tout autre ministère ou organisme fédéral.
Les rapports d’examen présentés en 2024 aux ministères et organismes concernés
contiennent 67 constatations à la suite desquelles l’OSSNR a formulé 45 recommandations.
Tableau 1 énumère les examens qui ont donné lieu à des rapports de l’OSSNR et qui ont été présentés aux ministres concernés en 2024.
Tableau 1. Examens réalisés par l’OSSNR en 2024
Examen
Ministère(s)
État**
22-07 - Examen de l’OSSNR sur le cycle de vie de
l’information du SCRS autorisée par mandat
SCRS
Publié
23-05 - Examen annuel de certaines activités du
Service canadien du renseignement de sécurité
SCRS
Soumis
23-02 - Examen annuel de certaines activités du
Centre de la sécurité des télécommunications
CST
Soumis
23-10 - Examen du Cadre de gestion du partage des
nouvelles capacités du Centre de la sécurité des
télécommunications
CST
Soumis
21-20 - Examen du Programme de gestion des
sources humaines de la Gendarmerie royale du
Canada
GRC
Publié
22-12 - Examen des mécanismes de reddition de
comptes de Sécurité publique et du Service
canadien du renseignement de sécurité
SCRS, AMC, SP, MJ
Publié
23-11—Review of FederalInstitutions’ Disclosures
of Information under the Security of Canada
Information Disclosure Act in 2023
SP, CST, SCRS,
AMC, GRC, ASFC,
IRCC
Publié
24-03—Review of Departmental Implementation of
the Avoiding Complicity in Mistreatment by Foreign
Entities Act for 2023
ASFC, SCRS, CST,
MDN/FAC, AMC,
GRC
Soumis
23-07 - Examen de la diffusion du renseignement
ayant trait à l’ingérence politique étrangère exercée
par la République populaire de Chine de 2018 à
2023
SCRS, GRC, AMC,
CST, SP, BCP
Publié
**État au moment de rédiger le présent rapport. Les examens se voient apposer la mention « Présenté » une fois que les rapports connexes ont été approuvés par les membres de l’OSSNR et soumis aux ministres compétents. Les examens dont l’état est « En cours » pourraient avoir été approuvés par les membres après la rédaction de la présente. En l’occurrence, ils se peut qu’ils soient consultables sur le site Web de
l’OSSNR.
3.2 Examens visant le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)
22-07- Examen de l’OSSNR sur le cycle de vie de l’information du SCRS autorisée par mandat
L’OSSNR a examiné la gestion que le SCRS avait exercée sur le cycle de vie de
données issues d’une nouvelle capacité technique utilisée pour exécuter un
mandat de la Cour fédérale. L’OSSNR a inspecté la collecte primaire et le système
de traitement de sorte à observer directement la façon dont les données brutes
étaient collectées, traitées et gérées.
Le SCRS a engendré un risque accru de non-conformité lorsqu’il a déployé la
capacité technique suivant des politiques et procédures opérationnelles
inadéquates, des pratiques inadéquates en matière d’intendance des données et
des systèmes techniques inadéquats pour le traitement des données obtenues.
Par conséquent, le SCRS a conservé de l’information sans en avoir clairement reçu
l’autorisation.
Le SCRS n’a pas consulté Sécurité publique- comme l’exigeaient les instructions
ministérielles- avant d’employer la nouvelle technologie visée par l’examen. À
défaut d’avoir effectué la consultation requise, le SCRS pourrait ne pas s’être
conformé à certaines dispositions de la Loi sur le SCRS. Le SCRS a erronément
caractérisé la nouvelle technologie en la considérant comme l’extension d’une
technologie que le SCRS possédait déjà. En outre,il a omis d’aviser la Cour
fédérale concernant cette nouvelle technologie.
Ces lacunes ont soulevé des préoccupations concernant l’état de préparation du
SCRS quant à l’évaluation, la planification et le déploiement d’activités faisant
appel à d’autres nouvelles technologies.
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
[*Technologie*] en tant que nouvelle technologie
Constatation 1. L’OSSNR a constaté que [*la technologie*] constituait une nouvelle technologie figurant au nombre des capacités techniques du SCRS.
Constatation 2. L’OSSNR a
constaté que [*technologie*]
entraînait un accroissement
considérable des capacités de
collecte, mais aussi des
risques opérationnels.
Conclusion 3 : L’OSSNR a
constaté que le SCRS ne
disposait pas de politiques ou
de procédures appropriées permettant de gérer
adéquatement son
programme [*technologie*].
Constatation 4. L’OSSNR a constaté que le SCRS n’avait
pas consulté Sécurité publique Canada en temps
opportun concernant le recours prévu à
[*technologie*], contrevenant ainsi aux Instructions du ministre à l’intention du Service canadien du
renseignement de sécurité : Reddition de comptes émises au titre du paragraphe 6(2) de
la Loi sur le SCRS. De plus, le SCRS pourrait ne s’être pas confirmé aux dispositions de
l’alinéa 7(1)b) de la Loi sur le SCRS, lesquelles exigent, le cas échéant, que le directeur
consulte le sous-ministre conformément aux
Instructions du ministre.
Recommandation 1 : L’OSSNR
recommande que le SCRS mette en
place et tienne à jour des politiques et
des procédures permettant de gérer son
programme de [*technologie*].
Accepte
Gestion du cycle de vie des données
Constatation 5. L’OSSNR a
constaté que le SCRS avait
erronément catégorisé
certaines données collectées
pendant [*opération*] et
qu’aucun processus
d’assurance de la qualité ou
de la conformité n’avait relevé cette erreur avant l’inspection
technique de l’OSSNR.
Constatation 6 : L’OSSNR a
constaté que le SCRS avait
conservé de l’information
collectée sans avoir
clairement défini les pouvoirs
appelés à en régir la
conservation.
Constatation 7 : L’OSSNR a
constaté que le SCRS ne tenait
pas adéquatement compte
des exigences en matière de
régie des données devant
s’appliquer aux nouvelles
activités de collecte, ce qui a
contribué à accroître les
risques de non-conformité.
Recommandation 2 : L’OSSNR
recommande que le SCRS investisse
prioritairement dans des processus et
systèmes techniques qui permettent
d’évaluer, d’ingérer, de catégoriser,
d’utiliser et de détruire les données
conformément aux obligations qui lui
incombent en vertu de la loi.
Accepte
Pratiques en matière d’évaluation des risques
Constatation 8 : L’OSSNR a constaté que le SCRS s’appuyait sur le Cadre de coopération entre Sécurité publique Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité de 2020 pour traduire sur le plan opérationnel les Instructions du ministre à l’intention du Service canadien du renseignement de sécurité : Reddition de comptes de 2019. Toutefois, le Cadre de 2020 ne rend pas intégralement compte des exigences énoncées dans les Instructions ministérielles de 2019.
Recommandation 3 : L’OSSNR recommande que le Cadre de coopération entre Sécurité publique Canada et le Service canadien du renseignement de sécurité de 2020 soit révisé pour qu’il s’aligne pleinement sur les Instructions du ministre à l’intention du Service canadien du renseignement de sécurité : Reddition de comptes de 2019.
Accepte
Recommandation 4 : L’OSSNR
recommande que la définition des
termes « nouvelle technologie » et
« nouvelle technique » apparaissant
dans le Cadre de coopération entre
Sécurité publique Canada et le Service
canadien du renseignement de sécurité
de 2019 soit révisée de sorte à être plus
inclusive.
Accepte
Recommandation 5 : L’OSSNR
recommande que le SCRS veille à ce
que les évaluations des risques
réalisées tout au long du cycle de vie
des nouvelles technologies et des
nouvelles techniques soient rigoureuses
et documentées, et jouissent d’une
portée élargie.
Accepte
Comité d’examen de la technologie opérationnelle (CETO)
Constatation 9 : L’OSSNR a constaté que la création du Comité d’examen de la technologie opérationnelle représentait une avancée importante dans la gestion que le SCRS assure à l’égard des nouvelles technologies et des nouvelles techniques.
Recommandation 6. L’OSSNR recommande que, dans le contexte de son développement continu, le Comité d’examen de la technologie opérationnelle perfectionne ses processus visant à :
prendre en compte les exigences en matière de gestion du cycle de vie;
fournir la définition du terme « nouvelle technologie », qui a été convenue avec Sécurité publique Canada dans le contexte d’une révision du Cadre;
ajouter l’obligation de consulter Sécurité publique Canada concernant les plans ou les propositions visant l’acquisition ou le développement de nouvelles techniques ou de nouvelles technologies;
définir les méthodes d’évaluation des risques;
améliorer la documentation des évaluations des risques sur le plan technique et juridique, mais aussi des risques pour la politique étrangère et des risques d’atteinte à la réputation.
Accepte
Exercice des pouvoirs conférés par mandat
Constatation 10 : L’OSSNR a constaté que dans le cadre de l’opération, le SCRS envisageait de [*détails spécifiques à une opération*] autres que les cibles visées par un mandat, à [*lieu*].
Recommandation 7. L’OSSNR recommande que le libellé du Mandat [*type de mandat*] décrive plus clairement l’étendue et les limites de ce qui constitue une collecte accidentelle.
Accepte en partie
Recommandation 8. L’OSSNR recommande que le SCRS spécifie les pouvoirs conférés par mandat dans les documents de planification des opérations en guise de soutien [*information sensible*] requis aux fins d’une opération.
Accepte
Règlement
Constatation 11 : L’OSSNR a constaté que [*utilisation d’une technologie*] pourrait ne pas être conforme au Règlement [*spécifique*].
Obligation de franchise
Constatation 12. L’OSSNR a constaté que le SCRS n’avait pas informé la Cour avant d’utiliser [*technologie*] en cours d’exécution de pouvoirs conférés par mandat.
Recommandation 9. L’OSSNR recommande que la version classifiée du présent rapport soit mise à la disposition de la Cour fédérale.
Accepte en partie
23-05 – Examen annuel de certaines activités du Service canadien du renseignement de sécurité (EACAS SCRS)
En 2024, l’OSSNR a instauré un processus appelé « examen annuel de certaines activités du SCRS » (EACAS SCRS). Cet examen se penche sur un certain nombre de catégories opérationnelles au sujet desquelles l’OSSNR reçoit régulièrement de l’information de la part du SCRS en vertu d’une obligation statutaire autonome, ou qui représentent un intérêt particulier pour l’OSSNR dans la mesure où ces catégories posent un risque juridique élevé ou ont été l’objet de constatations lors d’examens antérieurs. Au cours des années précédentes, l’OSSNR réalisait des examens annuels des activités du SCRS qui répondaient à l’obligation voulant que l’OSSNR produise annuellement un rapport à l’intention du ministre de la Sécurité publique. Or, ces examens ne donnaient lieu à aucun rapport final pouvant contenir des constatations et des recommandations formulées au titre de l’article 34 de la Loi sur l’OSSNR. Comme pour les autres examens thématiques réalisés par l’OSSNR, le travail accompli cette année sera présenté dans l’EACAS SCRS, qui sera présenté sous forme de rapport final contenant des constatations et des recommandations. Le rapport, qui sera dorénavant produit annuellement, présentera aussi le résultat des activités d’examen que l’OSSNR aura réalisées au sujet d’un aspect du régime de réduction de la menace du SCRS. Le rapport faisant suite à l’EACAS SCRS, lequel fournira un aperçu général des activités menées par le SCRS au cours de l’année civile 2024, a été réalisé en 2025. Ses constatations et ses recommandations figureront dans le rapport annuel public de l’OSSNR pour l’année civile 2025.
3.3 Examens visant le Centre de la sécurité des télécommunications (CST)
23-02 – Examen annuel de certaines activités du Centre de la sécurité des télécommunications (EACAC CST)
En 2024, l’OSSNR a instauré un processus appelé « examen annuel de certaines activités du CST » (EACAC CST). Cet examen se penche sur un certain nombre de catégories opérationnelles au sujet desquelles l’OSSNR reçoit régulièrement de l’information de la part du CST en vertu d’une obligation statutaire autonome, ou qui représentent un intérêt particulier pour l’OSSNR dans la mesure où ces catégories posent un risque juridique élevé ou ont été l’objet de constatations lors d’examens antérieurs. Au cours des années précédentes, l’OSSNR réalisait des examens annuels des activités du CST qui répondaient à l’obligation voulant que l’OSSNR produise annuellement un rapport à l’intention du ministre de la Défense nationale. Or, ces examens ne donnaient lieu à aucun rapport final pouvant contenir des constatations et des recommandations formulées au titre de l’article 34 de la Loi sur l’OSSNR. Comme pour les autres examens thématiques réalisés par l’OSSNR, le travail accompli cette année sera présenté dans l’EACAC CST, qui sera présenté sous forme de rapport final contenant des constatations et des recommandations. Le rapport faisant suite à l’EACAC CST, lequel fournira un aperçu général des activités menées par le CST au cours de l’année civile 2024, a été achevé en 2025. Ses constatations et ses recommandations figureront dans le rapport annuel public de l’OSSNR pour l’année civile 2025.
23-10 – Examen du Cadre de gestion du partage des nouvelles capacités du Centre de la sécurité des télécommunications
Suite à son examen du Cadre de gestion du partage des nouvelles capacités du CST, l’OSSNR a formulé dix constatations et sept recommandations liées à deux domaines de préoccupation, ainsi qu’à plusieurs lacunes relatives à la gouvernance et aux pratiques. Toutefois, au moment d’écrire ces lignes, le rapport complet reste largement classifié. Par conséquent, de plus amples renseignements sur cet examen ainsi que les constatations et recommandations connexes seront disponibles à une date ultérieure.
3.4 Examens visant d’autres ministères et organismes
21-20 – Examen du Programme de gestion des sources humaines de la Gendarmerie royale du Canada
Le présent examen a été mené parallèlement à des examens de programmes semblables gérés par l’Agence des services frontaliers du Canada et par le ministère de la Défense nationale/les Forces armées canadiennes.
L’examen de l’OSSNR s’est concentré sur trois aspects du programme : la gestion des risques, l’obligation de diligence à l’égard des sources humaines, et les mesures de responsabilisation au titre des instructions ministérielles. L’OSSNR a constaté que les évaluations des risques étaient appliquées irrégulièrement, ce qui donnait lieu à des évaluations divergentes concernant l’aptitude des sources. La GRC misait trop sur les garanties de confidentialité et n’a pas été en mesure de tenir compte pleinement des risques pesant sur les sources. Non seulement les évaluations des risques accordaient souvent la priorité aux résultats des enquêtes au détriment de la sûreté des informateurs, mais elles s’accompagnaient d’une documentation inadéquate.
En outre, l’OSSNR a constaté que la GRC n’avait pas exercé son « obligation de diligence » lorsque des sources étaient actives dans des secteurs exigeant des précautions spéciales. Il n’y avait aucun mécanisme permettant d’évaluer l’effet cumulatif des opérations du même type. D’après quelques observations empiriques, ces pratiques auraient un effet négatif sur les enquêtes et sur la société canadienne. Par ailleurs, au moment de rédiger le présent rapport, l’OSSNR attendait toujours que les ministères et organismes concernés lui indiquent s’ils acceptaient les recommandations.
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
Mise en œuvre de la politique
Constatation 1. L’OSSNR a constaté qu’en raison de sa désuétude, la politique de la GRC sur les sources humaines fournit un cadre qui n’est pas en mesure de garantir une application uniforme de la méthodologie préconisée par le Groupe de recrutement des sources en matière de recrutement proactif des sources humaines.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que la GRC actualise sa politique sur les sources humaines de sorte qu’elle comprenne, à tout le moins, les éléments suivants.
Un cadre central exigeant que le centre de décision du Programme des sources humaines établisse :
des seuils et des directives clairement définis quant aux critères qu’il conviendra d’appliquer aux mesures de recrutement proactif aux fins des enquêtes en matière de sécurité nationale,
un renforcement de la surveillance et de la responsabilisation en s’appuyant sur un suivi rigoureux de la conformité à la politique;
Des principes méthodologiques garantis concernant, notamment, le recours à une approche normalisée en matière d’évaluation des risques courus par les sources humaines dans le cadre de chacune des enquêtes en matière de sécurité nationale.
Gouvernance des politiques : évaluation des risques
Constatation 2. L’OSSNR a constaté que l’évaluation des risques courus par les agents était adéquate dans la mesure où elle s’avère complète et présente en détail des mesures de gestion des risques axées sur le partage des responsabilités entre plusieurs intervenants indépendants.
Constatation 3. Le cadre d’évaluation des risques courus par les informateurs confidentiels est inadéquat. Actuellement, les évaluations des risques :
ne sont pas bien documentées et, à ce titre, ne fournissent pas une information adéquate ou fiable aux preneurs de décisions;ne sont pas bien documentées et, à ce titre, ne fournissent pas une information adéquate ou fiable aux preneurs de décisions;
se concentrent principalement sur la sécurité des opérations et sur les risques qui pèsent sur celles ci, au détriment des risques courus par les informateurs confidentiels.
Recommandation 2 : L’OSSNR recommande que la GRC revoie son cadre d’évaluation des risques s’appliquant aux informateurs confidentiels, pour que les agents de police puissent rendre compte de tous les risques que pourraient courir les informateurs confidentiels, mais aussi pour rassembler et consigner ces risques, ce qui permettrait de dresser un portrait juste de la situation.
Agents : obligation de diligence et consentement éclairé
Constatation 4. La façon dont la GRC a exécuté son obligation de diligence est satisfaisante dans la mesure où le processus actuellement en place :
prend en compte un large éventail de risques;
veille à ce que les obligations en matière de consentement éclairé soient respectées;
rend compte des mesures d’atténuation des risques;
prévoit des entrevues administratives;
comprend des évaluations indépendantes réalisées par des tiers.
Recommandation 3 : L’OSSNR recommande que la GRC ajuste les paramètres s’appliquant à la conduite des entrevues avec les agents de sorte que la rétroaction des agents soit plus descriptive lorsque ceux ci traitent de leur expérience et soit documentée plus fréquemment.
Informateurs confidentiels : obligation de diligence et consentement éclairé
Constatation 5. L’OSSNR a constaté que la GRC se fiait trop à la garantie de confidentialité et ne prenait pas suffisamment en compte les risques pesant sur les informateurs confidentiels.
Recommandation 4 : L’OSSNR recommande que la GRC améliore son cadre d’évaluation des risques courus par les informateurs confidentiels. À tout le moins, le cadre devrait:
prendre en compte la sûreté de l’informateur confidentiel;
prendre en compte les circonstances particulières entourant l’informateur confidentiel;
colliger l’information favorisant la détection de vulnérabilités persistantes;
obtenir, de la part de l’informateur confidentiel, un consentement qui tienne compte des risques en cause.
Recommandation 5 : L’OSSNR recommande que la GRC abaisse le seuil à partir duquel il y a lieu de mener des entrevues administratives de sorte que celles ci soient réalisées plus fréquemment auprès d’une proportion accrue d’informateurs confidentiels.
Instructions du ministre : enquêtes liées à la sécurité nationale dans les secteurs exigeant des précautions spéciales
Constatation 6 : L’OSSNR a constaté que la GRC n’avait pas fait preuve d’une diligence spéciale dans le contexte de ses enquêtes en matière de sécurité nationale dans les secteurs sensibles, contrevenant ainsi aux Instructions du ministre – Enquêtes liées à la sécurité nationale dans les secteurs exigeant des précautions spéciales.
Constatation 7 : L’OSSNR a constaté que la GRC disposait d’un cadre inadéquat lorsqu’il s’est agi de prendre en compte l’effet cumulatif des enquêtes en matière de sécurité nationale au sein des institutions fondamentales canadiennes.
Recommandation 6. L’OSSNR recommande que la GRC crée un groupe responsable des secteurs exigeant des précautions spéciales, qui sera appelé à contrôler et colliger l’information sur les activités que la GRC mène relativement aux institutions fondamentales canadiennes, à évaluer les répercussions de ces activités sur les communautés et à mener des analyses des effets cumulatifs à long terme.
3.5 Examens visant plusieurs ministères et organismes
22-12 – Examen des mécanismes de reddition de comptes de Sécurité publique et du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS, AMC, SP, MJ)
À la suite d’un renvoi demandé en septembre 2022 par le ministre de la Sécurité publique (SP), l’OSSNR a effectué un examen permettant de vérifier si le modèle d’évaluation des risques du SCRS, les instructions ministérielles et les mécanismes d’échange d’information permettaient suffisamment au ministre de s’acquitter de ses responsabilités à l’égard du SCRS.
Les directives reçues par le SCRS de la part d’acteurs politiques – plutôt que de la part du ministre ou du directeur du SCRS – pendant une opération en cours ont inutilement causé un danger pour l’équipe du SCRS et ont porté atteinte à la réputation du Canada sur la scène internationale.
L’information fournie par le SCRS et SP était incomplète et n’a pas été transmise au ministre en temps opportun, un problème possiblement attribuable au fait que SP dépend du SCRS, lorsqu’il s’agit de reconnaître et d’obtenir les informations requises. En l’occurrence, on pourrait conclure que la capacité de SP à formuler en toute indépendance des conseils destinés au ministre s’en trouverait affaiblie.
Certaines des instructions ministérielles transmises au ministre prêtaient à des interprétations incohérentes, voire contradictoires, ce qui a pu influer sur leur mise en œuvre. Le rapport soulève un certain nombre de problèmes concernant les piliers de risque qui ont été évalués : opérations, cadre juridique, politique étrangère et atteinte à la réputation.
En définitive, le ministre de la Sécurité publique pourrait ne pas être adéquatement soutenu ni informé pour ce qui a trait aux opérations pertinentes menées par le SCRS, ce qui constitue une source de préoccupations quant à un possible affaiblissement du principe de responsabilisation ministérielle dans le contexte du SCRS.
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
Reddition de comptes et conséquences de l’arrêt de l’opération [*nom de code*]
Constatation 1. L’OSSNR a constaté que la décision de stopper une opération active menée par le SCRS à l’étranger n’avait pas été prise par le directeur du SCRS, contrairement à ce qu’énonce le paragraphe 6(1) de la Loi sur le SCRS, et que cette décision n’avait pas été confirmée par des instructions écrites de la part du ministre de la Sécurité publique, contrairement à ce qu’énoncent les paragraphes 6(1) et 6 (2) de la Loi sur le SCRS.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que dès lors qu’une décision déterminante pour une opération active du SCRS n’est pas prise par le directeur du SCRS ou par son mandataire, cette décision doive découler d’instructions du ministre de la Sécurité publique en application du paragraphe 6(1) de la Loi sur le SCRS, lesquelles instructions devraient être fournies par écrit en application du paragraphe 6(2).
Accepte
Constatation 2. L’OSSNR a constaté que [*acteur de la sphère politique*] avait stoppé une opération active, ce qui a inutilement mis l’équipe du SCRS [**] en danger, et a porté atteinte à la réputation du Canada sur la scène internationale.
Responsabilité d’informer le ministre au sujet de [*nom de code*]
Constatation 3. L’OSSNR a constaté que Sécurité publique et le SCRS avaient manqué à leur responsabilité de fournir en temps opportun de l’information pertinente au ministre de la Sécurité publique concernant l’opération [**] une [**] source humaine.
Rôle de Sécurité publique à l’égard du SCRS
Constatation 4. L’OSSNR a constaté que Sécurité publique demeure volontiers dépendant du SCRS lorsqu’il s’agit de reconnaître et de recevoir de l’information pertinente, ce qui réduit la capacité de Sécurité publique à préparer des conseils objectifs destinés au ministre concernant les activités et les opérations du SCRS.
Recommandation 2 : L’OSSNR recommande que le ministre de la Sécurité publique prenne les mesures nécessaires pour veiller à ce que le sous-ministre obtienne l’information requise pour exercer en toute indépendance sa responsabilité de fournir des conseils au ministre concernant les activités et les opérations du SCRS.
Accepte en partie
Instructions du ministre à l’intention du SCRS
Constatation 5. L’OSSNR a constaté que plusieurs directives ministérielles destinées au SCRS faisaient l’objet d’interprétations incohérentes, voire contradictoires de la part des intervenants responsables de leur mise en œuvre.
Recommandation 3 : L’OSSNR recommande que le ministre de la Sécurité publique regroupe les instructions ministérielles dans des instruments clairs, concis et harmonisés qui découleront de consultations significatives entre les intervenants chargés de leur mise en œuvre.
Accepte
Constatation 6. L’OSSNR a constaté que pendant la préparation des instructions du ministre à l’intention du SCRS, Sécurité publique n’avait pas suffisamment consulté Affaires mondiales Canada et le SCRS.
Processus d’évaluation des risques du SCRS
Constatation 7 : L’OSSNR a constaté que le processus d’évaluation des risques du SCRS avait évolué au point de devenir le mécanisme central de la planification des opérations et de la gestion des risques connexes et que, même s’il était généralement efficace, ce processus n’offrait pas de directives claires aux employés concernant les circonstances où les risques devraient être réévalués à mesure que les opérations se déroulent.
Pilier juridique
Constatation 8. L’OSSNR a constaté que les conseils juridiques ne figuraient que rarement dans les documents faisant état des dernières évaluations des risques pour les opérations du SCRS.
Recommandation 4 : L’OSSNR recommande que le SCRS, en collaboration avec le ministère de la Justice et Affaires mondiales Canada, s’assure que les évaluations des risques juridiques seront exhaustives et consignées par écrit.
Accepte
Constatation 9. L’OSSNR a constaté que dans le contexte de l’évaluation des risques, les considérations juridiques s’avéraient trop limitatives.
Pilier de la politique étrangère
Constatation 10 : L’OSSNR a constaté qu’Affaires mondiales Canada et le SCRS ne partageaient pas la même vision pour ce qui a trait au rôle qu’Affaires mondiales Canada est appelé à tenir dans le cadre des évaluations du risque pour la politique étrangère.
Recommandation 5 : L’OSSNR recommande que tout changement devant être apporté par le SCRS au processus d’évaluation des risques prévoie des consultations approfondies et s’appuie sur des mécanismes d’échange d’information entre Affaires mondiales Canada et le SCRS.
Accepte
Pilier de la réputation
Constatation 11 : L’OSSNR a constaté que Sécurité publique ne contribuait pas convenablement à la préparation des évaluations des risques d’atteinte à la réputation.
Recommandation 6. L’OSSNR recommande que Sécurité publique et le SCRS créent un mécanisme de consultation plus rigoureux pour les évaluations des risques d’atteinte à la réputation posés par les activités opérationnelles du SCRS, et que ces évaluations fassent spécifiquement état du risque de discrédit du gouvernement du Canada.
Accepte en partie
23-11 – Examen des communications d’information par les institutions du gouvernement du Canada au titre de la Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada en 2023 (SP, CST, SCRS, AMC, GRC, ASFC, IRCC)
L’objet de l’examen était d’établir si les institutions du gouvernement du Canada s’étaient conformées aux prescriptions de la Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (LCISC) pour ce qui concerne la communication d’information et la conservation des documents en 2023. Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la LCISC, l’OSSNR a constaté une conformité intégrale aux dispositions de la LCISC, mais l’OSSNR a tout de même formulé sept recommandations visant à atténuer les risques de non conformité.
Bien que conformes à la LCISC, certaines communications d’IRCC comportaient un risque de non conformité à l’égard du critère de contribution et du critère de proportionnalité. En outre, l’institution ayant communiqué de l’information doit être convaincue que les deux critères ont été respectés avant de transmettre de l’information au titre de la LCISC. Or, quatre communications ont suscité des préoccupations quant à la quantité des renseignements personnels qu’IRCC a communiqués.
Il est arrivé que les lettres de demande du SCRS ne soient pas claires, ce qui a freiné les efforts d’IRCC visant à établir si la communication était autorisée. Or, les ministères sont tenus de fournir de l’information sur l’exactitude et sur la fiabilité des moyens suivant lesquels cette information a été obtenue. Toutefois, l’OSSNR a constaté qu’IRCC avait fourni des modèles d’énoncés sur l’exactitude et la fiabilité qui n’étaient pas toujours pertinents.
En outre, le formulaire de documentation des communications de l’ASFC prenait le contre-pied de la LCISC en indiquant que la fourniture d’information sur l’exactitude et la fiabilité était facultative.
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
Exigences relatives à la conservation des documents – article 9
Constatation 1. NSIRA found that every
institution that disclosed or
received information pursuant to
SCIDA in 2023 complied with their
record keeping obligations under
section 9, but some records were
inaccurate or imprecise.
Critères de contribution et de proportionnalité – paragraphe 5(1)
Constatation 2. L’OSSNR a constaté, à partir de l’échantillon des communications examinées, que les institutions qui ont communiqué avaient clairement indiqué qu’elles étaient convaincues au titre des critères de contribution et de proportionnalité, comme l’exige le paragraphe 5(1) de la LCISC.
Recommandation 1 : NSIRA
recommends that disclosing
institutions explicitly address the
requirements of both
paragraphs 5(1)(a) and 5(1)(b) in the
records that they prepare under
paragraph 9(1)(e) of the SCIDA.
Accepte
Conclusion 3 : NSIRA found that IRCC
did not, in one instance,
independently consider whether
its disclosure related to activities
that fell under the SCIDA
exception for advocacy, protest, or
dissent. Instead, IRCC satisfied
itself of the SCIDA’s contribution
test based on assumptions about
how CSIS assessed activities that
undermine the security of Canada.
Recommandation 2 : NSIRA
recommends that IRCC amend their
SCIDA policy to underscore that IRCC
must independently assess whether
the disclosure is authorized. This
assessment should consider whether
the activity amounts to one of the
exceptions to the SCIDA’s definition
of activities that undermine the
security of Canada.
Accepte
Constatation 4. NSIRA found that,
throughout the course of 2023,
IRCC improved the rigour of its
proportionality assessments
regarding disclosure of passport information. However, NSIRA
identified three instances where
IRCC disclosed visa information
without applying the same
rigorous approach, which risked
disclosing more personal
information than reasonably
necessary in the circumstances.
Recommandation 3 : NSIRA
recommends that IRCC apply an
iterative approach to its
proportionality assessments, with a
view to disclosing only the minimum information reasonably necessary in
the circumstances to enable the
recipient institution to further their
investigation.
Accepte
Constatation 5. L’OSSNR a constaté que dans les demandes que le SCRS a soumises à IRCC, le Service a employé une terminologie manquant de cohérence et des libellés manquant souvent de clarté quant à la relation entre le sujet de la demande et l’enquête dont celui ci faisait l’objet. En outre, il est arrivé que les communications affichant ce manque de clarté constituent autant d’obstacles aux efforts qu’IRCC consentait pour savoir s’il pouvait être certain que lesdites communications étaient autorisées au titre de la LCISC.
Recommandation 4 : NSIRA
recommends that CSIS use
consistent terminology, and be clear
about the nature of the link that has
been established between the
subject of a request and its
investigation, to assist IRCC in
satisfying itself of the proportionality
test.
Accepte
Énoncé concernant l’exactitude et la fiabilité – paragraphe 5(2)
Constatation 6 : NSIRA found that
disclosing institutions provided
information regarding the
accuracy of the information and
reliability of the manner in which it
was obtained in relation to all
disclosures. However, CBSA made
one verbal disclosure that did not
include an explicit statement on
accuracy and reliability.
Recommandation 5 : L’OSSNR recommande que les institutions évitent autant que possible d’effectuer des communications verbales. Lorsqu’elles doivent avoir lieu, les communications verbales devraient contenir explicitement les informations qu’il est nécessaire de transmettre sur l’exactitude et la fiabilité.
Accepte
Constatation 7 : NSIRA found that
CBSA’s record of disclosure form contradicts the SCIDA by allowing
officials to opt out of providing
information regarding accuracy
and reliability.
Recommandation 6. L’OSSNR recommande que l’ASFC fasse en sorte que son formulaire de documentation des demandes s’harmonise avec les dispositions de la LCISC en énonçant le caractère obligatoire de la fourniture d’information sur l’exactitude et la fiabilité au moment de la communication.
Accepte
Constatation 8 : L’OSSNR a constaté qu’IRCC utilisait des modèles d’énoncés pour décrire le caractère exact et fiable de la communication, modèles qui n’étaient pas toujours pertinents ou adaptés aux circonstances de la communication.
Recommandation 7. NSIRA
recommends that IRCC tailor its
statements on accuracy and
reliability as to ensure that each
disclosure’s statement is specific to
the circumstances of the case.
Accepte
Entente de communication d’information – alinéa 4(c)
Constatation 9 : L’OSSNR a constaté que les communications qui ont eu lieu entre IRCC et le CST après l’entrée en vigueur de l’entente de communication d’information qu’ils avaient conclue étaient conformes aux dispositions de la LCISC et aux termes de ladite entente.
24-03 – Examen portant sur la mise en œuvre par les ministères de la Loi visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangères en 2023 (ASFC, SCRS, CST, MDN/FAC, AMC, GRC)
This review assessed departments’ compliance with the Loi visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangères (ACA) and their implementation of the ACA’s associated directions (ACA Directions) during the 2023 calendar year. It focused on how departments mitigated a substantial risk of mistreatment when sharing information with foreign entities.
L’OSSNR a examiné un certain nombre de cas donnant lieu à des communications d’information à des entités étrangères impliquées dans un conflit armé, ce qui influait sur la capacité des ministères et organismes à atténuer lesdits risques.
Trois des entités qui ont communiqué à des entités étrangères engagées dans un conflit armé pourraient ne s’être pas conformées aux Instructions LECCMTIEE.
L’implication d’un pays dans un conflit armé a créé des difficultés pour les ministères et organismes qui tentaient de respecter les obligations d’atténuation qui leur incombaient en vertu des Instructions LECCMTIEE. De plus, l’OSSNR a aussi relevé des difficultés suscitées par les communications ayant pour but de servir des fins humanitaires. L’OSSNR a constaté que les circonstances entourant les conflits armés ne laissaient aux ministères et organismes que peu d’options quant à la réalisation d’objectifs d’ordre humanitaire visant à atténuer les risques découlant des communications d’information.
L’OSSNR a chargé les ministères et organismes de mener une étude sur la communication d’information avec les entités étrangères de pays engagés dans des conflits armés. Ces études avaient pour but d’analyser les problèmes qui surviennent lorsqu’il s’agit de se conformer aux Instructions LECCMTIEE, mais aussi les lacunes qui affaiblissent le régime de la LECCMTIEE. Par ailleurs, au moment de rédiger le présent rapport, l’OSSNR attendait toujours que les ministères et organismes concernés lui indiquent s’ils acceptaient les recommandations.
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
Constatation 1. L’OSSNR a constaté, dans les cas examinés, que les modalités suivant lesquelles le SCRS, AMC, la GRC et IRCC ont déterminé les mesures d’atténuation comportaient des lacunes récurrentes, notamment :
conception inadéquate des mesures appelées à atténuer certains risques avérés de mauvais traitements;
insuffisance, sur le plan de la clarté et de la fiabilité, des évaluations visant les mises en garde et les assurances;
prise en compte inadéquate des considérations externes dans les processus visant à déterminer si un risque sérieux de mauvais traitements pourrait être atténué.
Constatation 2. L’OSSNR a constaté, dans le cas examiné, que le SCRS pourrait ne s’être pas conformé aux Instructions LECCMTIEE, dans la mesure où il est peu probable qu’il ait suffisamment atténué un risque sérieux de mauvais traitement à l’occasion d’un échange d’information avec une entité étrangère. En l’occurrence, le SCRS :
s’en est remis à des mises en garde et à des assurances inadéquatement formulées lorsqu’il s’est agi de remédier aux risques avérés de mauvais traitement;
n’a pas comblé les lacunes importantes qui affaiblissaient le degré de fiabilité des mises en garde et des assurances.
Conclusion 3 : L’OSSNR constate que dans le cas analysé, les pratiques lacunaires d’AMC en matière de tenue de dossiers ont empêché l’OSSNR d’établir convenablement le niveau de conformité de l’organisme aux Instructions LECCMTIEE.
Constatation 4. L’OSSNR constate que dans le cas examiné, la GRC pourrait ne pas s’être conformée aux Instructions LECCMTIEE, dans la mesure où il est improbable qu’elle ait atténué suffisamment le risque de mauvais traitements lors de la communication d’information à une entité étrangère. Plus précisément, la GRC s’est appuyée sur des mises en garde qui n’étaient pas adéquatement conçues pour réduire les risques de mauvais traitements que l’on avait reconnus.
Constatation 5. L’OSSNR constate que dans le cas examiné, IRCC pourrait ne pas s’être conformé aux Instructions LECCMTIEE, dans la mesure où il était peu probable que ses mesures parviennent à atténuer suffisamment le risque sérieux de mauvais traitement lorsqu’il a communiqué de l’information à une entité étrangère. Plus précisément, IRCC s’est appuyé sur des mesures qui n’étaient pas adéquatement conçues pour réduire les risques de mauvais traitements.
Constatation 6 : L’OSSNR constate que bon nombre des pratiques d’atténuation du MDN/FAC ont permis aux décideurs de recevoir l’information nécessaire pour déterminer si un risque sérieux de mauvais traitements pouvait être atténué.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que les évaluations que les ministères effectuent quant aux risques visés à la LECCMTIEE comprennent des plans d’atténuation complets dès lors qu’un risque sérieux de mauvais traitements a été reconnu. En outre, ces plans devraient :
vérifier si la somme des mesures d’atténuation proposées constituera une réaction adéquate aux risques reconnus dans le cas en question et sera en mesure de réduire suffisamment lesdits risques;
évaluer le degré de fiabilité des mises en garde et des assurances proposées et juger la qualité des antécédents en matière de conformité;
exclure toute considération extérieure qui n’a aucun lien avec la question de l’atténuation, notamment les risques liés à la non communication ou encore les considérations d’ordre stratégique ou réputationnel;
comprendre un plan permettant de surveiller les signes de mauvais traitements ainsi que le respect des mises en garde et des assurances une fois que la communication d’information a eu lieu.
Constatation 7 : L’OSSNR constate que l’implication d’un pays étranger dans un conflit armé crée des difficultés aux ministères qui cherchent à respecter leurs obligations en matière d’atténuation au titre des Instructions LECCMTIEE dans les situations où ils sont appelés à communiquer de l’information à des entités dudit pays étranger.
Recommandation 2 : L’OSSNR recommande que les responsables documentent avec clarté la façon dont ils prévoient atténuer chacun des risques avant de procéder à la communication d’information à des entités étrangères.
Constatation 8 : L’OSSNR constate que concrètement, la conformité aux Instructions LECCMTIEE peut, en certaines circonstances, créer un dilemme pour les ministères qui souhaitent communiquer de l’information à des fins humanitaires.
23-07 – Examen de la diffusion du renseignement ayant trait à l’ingérence politique étrangère exercée par la République populaire de Chine de 2018 à 2023 (SCRS, GRC, AMC, CST, SP, BCP)
Cet examen avait pour objet d’évaluer les processus qu’il convenait de suivre lorsque l’information collectée était communiquée et renvoyée aux décideurs compétents. Les résultats de l’examen indiquaient qu’il y avait de profonds désaccords au sein de la collectivité de la sécurité nationale et du renseignement quant à savoir si et comment il convenait de communiquer l’information en question.
On a constaté trois schismes fondamentaux : le SCRS a eu du mal à concilier les exigences concurrentes en raison des éléments sensibles liés à l’ingérence politique étrangère; le Groupe de travail sur les menaces en matière de sécurité et de renseignement visant les élections (MSRE) et le groupe responsable du Protocole public en cas d’incident électoral majeur (PPIEM) s’étaient préparés à des activités d’ingérence systématique et vaste, et ne s’étaient donc pas adaptés à l’ingérence exercée à l’échelle des circonscriptions. Les analystes du BCP et du SCRS ont produit des aperçus de ce qu’ils considéraient comme des activités d’ingérence étrangère de la part de la RPC, alors que le Conseiller à la sécurité nationale et au renseignement (CSNR) auprès du premier ministre considérait plutôt que ces activités étaient typiques du travail diplomatique standard.
Compte tenu de cette situation difficile, il convient de se demander comment il faut réagir à ce qui constitue une zone grise où l’ingérence politique étrangère tente de se confondre aux activités politiques ou diplomatiques courantes. L’OSSNR a relevé des signes témoignant de cette difficulté dans l’ensemble des activités visées par l’examen, et les huit recommandations de l’OSSNR visent à les résoudre. Par ailleurs, au moment de rédiger le présent rapport, l’OSSNR attendait toujours que les ministères et organismes concernés lui indiquent s’ils acceptaient les recommandations
Constatations
Recommandations
Réponse de l’entité examinée
Collecte et diffusion, par le SCRS, du renseignement sur l’ingérence étrangère de la RPC lors des élections fédérales de 2019 et de 2021
Constatation 1. L’OSSNR a constaté que la diffusion, par le SCRS, du renseignement concernant l’ingérence politique étrangère pendant la 43e et la 44e élection fédérales était incohérente. Plus précisément, il s’avère qu’en diverses occasions :
la justification des décisions à savoir si et comment il convenait de diffuser le renseignement n’était pas claire, ce qui a eu une incidence directe sur l’acheminement de l’information;
la menace posée par les activités d’ingérence politique étrangère n’a pas été clairement communiquée par le SCRS.
Constatation 2. L’OSSNR a conclu que la diffusion et l’utilisation, par le SCRS, du renseignement sur l’ingérence politique étrangère avaient été marquées par le souci selon lequel ce type d’action pourrait constituer ou sembler constituer une forme d’ingérence dans le processus démocratique.
Conclusion 3 : L’OSSNR a conclu que le SCRS avait fréquemment choisi de présenter des exposés verbaux plutôt que des produits écrits lorsqu’il s’agissait de diffuser du renseignement sur l’ingérence politique étrangère pendant les élections.
Constatation 4. L’OSSNR a conclu qu’au sein du SCRS, il y avait une rupture entre une région et l’Administration centrale quant à savoir si les rapports sur l’ingérence politique étrangère devaient être assujettis à un seuil élevé de fiabilité, de corroboration et de contextualisation avant la diffusion.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que le SCRS élabore, suivant des consultations auprès des parties intéressées du gouvernement, une politique complète appelée à encadrer ses interventions face à la menace que pose l’ingérence politique étrangère. Cette politique devrait :
indiquer précisément les seuils et les pratiques à respecter pour la communication et la diffusion du renseignement concernant l’ingérence politique étrangère. Notamment, il faudrait indiquer les niveaux appropriés de fiabilité, de corroboration, de contextualisation et de caractérisation qui détermineront si le renseignement doit faire l’objet d’un rapport;
faire clairement état de la tolérance au risque que le SCRS peut appliquer lorsqu’il s’agit de prendre des mesures contre la menace que pose l’ingérence politique étrangère;
mettre en place des processus clairs d’approbation et de notification (ce qui inclut les consultations externes) pour toutes les activités ayant trait à la lutte contre l’ingérence politique étrangère;
faire clairement état de toute exigence ou procédure particulière pouvant s’appliquer, s’il y a lieu, pendant la période d’élection, ce qui comprend notamment les procédures permettant de diffuser en temps voulu le renseignement sur l’ingérence politique étrangère;
analyser les pratiques exemplaires des partenaires internationaux (particulièrement ceux de la Collectivité des cinq) en matière d’enquête et d’établissement de rapports concernant l’ingérence politique étrangère.
Le Groupe de travail MSRE et le groupe responsable du PPIEM
Constatation 5. L’OSSNR a conclu que le Groupe de travail MSRE et le groupe responsable du PPIEM n’avaient pas été conçus pour s’attaquer convenablement à l’ingérence étrangère traditionnelle d’origine humaine. Plus précisément :
Le Groupe de travail MSRE se concentre sur les activités de menace pendant la période électorale, mais il faut également savoir que l’ingérence étrangère a aussi lieu entre ces périodes.
La représentation d’Affaires mondiales Canada au sein du Groupe de travail MSRE se concentrait sur les activités d’ingérence étrangères menées en ligne.
Le seuil particulièrement élevé que le groupe responsable du PPIEM respecte pour ce qui concerne les annonces publiques risque très peu d’être atteint dans le cas de l’ingérence étrangère traditionnelle, puisque celle-ci consiste surtout à cibler certaines circonscriptions.
Recommandation 2 : L’OSSNR recommande que le Groupe de travail MSRE définisse ses priorités en fonction des menaces réelles, notamment celles qui se concrétisent en dehors de la période électorale en tant que telle.
Recommandation 3 : L’OSSNR recommande qu’Affaires mondiales Canada (AMC) et le Bureau du Conseil privé (BCP) veillent à ce que la représentation d’AMC au sein du Groupe de travail MSRE tire parti de la capacité du ministère à analyser et à traiter l’ingérence étrangère traditionnelle d’origine humaine, et ce, à titre de complément au mandat de l’équipe du mécanisme de réponse rapide.
Recommandation 4 : L’OSSNR recommande que le Bureau du Conseil privé charge le groupe responsable du PPIEM d’élaborer de nouvelles stratégies permettant de réagir à l’intégralité des menaces qui se posent pendant les périodes électorales, notamment lorsque lesdites menaces se concrétisent dans des circonscriptions particulières.
L’acheminement du renseignement sur l’ingérence étrangère de la RPC
Constatation 6 : L’OSSNR a conclu que la diffusion restreinte de certains renseignements du SCRS et du CST auprès des hauts responsables exclusivement avait réduit la capacité de la Gendarmerie royale du Canada, d’Affaires mondiales Canada et du Bureau du Conseil privé à tenir compte desdits renseignements au moment de procéder à leur analyse.
Constatation 7 : L’OSSNR a conclu que le SCRS et Sécurité publique ne disposaient d’aucun registre permettant de savoir qui reçoit et qui lit certains produits de renseignement, une carence qui crée des lacunes sur le plan de la responsabilisation.
Recommandation 5 : L’OSSNR recommande que le SCRS et Sécurité publique se dotent d’un mécanisme élémentaire de responsabilisation permettant de suivre et de documenter rigoureusement la réception des produits de renseignement. Dans le cas du renseignement hautement sensible et particulièrement urgent, il conviendrait d’enregistrer également toute occurrence de lecture des produits de renseignement.
Constatation 8 : L’OSSNR a conclu que la diffusion du renseignement sur l’ingérence politique étrangère de 2018 à 2023 avait été plombée par un certain nombre de difficultés. Plus précisément :
les utilisateurs ne comprenaient pas toujours la portée du renseignement qu’ils recevaient ou la façon d’intégrer ce renseignement dans leurs analyses stratégiques et leurs processus décisionnels;
on a relevé des désaccords entre les sous-sections du renseignement et les hauts fonctionnaires quant à savoir si les activités décrites dans certains produits de renseignement constituaient de l’ingérence étrangère ou si elles ne représentaient que des activités diplomatiques légitimes.
Recommandation 6. . L’OSSNR recommande que Sécurité publique Canada, Affaires mondiales Canada, le Bureau du Conseil privé et les autres utilisateurs du renseignement accroissent le niveau de littératie en matière de renseignement au sein de leurs ministères respectifs.
Constatation 9 : L’OSSNR a conclu qu’il y avait des désaccords entre les hauts fonctionnaires et le CSNR quant à savoir si les évaluations de renseignement devraient être mises à la disposition de l’exécutif politique. En définitive, les interventions du CSNR se sont soldées par le fait que deux produits ne se sont pas rendus à l’exécutif politique, notamment le premier ministre.
Recommandation 7. L’OSSNR recommande que les membres de la collectivité de la sécurité et du renseignement acquièrent une compréhension et des pratiques communes à l’égard de l’ingérence politique étrangère.
Constatation 10 : L’OSSNR a conclu que le rôle du CSNR quant aux décisions relatives à la diffusion des produits de renseignement du SCRS n’était pas clairement défini.
Recommandation 8. L’OSSNR recommande que le rôle du conseiller à la sécurité nationale et au renseignement auprès du premier ministre – notamment en ce qui a trait aux décisions concernant la diffusion du renseignement – soit défini dans un instrument juridique.
Enquêtes sur les plaintes
4.1 Aperçu
L’OSSNR est chargé de mener des enquêtes sur les plaintes déposées par des personnes du public en rapport avec la sécurité nationale. Ces enquêtes sont réalisées cohéremment, équitablement et dans les plus brefs délais possibles.
La compétence de l’OSSNR s’étend aux plaintes concernant des activités menées par le SCRS et le CST, aux plaintes liées à la sécurité nationale et déposées contre la GRC, aux plaintes relatives aux refus d’accorder une habilitation de sécurité et, moins fréquemment, aux renvois effectués par la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP) ou encore au titre de la Loi sur la citoyenneté.
En 2024, l’OSSNR a continué d’enquêter sur un large éventail de plaintes déposées au cours des années précédentes, dont plusieurs ont été résolues. L’OSSNR a également entamé plusieurs nouvelles enquêtes, dont un certain nombre marquent une hausse importante des plaintes contre le SCRS concernant des dossiers de filtrage en matière d’immigration et de citoyenneté, comme en témoignent les commentaires ci dessous.
Au reste, l’OSSNR continue de mettre en œuvre bon nombre d’initiatives visant à améliorer et à rationaliser ses processus et procédures.
Accroissement du nombre des plaintes visant le SCRS concernant des retards dans le filtrage de sécurité en matière d’immigration et de citoyenneté
D’août à décembre 2024, l’OSSNR a constaté un accroissement important du nombre des plaintes qui ont été déposées contre le SCRS au titre de l’article 16 de la Loi sur l’OSSNR et qui alléguaient des retards dans le traitement de dossiers de filtrage en matière d’immigration et de citoyenneté. Sur 79 plaintes reçues en 2024 au titre de l’article 16 au titre de la Loi sur l’OSSNR, 52 (66 %) avaient trait à ce type de retard. Il convient de noter qu’en vertu des articles 14 et 15 de la Loi sur le SCRS, le SCRS fournit des conseils à IRCC et à l’ASFC concernant les candidats à l’immigration ou à la citoyenneté. Le SCRS a indiqué à l’OSSNR que le temps requis pour fournir des conseils en matière de sécurité était influencé par divers facteurs, notamment la priorisation des dossiers, les limites sur le plan des ressources et les priorités établies par le gouvernement du Canada, notamment les mesures spéciales en matière d’immigration et les initiatives humanitaires visant à répondre aux crises qui sévissent à l’échelle du globe.
Comme en témoignent les statistiques se trouvant à la fin de la présente section, bon nombre de ces plaintes ont été résolues informellement. Plus précisément, dès qu’il achève le traitement du dossier de filtrage de sécurité faisant suite à une demande d’immigration ou de citoyenneté faite par un plaignant, le SCRS fournit une lettre qui peut être remise au plaignant, et dans laquelle il est indiqué que le conseil demandé a été fourni au client demandeur et que le rôle tenu par le SCRS prend fin. Dès lors, le plaignant peut choisir de maintenir sa plainte ou de la résoudre informellement.
4.2 Initiatives en cours
Les règles de procédure de l’OSSNR gouvernent le processus s’appliquant aux enquêtes sur les plaintes. Tout en respectant le caractère classifié des procédures, ces règles veillent à ce que les parties aient pleinement l’occasion de se présenter et de faire valoir leurs arguments, mais aussi à faire en sorte que les procédures soient menées aussi informellement et rapidement que possible.
En 2024, l’OSSNR a poursuivi l’examen interne de ses règles de procédures de sorte à relever les lacunes et à élaborer des propositions en vue des prochaines révisions. L’examen visait à s’assurer que toutes les enquêtes demeurent accessibles, efficaces et procéduralement équitables.
En outre, l’OSSNR a également créé une nouvelle règle concernant l’accessibilité et les mesures d’adaptation. Cette règle incite l’OSSNR à respecter, dans la mesure du possible, son engagement quant à la reconnaissance, à l’élimination et à la prévention des obstacles sur le plan de l’accessibilité. Cette démarche permettra de veiller à ce que les personnes aux prises avec un handicap soient en mesure de participer pleinement au processus d’enquête sur les plaintes.
L’OSSNR a également commencé à élaborer une autre règle visant, cette fois, à rationaliser le processus dans le but de simplifier les enquêtes sur les plaintes qui s’avèrent simples.
4.3 Résumés des rapports d’enquête
Rapports finaux émis
Allégations de harcèlement visant la Gendarmerie royale du Canada
(dossier de l’OSSNR 07 407 13)
Le plaignant a déposé une plainte contre la GRC alléguant que des membres de la GRC se sont présentés chez lui sans rendez-vous et sans mandat, et que ces membres l’ont harcelé lorsqu’ils étaient chez lui. Les membres de la GRC s’étaient présentés chez le plaignant après avoir reçu un rapport anonyme selon lequel le plaignant aurait proféré des menaces à l’encontre du premier ministre du Canada.
L’interaction entre les membres de la GRC et le plaignant a été filmée par la caméra d’intervention du policier d’un service de police municipal. La vidéo a été déposée à titre de preuve par la GRC, dans le cadre de l’enquête de l’OSSNR.
Après la révision de la preuve documentaire déposée par la GRC et le plaignant, et la tenue d’une entrevue d’enquête avec le plaignant, l’OSSNR a conclu que les membres de la GRC avaient le droit de se présenter chez le plaignant en vertu de l’invitation implicite prévue par la common law, et de s’entretenir avec lui sans rendez vous et sans mandat. Le but de la visite des membres de la GRC chez le plaignant était de déterminer si celui ci constituait une menace pour le public et pour le premier ministre, et non d’étayer une accusation contre lui ou de procéder à son arrestation.
L’OSSNR a de plus conclu que les membres de la GRC n’avaient pas harcelé le plaignant lors de leur interaction avec lui.
Les allégations du plaignant ont été jugées non fondées.
Allégations de refus d’accorder une habilitation de sécurité Très secret et de révocation d’une cote de fiabilité visant le ministère de la Défense nationale
(dossier de l’OSSNR 07-404-30)
Le plaignant a allégué qu’en raison de la nature de la divulgation volontaire qu’il a faite lors des entrevues de sécurité, on avait refusé de lui accorder une habilitation de sécurité Très secret et révoqué sa cote de fiabilité, ce qui aurait mené à sa libération des Forces armées canadiennes. L’OSSNR a conclu qu’il n’avait pas la compétence requise pour formuler des constatations ou des recommandations concernant la cote de fiabilité. Il n’a pris en compte que les éléments concernant la décision relative à l’habilitation de sécurité.
Le plaignant a allégué que la décision du Vice-Chef d’état-major de la défense (VCEMD) concernant son habilitation de sécurité était lacunaire pour plusieurs raisons : l’orientation sexuelle du plaignant aurait influé sur la décision du VCEMD; le VCEMD n’aurait pas pris en compte la situation du plaignant sur le plan de la santé mentale et ne se serait pas enquis d’un lien avec la santé mentale, ce qui aurait pu donner lieu à des mesures d’adaptation; la décision ne répondait pas aux normes applicables au filtrage de sécurité du MDN; la décision ne tenait pas compte de la recommandation formulée par le commandant du plaignant; et le décideur n’a pas reconnu comme étant admissibles un certain nombre de considérations qui auraient pu atténuer la gravité de l’information défavorable ayant trait au plaignant.
L’OSSNR a jugé que les allégations du plaignant étaient non fondées. De fait, l’OSSNR a conclu que la décision du VCEMD ne s’appuyait pas sur une appréhension ou une perception à l’égard de la sexualité ou de l’orientation sexuelle du plaignant; qu’en l’instance, l’obligation de prendre des mesures d’adaptation n’était pas mise en jeu dans la décision du VCEMD fondée sur l’allégation du plaignant concernant sa santé mentale; qu’étaient non fondées les allégations selon lesquelles le VCEMD n’aurait pas respecté les normes en matière de filtrage de sécurité et que le MDN n’aurait pas convenablement examiné les circonstances de l’espèce; que l’affirmation selon laquelle la décision du VCEMD était inappropriée – au motif qu’elle n’allait pas dans le sens de la recommandation du commandant du plaignant – était non fondée; et que les autres allégations du plaignant, notamment celles ayant trait aux considérations ayant pu atténuer la gravité des informations qui lui étaient défavorables n’ont ni séparément ni collectivement rendu la décision déraisonnable. Enfin, l’OSSNR n’a constaté aucune atteinte au principe d’équité procédurale.
Toutefois, l’OSSNR a remarqué que certaines informations atténuantes ont été exclues de l’évaluation de la menace et des risques (EMR) présentée au décideur. Ainsi, il a été recommandé que cette pratique soit rectifiée dès que possible. Or, dans les présentes circonstances, cette omission n’a pas constitué une atteinte au principe d’équité procédurale.
Allégations de profilage racial, d’interrogatoire et harcèlement, de communication d’information à des organismes étrangers, de difficultés de déplacement et de problèmes relatifs à la citoyenneté visant le SCRS
(dossier de l’OSSNR 07-403-05)
Le plaignant a allégué que le SCRS l’avait assujetti à du profilage racial; que des agents du SCRS l’avaient harcelé et interrogé à plusieurs reprises; que le SCRS avait communiqué de l’information le concernant à des États étrangers, ce qui lui aurait nui dans ses déplacements; que le SCRS était responsable des difficultés qu’il éprouvait en cours de déplacement; et que le SCRS avait suspendu le traitement de sa demande de citoyenneté.
Le CSARS avait pris en charge le traitement de cette plainte en 2018. Lorsque l’OSSNR a été créé en 2019, il a été établi que l’OSSNR prendrait la suite du CSARS dans la réalisation de cette enquête.
Dans le rapport d’enquête, l’OSSNR a apporté des éclaircissements concernant la norme d’examen s’appliquant au traitement des plaintes déposées au titre de l’article 16, à savoir que l’OSSNR est chargé de formuler des constatations et des recommandations quant au caractère légal, raisonnable et nécessaire démontré par le SCRS dans l’exercice de ses pouvoirs. S’agissant de mesurer le caractère raisonnable et nécessaire, le membre a misé sur l’objectivité : une personne raisonnable chargée d’exercer le mandat du SCRS et parfaitement au courant des faits – comme l’était le SCRS – conclurait elle que l’exercice des pouvoirs du SCRS était nécessaire et adapté aux circonstances?
En se fondant sur les faits relatés en cours d’enquête, l’OSSNR a constaté que les allégations étaient non fondées, mais a tout de même formulé un certain nombre de recommandations. Les recommandations faisaient suite à des observations concernant la façon dont le SCRS gère la suite des enquêtes menées au titre de l’article 12 et concernant les circonstances suivant lesquelles le SCRS devrait retirer ou corriger l’information qu’il a communiquée à des organismes étrangers.
Allégations de conspiration, de surveillance électronique, de difficultés dans les déplacements, de communication d’information et de comportement illégal
(dossier de l’OSSNR 07-403-69)
Le plaignant a allégué que le SCRS avait ordonné une saisie illégale de sa propriété en 2011; avait illégalement communiqué de l’information à des autorités canadiennes et étrangères; avait conspiré avec des ministères fédéraux; l’avait harcelé, surveillé et ciblé, et avait intercepté ses appels téléphoniques; avait agi illégalement et porté atteinte à ses droits protégés au titre des droits de la personne et de la Charte. En outre, le plaignant a allégué qu’on lui avait causé des difficultés lorsqu’il est revenu au Canada, après que la saisie douteuse a eu lieu en raison des activités du SCRS. L’OSSNR a jugé que les allégations étaient non fondées.
Allégations d’atteinte aux principes de consentement et d’équité procédurale dans le cadre des processus de filtrage de sécurité et d’embauche visant le CST
(dossier de l’OSSNR 07-406-04)
Le plaignant a allégué que, dans le cadre de son processus de filtrage de sécurité et d’embauche au CST, celui ci avait porté atteinte aux principes de consentement et d’équité procédurale; avait gaspillé les ressources du gouvernement; avait omis d’utiliser les outils de filtrage approuvés par le SCT et de procéder à une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée; avait reçu des communications verbales ou des propos calomnieux de la part de l’ex employeur du plaignant concernant la personnalité de celui ci; l’avait harcelé; lui avait refusé une habilitation de sécurité; et exprimait des doutes sur le plan de l’aptitude en guise de prétexte à contourner la compétence de l’OSSNR qui, au titre de l’article 18 de la Loi sur l’OSSNR, peut entendre les plaintes à la suite d’un refus d’accorder une habilitation de sécurité.
L’OSSNR a conclu que la première allégation du plaignant, selon laquelle le CST aurait porté atteinte au principe de consentement – en l’occurrence, que le CST aurait utilisé de façon inadéquate de l’information que le plaignant avait révélée lors de son entrevue de sécurité aux fins des ressources humaines et de l’aptitude – était soutenue par des éléments de preuve. Le document de consentement signé par le plaignant en vue de l’entrevue de sécurité n’abordait que la collecte d’information visant à obtenir une habilitation de sécurité. Les preuves présentées à l’OSSNR ont révélé que le plaignant n’avait pas été informé, préalablement à l’entrevue de sécurité, que l’information recueillie pourrait être ultérieurement utilisée à d’autres fins, notamment, l’évaluation de leur aptitude relative à l’embauche. Ainsi, l’OSSNR a conclu que le CST ne s’était pas conformé aux dispositions de l’article 7 de la Loi sur la protection des renseignements personnels.
Pour ce qui a trait aux autres allégations visant le CST, l’OSSNR a conclu qu’elles ne se fondaient sur aucun élément de preuve.
Dans son rapport final, l’OSSNR a formulé deux recommandations :
le CST devrait réexaminer le formulaire de consentement qu’il demande aux candidats de signer en vue de l’entrevue de sécurité faisant partie du processus de filtrage de sécurité, et le modifier tel qu’il est requis;
le CST devrait envisager d’entreprendre une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée relativement à son questionnaire, si une telle évaluation n’a pas encore été réalisée.
Allégations de racisme et de profilage racial, de harcèlement, de propos calomnieux, de communication d’information à des organismes étrangers et de difficultés en cours de déplacement visant le SCRS
(dossier de l’OSSNR 07 403 12)
Le plaignant a allégué que le SCRS l’avait assujetti à du harcèlement, à du profilage racial et à des propos calomnieux. Le plaignant déclare avoir été ciblé en raison de ses antécédents raciaux ou ethniques et d’opinions politiques pourtant légitimes, mais aussi à cause de ses activités confidentielles en tant qu’informateur de police. Il déclare également qu’en raison de la conduite du SCRS, il a été durement touché sur le plan social, psychologique et financier, et qu’il a éprouvé des difficultés lorsqu’est venu le temps de se déplacer.
Le CSARS avait pris en charge le traitement de cette plainte en 2019. La même année, lorsque l’OSSNR a été créé, il a été établi que l’OSSNR prendrait la suite du CSARS dans la réalisation de cette enquête.
L’OSSNR a conclu que les allégations du plaignant étaient non fondées. Plus spécifiquement, l’OSSNR a conclu que le SCRS n’avait pas enquêté illégalement ni commis de profilage racial à l’endroit du plaignant; n’avait pas ciblé le plaignant en raison de ses activités confidentielles à titre d’informateur de police; n’avait ni tenu de propos calomnieux ou diffamatoires à l’égard du plaignant, ni porté atteinte à sa réputation, ni saboté ses relations; n’avait pas harcelé le plaignant ni mené illégalement ou déraisonnablement des entrevues avec lui; n’avait ni illégalement ni déraisonnablement communiqué des informations concernant le plaignant à des organismes étrangers, et n’avait pas comploté avec ceux ci pour lui nuire dans ses déplacements; n’avait pas porté atteinte, au titre de la Charte, au droit à la vie privée du plaignant; et n’avait pas conservé des renseignements personnels de façon illégale.
4.4 Autres résultats
Allégations concernant le rôle du SCRS dans les retards de l’évaluation de la sécurité relative à des demandes d’immigration ou de citoyenneté
Un certain nombre de plaignants ont déposé une plainte contre le SCRS alléguant que le SCRS aurait causé des retards importants dans la prestation de conseils relatifs au filtrage de sécurité dans le cadre de leurs demandes d’immigration ou de citoyenneté. Le SCRS a fourni à l’OSSNR des lettres pouvant être mises à la disposition des plaignants pour les aviser que le SCRS avait prodigué ses conseils au client demandeur et que son rôle dans le cadre du processus de filtrage de sécurité avait pris fin. Comme les principales allégations des plaignants visant le SCRS avaient trait aux retards dans le processus de filtrage de sécurité, l’OSSNR s’est enquis auprès des plaignants pour savoir s’ils souhaitaient résoudre leur plainte au vu de la mise à jour reçue. Dans les dossiers dont le numéro apparaît plus haut, les plaignants ont avisé l’OSSNR qu’ils ne souhaitaient pas la continuation de l’enquête concernant leurs plaintes respectives contre le SCRS. Ainsi, les plaintes ont été informellement résolues conformément à la règle 10.10 des Règles de procédures de l’OSSNR ou ont été retirées. Règles de procédure or withdrawn.
Abandon présumé d’une plainte visant un ministère pour refus d’accorder une habilitation de sécurité ayant causé le retrait d’une offre d’emploi
(dossier de l’OSSNR 07-404-25)
Le plaignant a allégué qu’après avoir reçu, de la part d’un ministère du gouvernement du Canada, une offre d’emploi conditionnelle à l’obtention d’une cote de fiabilité et d’une habilitation Secret, il s’est vu refuser les deux cotes en raison d’un problème lié à la résidence. Le plaignant a allégué qu’il s’agissait là d’une application imprécise des politiques en matière d’habilitation, et que l’offre d’emploi avait été révoquée après que le plaignant avait indiqué qu’il tenterait d’en savoir davantage sur la question.
L’OSSNR a estimé que la plainte avait été abandonnée conformément à la règle 15.02 des Règles de procédures de l’OSSNR, après avoir raisonnablement tenté de communiquer avec le plaignant, qui s’est abstenu de prendre part au processus.
Résolution informelle d’une plainte concernant un refus d’accorder une habilitation de sécurité
(dossier de l’OSSNR 07-404-37)
Le plaignant a allégué qu’on lui avait refusé un emploi dans un organisme du gouvernement du Canada à la suite d’un refus de lui accorder l’habilitation Très secret requise. Le plaignant a allégué que la décision était fondée sur une information inexacte et que l’organisme en question n’avait pas tenu compte des informations disculpatoires que le plaignant avait fournies dans le but de corriger les inexactitudes. Le plaignant a aussi allégué qu’une demande d’habilitation Secret qu’il avait présentée auprès d’un autre ministère était toujours en cours, mais qu’elle accusait déjà un retard excessivement long.
À la suite d’une rencontre de résolution informelle que l’OSSNR a facilitée et à laquelle prenaient part le plaignant et une personne représentant l’organisme en question, les parties ont demandé à l’OSSNR de suspendre l’enquête en attendant la décision finale qui devait être prise concernant la demande d’habilitation Secret. L’OSSNR a acquiescé à la demande. Ultérieurement, le plaignant a indiqué à l’OSSNR qu’il avait reçu son habilitation de sécurité Secret et qu’il souhaitait interrompre le traitement de sa plainte. L’OSSNR a donc accepté de considérer la plainte comme étant informellement résolue.
4.5 Statistiques concernant les enquêtes sur les plaintes
Du 1er janvier au 31 décembre 2024
DEMANDES DE TRAITEMENT DE PLAINTE REÇUES
142
Nombre de nouvelles plaintes déposées
79
Loi sur l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité et de renseignement (Loi sur l’OSSNR), article 16, plaintes visant le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS)
67
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le Centre de la sécurité des télécommunications (CST)
2
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
0
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la Gendarmerie royale du Canada (GRC)
10
Loi sur la citoyenneté, section 19
0
Loi canadienne sur les droits de la personne, article 45, plaintes renvoyées par la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP)
0
Décision sur la compétence d’enquêter
Acceptées
Rejetée
Retirée
Loi sur l’OSSNR, article 16, plaintes visant le SCRS
22
10
7
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le CST
0
3
0
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
0
2
0
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la GRC
3
2
0
Total
25
17
7
Enquêtes actives au 31 décembre 2024
34
Loi sur l’OSSNR, article 16, plaintes visant le SCRS
23
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le CST
0
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
4
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la GRC
7
Loi canadienne sur les droits de la personne, article 45, plaintes renvoyées par la CCDP
0
Résolutions à l’amiable en cours au 31 décembre 2024
2
Loi sur l’OSSNR, article 16, plaintes visant le SCRS
2
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le CST
0
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
0
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la GRC
0
Loi canadienne sur les droits de la personne, article 45, plaintes renvoyées par la CCDP
0
Nombre total d’enquêtes closes
22
Abandonnée
Rapport final
Réglée à l’amiable
Retirée
Loi sur l’OSSNR, article 16, plaintes visant le SCRS
0
3
14
0
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le CST
0
1
0
0
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
1
1
1
0
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la GRC
0
1
0
0
Loi canadienne sur les droits de la personne, article 45, plaintes renvoyées par la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP)
0
0
0
0
Total
1
6
15
0
Enquêtes reportées à l’année civile suivante
34
Loi sur l’OSSNR, article 16, plaintes visant le SCRS
23
Loi sur l’OSSNR, article 17, plaintes visant le CST
Loi sur l’OSSNR, article 18, habilitations de sécurité
4
Loi sur l’OSSNR, article 19, plaintes renvoyées par la GRC
7
Loi canadienne sur les droits de la personne, article 45, plaintes renvoyées par la CCDP
0
L’avenir en quelques mots
5.1 Promouvoir la vision de l’OSSNR
C’est la vision de l’OSSNR – une collectivité de la sécurité nationale et du renseignement qui soit responsable, transparente et respectueuse du principe de primauté du droit – qui a agi comme principal élément moteur du travail accompli par l’Office de surveillance en 2024. Grâce au renforcement de ses initiatives en matière de transparence, à la publication de ses rapports en temps opportun et au perfectionnement ininterrompu de ses méthodes de travail, l’OSSNR a montré qu’il était résolument engagé dans l’accomplissement de sa mission. Qu’il s’agisse des communications avec le public, de la publication de documents non classifiés/expurgés ou de l’amélioration continue de son site Web, l’OSSNR continue de promouvoir le renforcement de la confiance du public.
En mettant la dernière main à son Plan stratégique 2024 2027, l’OSSNR a établi un cadre de travail clair favorisant l’exercice de son mandat au cours des prochaines années. Au cours de l’année qui s’amorce, l’Office de surveillance se concentrera sur la consolidation de ses activités principales en améliorant ses capacités en matière d’examen ainsi que le produit de ces capacités, en développant les compétences de ses experts et en assouplissant les processus s’appliquant aux enquêtes sur les plaintes.
Guidé par ses priorités stratégiques, l’OSSNR mettra davantage l’accent sur la mobilisation proactive en faisant de plus en plus appel aux médias, aux universitaires, aux intervenants de la société civile, aux parlementaires et aux organismes de surveillance intérieurs, notamment certains mandataires du Parlement. L’OSSNR cherchera également à renforcer ses relations avec ses homologues étrangers de sorte à poursuivre les échanges en matière de pratiques exemplaires, mais aussi à contribuer aux efforts de la collectivité internationale sur le plan de la responsabilisation en matière de sécurité nationale. C’est par ces initiatives que l’OSSNR continuera d’évoluer en tant qu’organisme de surveillance soucieux de se moderniser et de promouvoir la transparence ainsi que l’efficacité, et qu’il se préparera a relevé les défis qui se poseront en 2025 et ultérieurement.
Annexes
Annexe A : Abréviations
Abbreviations and Full Names
Abbreviation
Full Name
LCA
Loi visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais traitements infligés par des entités étrangères
ARSCA-CSE
Annual Review of Select CSE Activities
ARSCA-CSIS
Annual Review of Select CSIS Activities
CAF
Forces armées canadiennes
ASFC
Agence des services frontaliers du Canada
CEIPP
Critical Election Incident Public Protocol
CHRC
Commission canadienne des droits de la personne
CST
Centre de la sécurité des télécommunications
SCRS
Service canadien du renseignement de sécurité
MDN
Ministère de la Défense nationale
FIORC
Conseil de surveillance et d’examen du renseignement du Groupe des cinq
AMC
Affaires mondiales Canada
IRCC
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
NSICOP
National Security and Intelligence Committee of Parliamentarians
OSSNR
Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement
CPVP
Commissariat à la protection de la vie privée du Canada
BCP
Bureau du Conseil privé
SP
Sécurité publique
GRC
Gendarmerie royale du Canada
SAID
Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada
SIGINT
Signals Intelligence
SITE
Security and Intelligence Threats to Elections
TRA
Threat and risk assessment
MRM
Threat reduction measure
VCDS
Vice Chief of the Defence Staff
Sigle/acronyme
Dénomination
AMC
Affaires mondiales Canada
ASFC
Agence des services frontaliers du Canada
BCP
Bureau du Conseil privé
CCDP
Commission canadienne des droits de la personne
CPSNR
Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le
renseignement
CPVPC
Commissariat à la protection de la vie privée du Canada
CSERCC
Conseil de surveillance et d’examen du renseignement de la
Collectivité des cinq
CST
Centre de la sécurité des télécommunications
EACAC-CST
Examen annuel de certaines activités du CST
EACAS-SCRS
Examen annuel de certaines activités du SCRS
EMR
Évaluation de la menace et des risques
FAC
Forces armées canadiennes
GRC
Gendarmerie royale du Canada
IRCC
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
LCISC
Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du
Canada
LECCMTIEE
Loi visant à éviter la complicité dans les cas de mauvais
traitements infligés par des entités étrangères
MDN
Ministère de la Défense nationale
MJ
Ministère de la Justice
MRM
Mesure de réduction de la menace
MSRE
Menace en matière de sécurité et de renseignements visant les
élections
OSSNR
Office de surveillance des activités en matière de sécurité
nationale et de renseignement
PPIEM
Protocole public en cas d’incident électoral majeur
1. Les statistiques et les données fournies ci après sont présentées dans la continuité d’une pratique voulant que l’Office de surveillance publie, dans son rapport annuel, les données générales déclarées annuellement par le SCRS et le CST. Or, l’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante ni à une évaluation des chiffres qui lui ont été remis. Toutefois, à compter de l’an prochain, ces statistiques annuelles seront reprises, analysées et commentées dans le résumé de l’EACAS SCRS et dans celui de l’EACAC CST.
Statistiques et données sur le SCRS
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Nombre total des demandes de mandat
24
15
31
28
30
28
Nombre total des mandats délivrés par la Cour fédérale
23
15
31
28
30
27
Nombre des nouveaux mandats
9
2
13
6
9
5
Nombre des remplacements
12
8
14
14
10
13
Nombre des mandats additionnels
2
5
4
8
11
9
Nombre des demandes de mandat rejetées
1
0
0
0
0
1
Source : SCRS (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Nota : Les statistiques ici présentées représentent le nombre total des demandes de mandat soumises à la Cour fédérale sans égard au nombre des mandats approuvés pour chaque demande ou au nombre des personnes faisant l’objet des mandats.
Nombre total des mesures de réduction de la menace (MRM) approuvées et exécutées pour 2019 2024
2019
2020
2021
2022
2023
2024
MRM approuvées
24
11
23
16
14
11
MRM exécutées
19
8
17
12
19
15
MRM assorties d’un mandat
0
0
0
0
0
1
Source : SCRS (L’OSSNR a procédé à une vérification indépendante des chiffres.)
Nombre total des cibles du SCRS pour 2019 2024
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Nombre de cibles
467
360
352
340
323
389
Source : SCRS (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Évaluation et conservation d’ensembles de données accessibles au public, d’ensembles de données canadiens et d’ensembles de données étrangers par le SCRS pour 2019 2024
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Accessibles au public
Évalués
9
6
4
4
2
2
Conservés
9
6
2
4
2
2
Canadiens
Évalués
0
0
2
0
1
0
Conservés
0
0
0
2
0
0
Étrangers
Évalués
10
0
0
2
1
2
Conservés
0
1
1
1
3
4
Source : SCRS (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante des données).
Nota : Les ensembles de données collectés et évalués au cours d’une année peuvent recevoir une autorisation ministérielle, judiciaire ou autre au cours d’années ultérieures. En outre, des ensembles de données peuvent être conservés pendant plusieurs années conformément à la Loi sur le CST.
Autorisations, commissions et directives au titre du cadre de justification du SCRS pour 2019 2024
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Commissions par les
employés
1
39
51
61
47
34
Autorisations
49
147
178
172
172
175
Directives de commettre
15
84
116
131
116
128
Désignations en situation d’urgence
0
0
0
0
0
0
Source : SCRS
Nombre total d’incidents de non conformité traités par le SCRS pour 2019 2024
2019
2020
2021
2022
2023
2024
Incidents traités
Administratifs
–
53
64
42
48
54
Opérationnels
40
19
21
17
31
28
Total
53
99
85
59
79
82
Répartition des incidents de non conformité (toutes les catégories)
Lois canadiennes
–
–
1
2
4
5
Loi sur le SCRS
–
–
–
–
–
3
Charte
–
–
6
5
15
14
Conditions de mandats
–
–
6
3
11
13
Gouvernance du SCRS
–
–
8
15
27
25
Source : SCRS
Nota : D’après le SCRS, chaque incident de conformité a été comptabilisé dans toutes les catégories de non conformité applicables. Par conséquent, la somme de toutes les catégories peut dépasser le nombre total des incidents.
Autorisations ministérielles
Nom de l’autorisation ministérielle
Paragraphe habilitant de la Loi sur le CST
Nombre d’autorisations délivrées en 2024
Autorisation de renseignement étranger
26(1)
3
Autorisation de cybersécurité pour les infrastructures fédérales et non fédérales
27(1) et
27(2)
4
Autorisation de cyberopérations défensives
29(1)
1
Autorisation de cyberopérations actives
30(1)
3
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Autorisations ministérielles délivrées en 2024
Arrêtés ministériels
Nom de l’arrêté ministériel [traduction]
Paragraphe habilitant de la Loi sur le CST
Désignation des destinataires de l’information nominative sur un Canadien utilisée, analysée ou conservée au titre d’une autorisation de renseignement étranger
43
Désignation des destinataires de l’information se rapportant à un Canadien ou à une personne se trouvant au Canada qui a été acquise, utilisée ou analysée dans le cadre des volets cybersécurité et assurance de l’information du mandat du CST
44
Désignation de l’information électronique et des infrastructures d’importance pour le gouvernement du Canada
21
Désignation de l’information électronique et des infrastructures de l’Ukraine comme étant d’importance pour le gouvernement du Canada
21
Désignation de l’information électronique et des infrastructures de la Lettonie comme étant d’importance pour le gouvernement du Canada
21
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Autorisations ministérielles délivrées en 2024
Information nominative sur un Canadien
Type de demande
Nombre de demandes reçues
Demandes du gouvernement du Canada
909
Demandes du Groupe des cinq
78
Demandes autres que celles de la Collectivité des cinq
6
Total
993
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Les demandes de communication d’information nominative sur un Canadien aux fins du renseignement étranger pour 2024
Type de communication
Nombre de demandes
Avis aux victimes
2,221
Communications à des partenaires
9
Total
2,230
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Communications d’information nominative sur un Canadien aux fins de la cybersécurité pour 2024
Incidents relatifs à la protection des renseignements personnels
Type d’incident
2024
Incidents liés à la protection des renseignements personnels
75
Incidents liés à la protection des renseignements personnels de seconde partie
44
Incidents non liés à la protection des renseignements personnels
13
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Incidents de non conformité liés ou non liés à la protection des renseignements personnels dans le contexte du volet renseignement étranger du mandat du CST pour 2024
Type d’incident
2024
Incidents liés à la protection des renseignements personnels
31
Incidents non liés à la protection des renseignements personnels
9
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Incidents de non conformité liés ou non liés à la protection des renseignements personnels dans le contexte du volet cybersécurité du mandat du CST pour 2024
Assistance technique et opérationnelle
Reçus
Approuvées
Refusées
Annulé
48
49
2
2
Source : CST (L’OSSNR n’a pas procédé à une vérification indépendante de ces chiffres.)
Demandes d’assistance technique et opérationnelle pour 2024
Le présent rapport trimestriel a été préparé par la direction conformément à l’article 65.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques et selon les modalités prescrites par la Directive sur les normes comptables : GC 4400 Rapport financier trimestriel des ministères. Le présent rapport financier trimestriel devrait être lu parallèlement au 2025–2026 Main Estimates
Ce rapport trimestriel n’a pas fait l’objet d’un audit ni d’un examen externe.
L’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR) est un organisme de surveillance externe indépendant qui relève du Parlement. Créé en juillet 2019, l’OSSNR examine les activités du gouvernement du Canada en matière de sécurité nationale et de renseignement afin de déterminer si elles sont légales, raisonnables et nécessaires. L’Office de surveillance enquête également, de manière indépendante et en temps opportun, sur les plaintes déposées par le public concernant les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ainsi que sur certaines autres plaintes liées à la sécurité nationale.
Le Secrétariat de l’OSSNR appuie l’Office de surveillance dans l’exercice de son mandat. Le contrôle indépendant contribue à renforcer le cadre de responsabilisation pour les activités de sécurité nationale et de renseignement, et à accroître la confiance du public. Ainsi, les ministres et les Canadiens sont informés quant à savoir si les activités de sécurité nationale et de renseignement entreprises par les institutions du gouvernement du Canada sont légales, raisonnables et nécessaires.
Ce rapport trimestriel a été préparé par la direction en utilisant une comptabilité axée sur les dépenses. L’état des autorisations joint à ce rapport inclut les autorisations de dépenser du Secrétariat de l’OSSNR accordées par le Parlement et utilisées par le Secrétariat, de manière cohérente avec le Budget principal des dépenses et les budgets supplémentaires des dépenses (lorsqu’applicable) pour l’exercice 2025-2026. Ce rapport financier trimestriel a été préparé en utilisant un référentiel à usage particulier conçu pour répondre aux besoins d’information financière à l’égard de l’utilisation des autorisations de dépenser.
Le gouvernement ne peut dépenser sans l’autorisation préalable du Parlement. Les autorisations sont accordées par l’entremise de lois de crédits, sous forme de limites annuelles, ou par l’entremise de lois, sous forme d’autorisations législatives de dépenser à des fins déterminées.
Le ministère utilise la méthode de la comptabilité d’exercice intégrale pour la préparation de ses états financiers annuels qui font partie du processus de rapport sur les résultats ministériels. Toutefois, les pouvoirs de dépenser votés par le Parlement sont encore en fonction d’une comptabilité axée sur les dépenses.
Faits saillants des résultats financiers trimestriels et cumulatifs à ce jour
La présente section expose les éléments importants qui ont contribué à l’augmentation nette ou à la diminution nette des autorisations disponibles au cours de l’exercice et des dépenses réelles durant le trimestre qui s’est terminé le 30 septembre 2025.
Le Secrétariat de l’OSSNR avait dépensé environ 47 % de ses autorisations à la fin du deuxième trimestre, comparativement à 45 % durant le même trimestre en 2024–2025 (voir le graphique 1).
Graphique 1 : Comparaison des autorisations budgétaires et des dépenses budgétaires nettes cumulatives, T2 2025–2026 et T2 2024–2025 (en millions de dollars)
Version texte de la figure 1
Graphique 1 : Comparaison des autorisations budgétaires et des dépenses budgétaires nettes cumulatives, T2 2025–2026 et T2 2024–2025 (en millions de dollars)
2025-26
2024-25
Autorisations budgétaires totales
$20.4
$19.5
Dépenses budgétaires encourues au T2
$5.1
$5.3
Dépenses cumulatives
$9.5
$8.8
Changements importants aux autorisations
Au 30 septembre 2025, le Parlement avait approuvé 20,4 millions de dollars d'autorisations totales à utiliser par le Secrétariat de l’OSSNR pour 2025-2026, contre 19,5 millions de dollars au 30 septembre 2024, soit une augmentation nette de 0,9 millions de dollars ou 4,6 % (voir graphique 2).
Graphique 2 : Variation des autorisations au 30 septembre 2025 (en millions de dollars)
Version texte de la figure 2
Variance in authorities as of September 30, 2025 (in millions of dollars)
Année fiscale 2024-25 totaux disponibles pour l'exercice se terminant le 31 mars 2025
Année fiscale 2025-26 totaux disponibles pour l'exercice se terminant le 31 mars 2026
Crédit 1 - Fonctionnement
17.9
19.5
Postes législatives
1.6
1.9
Autorisations totales
19.5
20.4
Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués
L’augmentation des autorisations de 0,9 millions de dollars s'explique principalement par les compléments salariaux versés par le Secrétariat du Conseil du Trésor dans le cadre des conventions collectives mises à jour.
Changements importants touchant les dépenses trimestrielles
Les dépenses du deuxième trimestre ont totalisé 5,1 millions de dollars, soit une diminution de 0,2 million de dollars par rapport aux 5,3 millions de dollars de dépenses engagées au cours de la même période en 2024–2025. Le tableau 1 présente les dépenses budgétaires par article courant.
Table 1: Departmental budgetary expenditures by Standard Object (unaudited)
Exercice 2025-2026 (en milliers de dollars)
Changements dans les dépenses par article courant
Exercice 2025-2026: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 30 septembre 2025
Exercice 2024-2025: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 30 septembre 2024
Variation en $
Variation en %
Personnel
3,674
3,856
(182)
(5%)
Transports et communications
28
77
(49)
(64%)
Information
15
7
8
114%
Services professionnels et spéciaux
1,346
1,320
26
2%
Locations
24
17
7
41%
Services de réparation et d’entretien
6
37
(31)
(84%)
Services publics, fournitures et approvisionnements
11
12
(1)
(8%)
Acquisition de matériel et d’outillage
0
8
(8)
(100%)
Autres subventions et paiements
2
(38)
40
(105%)
Dépenses budgétaires brutes totals
5,106
5,296
(190)
(4%)
Transports et communications
La diminution de 49 000 $ est attribuable à une réduction des frais de déplacement et de déménagement dans l'ensemble du ministère.
Services de réparation et d’entretien
La diminution de 31 000 $ s'explique par certaines réparations ponctuelles effectuées dans les bureaux au cours de l'exercice 2024-2025.
Autres subventions et paiements
L'augmentation de 40 000 $ s'explique par une augmentation du recouvrement des trop-perçus salariaux.
Changements importants touchant les dépenses cumulatives depuis le début de l’exercice
Les dépenses depuis le début de l’exercice totalisent 9,5 millions de dollars, soit une augmentation de 0,7 millions de dollars (8 %) par rapport aux 8,8 millions de dollars de dépenses engagées au cours de la même période en 2024–2025. Le tableau 2 présente les dépenses budgétaires par article courant.
Table 2: Departmental budgetary expenditures by Standard Object (unaudited) (continued)
Exercice 2025-2026 (en milliers de dollars)
Changements dans les dépenses par article courant
Exercice 2025-2026 Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre ayant pris fin le 30 septembre 2025
Exercice 2024-2025
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre ayant pris fin
le 30 septembre 2024
Variation en $
Variation en %
Personnel
7,744
6,864
880
13%
Transports et communications
74
135
(61)
(45%)
Information
15
13
2
15%
Services professionnels et spéciaux
1,616
1,589
27
2%
Locations
25
42
(17)
(40%)
Services de réparation et d’entretien
22
40
(18)
(45%)
Services publics, fournitures et approvisionnements
15
40
(25)
(63%)
Acquisition de matériel et d’outillage
0
20
(20)
(100%)
Autres subventions et paiements
4
41
(37)
(90%)
Dépenses budgétaires brutes totals
9,515
8,784
731
8%
Personnel
L'augmentation de 880 000 $ dollars des dépenses de personnel est due à une augmentation à la fois du nombre d'ETP et du salaire moyen par ETP.
Transports et communications
La diminution de 61 000 $ est principalement attribuable à une réduction des frais de déplacement et de réinstallation dans l'ensemble du ministère.
Locations
La diminution de 17 000 $ est attribuable à la mise hors service d'un immeuble locatif et au moment de la facturation de notre système de ressources humaines.
Services de réparation et d’entretien
La diminution de 18 000 $ s'explique par certaines réparations ponctuelles effectuées dans les bureaux au cours de l'exercice 2024-2025.
Services publics, fournitures et approvisionnements
La diminution de 25 000 $ est due à un rapprochement plus rapide des cartes d'acquisition, ce qui a entraîné une diminution du compte d'attente MasterCard.
Acquisition de matériel et d’outillage
La diminution de 20 000 $ s'explique principalement par des achats ponctuels d'équipement en 2024-2025.
Autres subventions et paiements
La diminution de 37 000 $ s'explique par une baisse globale du recouvrement des trop-perçus salariaux.
Risques et incertitudes
Les fonds reçus pour compenser les augmentations salariales n'ont pas suffi à couvrir ces augmentations et, par conséquent, le Secrétariat de l’OSSNR devra réduire ses effectifs globaux afin de respecter son budget. La réduction des effectifs pourrait entraîner une diminution du nombre d'examens et d'enquêtes que le Secrétariat est en mesure de réaliser chaque année.
Le Secrétariat de l’OSSNR surveille de près les mouvements de paye pour recenser et régler en temps utile les paiements insuffisants et les paiements excédentaires. Il continue d’appliquer en permanence les mesures d’atténuation.mesures d’atténuation.
Des mesures d’atténuation des risques décrits ci-dessus ont été définies, et elles sont prises en compte dans l’approche et l’échéancier du Secrétariat de l’OSSNR en ce qui concerne la réalisation de ses activités prévues dans son mandat.
Changements importants touchant le fonctionnement, le personnel et le programme
Il n’y a eu aucun changement au programme du secrétariat de l’OSSNR.
Approbation des hauts fonctionnaires:
Charles Fugère Directeur général
Martyn Turcotte Dirigeant principal des finances
Annexe
État des autorisations (non audité)
(en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Crédits totaux disponibles pour l’exercice se terminant le
31 mars 2026
(note 1)
Crédits
utilisés pour
le trimestre ayant pris fin
le 30 septembre 2025
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Crédits totaux disponibles pour l’exercice se terminant le
31 mars 2025
(note 1)
Crédits
utilisés pour
le trimestre ayant pris fin
le 30 septembre 2024
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Crédit 1 - Dépenses nettes de fonctionnement
18,522
4,629
8,561
17,857
4,895
7,983
Autorisations législatives budgétaires
Contributions aux régimes d'avantages sociaux
des employés
1,908
477
954
1,601
401
801
Autorisations budgétaires totals (note 2)
20,430
5,106
9,515
19,458
5,296
8,784
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Dépenses ministérielles budgétaires par article courant (non vérifié)
(en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Dépenses prévues
pour l’exercice se
terminant le
31 mars 2026
(note 1)
Dépensées
durant le trimestre
ayant pris fin le
30 septembre 2025
Cumul
des crédits
utilisés à la fin
du trimestre
Dépenses prévues pour l’exercice se terminant le
31 mars 2025
(note 1)
Dépensées
durant le trimestre
ayant pris fin le
30 septembre 2024
Cumul
des crédits
utilisés à la fin
du trimestre
Dépenses
Personnel
14,377
3,674
7,744
13,205
3,856
6,864
Transports et communications
497
28
74
685
77
135
Information
42
15
15
76
7
13
Services professionnels et spéciaux
4,994
1,346
1,616
4,624
1,320
1,589
Locations
281
24
25
309
17
42
Services de réparation et d’entretien
72
11
15
436
37
40
Services publics, fournitures et approvisionnements
74
11
15
58
12
40
Acquisition de matériel et d’outillage
93
0
0
65
8
20
Autres subventions et paiements
0
2
4
0
(38)
41
Dépenses budgétaires brutes totals
(note 2)
20,430
5,106
9,515
19,458
5,296
8,784
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Si les examens spécialisés en matière de sécurité nationale n’existaient pas, une
grande partie de la conduite des services de sécurité échapperait à toute surveillance
en raison du secret de ce qui touche la sécurité nationale. Ainsi, la raison d’être de
l’OSSNR est de veiller à ce qu’une telle surveillance soit exercée. En vertu de la loi,
l’OSSNR est appelé à exercer deux mandats principaux : procéder à « l’examen » des
activités en matière de sécurité et de renseignement sous l’angle de la sécurité
nationale, et mener des « enquêtes » sur les plaintes déposées à l’endroit d’un
sous-ensemble des services nationaux de la sécurité et du renseignement.
Les processus d’examen et d’enquête servent à préserver les valeurs qui sous-tendent le projet canadien, notamment la primauté du droit, cette notion voulant que personne n’échappe à la loi et que les fonctionnaires (même les intervenants des services de sécurité et de renseignement) ne soient autorisés à exercer que les pouvoirs qui leur sont conférés par la loi. Dans le même temps, les travaux de l’OSSNR soumettent les institutions de la collectivité de la sécurité nationale et du renseignement à des contrôles rigoureux de sorte qu’elles soient toujours mieux à même de remplir leur mandat.
Le plan stratégique définit les buts et objectifs stratégiques que l’OSSNR s’est fixés
dans la poursuite de l’excellence pour ce qui a trait à l’examen des activités de la
sphère de la sécurité nationale et aux enquêtes sur les plaintes. La feuille de route
comprend quatre domaines clés et reflète l’engagement inébranlable de l’OSSNR en
faveur de l’indépendance, du professionnalisme, de la transparence et de l’inclusion. La
détermination de l’Office de surveillance sur le plan de l’adaptation aux nouveaux défis
et de l’innovation s’illustre par l’importance que l’OSSNR accorde aux progrès
technologiques, aux protocoles de sécurité robustes, à l’apprentissage continu et à la
simplification des services internes.
This strategic plan is not a fixed document but a living blueprint, guiding NSIRA in enhancing its existing commitment to accountability, and effectiveness. Each goal and objective stems from NSIRA’s mission to remain the trusted eyes and ears of Canadians in the evolving landscape of security and intelligence activities.
La vision, la mission, les valeurs
Objectifs stratégiques
Rigueur des examens
L’OSSNR est conscient du rôle déterminant qu’il tient lorsqu’il procède à des examens
approfondis des activités de la sécurité nationale et du renseignement qui ont des retombées
concrètes. En se concentrant sur les questions actuelles et évolutives, en utilisant des
méthodologies pertinentes et en procédant à des analyses rigoureuses, l’OSSNR veille à ce
que, dans l’ensemble, ses examens évaluent avec rigueur la légalité, la raisonnabilité et la
nécessité de ces activités cruciales. L’engagement à appliquer les normes d’examen les plus
exigeantes est une condition que l’OSSNR doit respecter pour mériter la confiance des
Canadiens. Dans ses rapports d’examen, l’OSSNR formule des constatations et des
recommandations pertinentes à destination des intervenants et des décideurs, mais il informe
aussi la société canadienne de façon transparente afin de soutenir une démocratie qui soit
saine et un gouvernement qui se veut responsable.
Efficacité des enquêtes sur les plaintes
The focus on fair and efficient investigations underscores the agency’s commitment to procedural fairness and impartiality, but also to access to justice principles that meaningfully empower complainants to be heard in a timely way and to see their matter investigated without delay. NSIRA diligently gathers and analyzes evidence, adhering to established investigative protocols and quasi-judicial best practices. The result is enhanced public trust and a robust contribution to upholding the rule of law.
Pérennité de l’infrastructure organisationnelle
Les examens rigoureux et les enquêtes efficaces dépendent d’un soutien assuré par une
infrastructure organisationnelle et institutionnelle solide. C’est pourquoi l’OSSNR investit dans
les technologies de pointe, l’expertise spécialisée et l’apprentissage continu, et mise sur une
culture de la collaboration. En l’occurrence, il s’agit de veiller à ce que les systèmes de gestion
de l’information et des technologies soient optimisés, que les mesures de sécurité respectent
les normes les plus élevées, que l’équipe des ressources humaines recrute et maintienne en
poste un personnel hautement qualifié, mais aussi que la conformité aux normes et la gestion
financière de l’Office de surveillance soient agiles souples et efficaces. En offrant un milieu de
travail qui répond aux attentes les plus élevées, l’OSSNR est en mesure de s’adapter à
l’évolution des défis et de fournir un apport durable sur le plan de la reddition de comptes en
matière de sécurité nationale.
Mobilisation des communautés d’expertise nationales et internationales
L’OSSNR reconnaît la complexité des défis liés aux examens en matière de sécurité nationale
et la nécessité d’une approche collaborative. L’approche misant sur la coopération et
l’engagement avec les partenaires nationaux et internationaux renforce l’efficacité des examens
et des enquêtes. D’ailleurs, en recherchant activement des occasions de collaborer avec les
organismes de responsabilisation canadiens et internationaux, l’OSSNR contribue à
l’élaboration de normes mondiales en matière d’examen de la sécurité nationale et du renseignement. L’Office de surveillance devient un intervenant essentiel dans l’élaboration du
discours sur la sécurité, au niveau tant national qu’international. De plus, il devient un centre
d’excellence mondial reconnu dans le domaine de la reddition de comptes en matière de
sécurité nationale et constitue un carrefour mondial et national favorisant le rapprochement
d’une « communauté de professionnels de l’examen ». L’OSSNR continue également d’être
une organisation axée sur l’apprentissage, qui intègre les pratiques exemplaires d’autres
organismes et champs de compétence dans ses propres processus et procédures.
Objectifs
Objectif stratégique no 1 – Rigueur des examens (R)
R 1.Demeurer indépendant, appliquer des normes éthiques strictes et miser sur le professionnalisme.
R 2.Accroître la pertinence des examens grâce à des critères objectifs de sélection et de priorisation.
R 3.Accroître la qualité des examens sur le plan de la profondeur, de la clarté, de la
rédaction et de la concision au moyen, notamment, d’indicateurs de rendement.
R 4.Accroître le nombre des examens réalisés en développant, notamment, des
processus permettant de soutenir une production annuelle de 12 examens.
R 5.Élaborer des mécanismes favorisant la réceptivité des organismes examinés
aux exigences de l’examen, notamment par la communication avec lesdits
organismes et le renvoi des problèmes jusqu’au niveau ministériel, s’il y a lieu.
R 6.Maintenir la transparence ainsi que l’accessibilité des travaux d’examen.
R 7.Renforcer la responsabilisation grâce au suivi, à la diffusion et au suivi des
constatations et des recommandations de l’OSSNR.
R 8.Innover sur le plan de la méthodologie d’examen en créant de nouveaux outils
d’examen tout en mettant l’accent sur les technologies et la durabilité.
R 9.Maintenir un processus d’examen durable qui oriente tous les aspects des
examens de l’OSSNR.
R 10. Faire appel à des équipes d’examen adéquatement qualifiées.
Objectif stratégique no 2 – Efficacité des enquêtes sur les plaintes (E)
E1.Améliorer les procédures et les protocoles d’enquête afin de maximiser
l’efficacité et la rapidité des enquêtes tout en adhérant aux principes d’équité et
d’indépendance ainsi qu’aux normes de professionnalisme les plus rigoureuses.
E2.Maintenir des protocoles pour le triage des enquêtes et établir des indicateurs de
rendement pour une conduite efficace et rapide des enquêtes.
E3.Mettre en œuvre des solutions avancées de gestion des dossiers qui tirent parti
de l’automatisation et de l’analyse des données pour optimiser le déroulement
des enquêtes et surveiller les indicateurs de rendement.
E4.Élaborer et mettre en œuvre des protocoles normalisés pour le traitement,
l’analyse et le stockage des preuves numériques, afin de garantir une approche
cohérente et technologiquement avancée.
E5.Garantir l’accessibilité des règles de procédure et des précédents
jurisprudentiels importants pour veiller à ce que le gouvernement et les
plaignants potentiels jouent à armes égales et pour améliorer l’accès à la justice.
E6.Renforcer le principe de responsabilisation par la compilation, la diffusion et le
suivi des constatations et des recommandations de l’OSSNR.
E7.S’efforcer d’intégrer les nouveaux mécanismes de plaintes dans la procédure
d’enquête de manière équitable et efficace, notamment en adoptant des
approches permettant d’enquêter sur d’importants volumes de plaintes.
Objectif stratégique no 3 – Pérennité de l’infrastructure organisationnelle (P)
P1.Étudier les meilleurs moyens d’optimiser la structure de gouvernance législative
de l’OSSNR et se préparer aux changements découlant de cette optimisation.
P2.Mettre en place un processus de planification stratégique visant à orienter les
priorités institutionnelles, l’utilisation des ressources et le déploiement des
activités.
P3.Mettre en œuvre des mécanismes favorisant l’innovation de même que le
perfectionnement, le maintien en poste et le mieux-être du personnel; mettre en
valeur la diversité et l’expertise du personnel dans les mesures de recrutement,
de formation et de maintien en poste.
P4.Élaborer et mettre en œuvre des moyens permettant que les connaissances et
les idées générées par les intervenants nationaux et internationaux soient
mises en commun, puis assimilées au sein de l’OSSNR, en veillant à ce que
celui-ci demeure une organisation axée sur l’apprentissage.
P5.Veiller à la mise en œuvre et à l’utilisation de la stratégie de communication.
P6.Élaborer et mettre en œuvre une infrastructure globale de gestion de
l’information qui soutienne les activités actuelles et permette la collecte, le
stockage, l’extraction et la suppression d’informations.
P7.Continuer à renforcer les mesures de sécurité, y compris les contrôles d’accès,
la cybersécurité, les systèmes de surveillance et la sécurité des installations,
afin de protéger les locaux, les biens et les employés de l’OSSNR.
P8.Mettre en œuvre des mesures visant à rationaliser les processus administratifs
de sorte à réduire l’inefficacité issue d’une certaine bureaucratie et à accroître
la rapidité et la précision des opérations internes.
P9.Investir dans des mises à niveau et des innovations technologiques visant à
moderniser les systèmes internes, en veillant à ce que l’OSSNR tire parti
d’outils de pointe pour améliorer son efficacité opérationnelle.
P10.Optimiser et mettre en œuvre des technologies qui favorisent les mesures de
télétravail sûres et efficaces ainsi que l’accès régional, ce qui permettra à
l’effectif de l’OSSNR de jouir d’une certaine souplesse et d’un milieu inclusif.
Strategic Goal 4: Engaged Domestic and International Communities of Practice (E)
M1.Formuler et mettre en œuvre une stratégie globale de mobilisation des
intervenants auprès des organes d’examen nationaux et des agents du
Parlement, de la collectivité internationale des responsables de l’examen, des
médias et du milieu universitaire.
M2.Formuler et mettre en œuvre une stratégie globale de communication et de
relations avec les médias qui les aide à rendre compte de manière significative
et précise des travaux de l’OSSNR.
M3.Tenir un rôle actif dans l’élaboration de normes mondiales en matière d’examen
dans le milieu de la sécurité nationale et du renseignement en participant à des
forums internationaux et à des initiatives de collaboration.
M4.Élaborer et mettre en œuvre des initiatives visant à accroître la sensibilisation et
la compréhension quant au rôle, aux objectifs et à l’impact de l’OSSNR parmi les
intervenants externes, notamment le public, les fonctionnaires et les autres
organismes de surveillance et de contrôle.
M5.Continuer à approfondir l’expertise du personnel par des initiatives de formation
et d’acquisition de connaissances, tant en interne qu’à l’externe, et veiller à ce
que ces possibilités soient largement accessibles.
Le présent rapport trimestriel a été préparé par la direction conformément à l’article 65.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques et selon les modalités prescrites par la Directive sur les normes comptables : GC 4400 Rapport financier trimestriel des ministères. Le présent rapport financier trimestriel devrait être lu parallèlement au 2025–2026 Main Estimates.
Ce rapport trimestriel n’a pas fait l’objet d’un audit ni d’un examen externe.
Mandat
L’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (OSSNR) est un organisme de surveillance externe indépendant qui relève du Parlement. Créé en juillet 2019, l’OSSNR examine les activités du gouvernement du Canada en matière de sécurité nationale et de renseignement afin de déterminer si elles sont légales, raisonnables et nécessaires. L’Office de surveillance enquête également, de manière indépendante et en temps opportun, sur les plaintes déposées par le public concernant les activités du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), du Centre de la sécurité des télécommunications (CST) et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), ainsi que sur certaines autres plaintes liées à la sécurité nationale.
Le Secrétariat de l’OSSNR appuie l’Office de surveillance dans l’exercice de son mandat. Le contrôle indépendant contribue à renforcer le cadre de responsabilisation pour les activités de sécurité nationale et de renseignement, et à accroître la confiance du public. Ainsi, les ministres et les Canadiens sont informés quant à savoir si les activités de sécurité nationale et de renseignement entreprises par les institutions du gouvernement du Canada sont légales, raisonnables et nécessaires.
Ce rapport trimestriel a été préparé par la direction en utilisant une comptabilité axée sur les dépenses. L’état des autorisations joint à ce rapport inclut les autorisations de dépenser du Secrétariat de l’OSSNR accordées par le Parlement et utilisées par le Secrétariat, de manière cohérente avec le Budget principal des dépenses et les budgets supplémentaires des dépenses (lorsqu’applicable) pour l’exercice 2025-2026. Ce rapport financier trimestriel a été préparé en utilisant un référentiel à usage particulier conçu pour répondre aux besoins d’information financière à l’égard de l’utilisation des autorisations de dépenser.
Le gouvernement ne peut dépenser sans l’autorisation préalable du Parlement. Les autorisations sont accordées par l’entremise de lois de crédits, sous forme de limites annuelles, ou par l’entremise de lois, sous forme d’autorisations législatives de dépenser à des fins déterminées.
Faits saillants des résultats financiers trimestriels et cumulatifs à ce jour
La présente section expose les éléments importants qui ont contribué à l’augmentation nette ou à la diminution nette des autorisations disponibles au cours de l’exercice et des dépenses réelles durant le trimestre qui s’est terminé le 30 juin 2025.
Le Secrétariat de l’OSSNR avait dépensé environ 22 % de ses autorisations à la fin du premier trimestre, comparativement à 19 % durant le même trimestre en 2024–2025 (voir le graphique 1).
Graphique 1 : Comparaison des autorisations budgétaires et des dépenses budgétaires nettes cumulatives au premier trimestre des exercices 2025–2026 et 2024–2025
Changements importants aux autorisations
Au 30 juin 2025, le Parlement avait approuvé 19,6 millions de dollars d'autorisations totales à utiliser par le Secrétariat de l’OSSNR pour 2025-2026, contre 18,4 millions de dollars au 30 juin 2024, soit une augmentation nette de 1,2 millions de dollars ou 6,5 % (voir le graphique 2).
Graphique 2 : Variation des autorisations au 30 juin 2025
L’augmentation des autorisations de 1,2 millions de dollars s’explique principalement par les compléments versés au titre des conventions collectives actualisées.
Changements importants touchant les dépenses trimestrielles
Les dépenses du premier trimestre ont totalisé 4,4 millions de dollars, soit une augmentation de 0,9 million de dollars par rapport aux 3,5 millions de dollars de dépenses engagées au cours de la même période en 2024–2025. Le tableau 1 présente les dépenses budgétaires par article courant.
Tableau 1
*Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués
Changements dans les dépenses par article courant (en milliers de dollars)
Exercice 2025-2026: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 30 juin 2025
Exercice 2024-2025: crédits utilisés pour le trimestre ayant pris fin le 30 juin 2024+
Variation en $
Variation en %
Personnel
4,070
3,008
1,062
35%
Transports et communications
46
58
-12
-21%
Information
0
6
-6
-100%
Services professionnels et spéciaux
270
269
1
0%
Locations
1
25
-24
-96%
Services de réparation et d’entretien
16
3
13
433%
Services publics, fournitures et approvisionnements
4
28
-24
-86%
Acquisition de matériel et d’outillage
0
12
-12
-100%
Autres subventions et paiements
2
79
-77
-97%
Dépenses budgétaires brutes totals
4,409
3,488
921
26%
Personnel
L'augmentation de 1 062 000 $ s'explique par la hausse des salaires moyens due à la mise à jour des conventions collectives et à l'augmentation du nombre d'ETP.
Locations
La diminution de 24 000 $ s'explique par la suppression des locaux temporaires.
Services de réparation et d’entretien
L'augmentation de 13 000 $ s'explique par la nécessité d'effectuer quelques réparations mineures dans les bâtiments en 2025-2026.
Services publics, fournitures et approvisionnements
La diminution de 24 000 $ s'explique par des achats non rapprochés effectués avec des cartes d'achat en 2024-2025.
Acquisition de matériel et d’outillage
L'augmentation de 12 000 $ s'explique par plusieurs achats ponctuels d'équipements en 2024-2025.
Autres subventions et paiements
La diminution de 77 000 $ s'explique par une baisse des trop-perçus salariaux.
Risques et incertitudes
Les fonds reçus pour compenser les augmentations salariales n'ont pas suffi à couvrir ces augmentations et, par conséquent, le Secrétariat de l’OSSNR devra réduire ses effectifs globaux afin de respecter son budget. La réduction des effectifs pourrait entraîner une diminution du nombre d'examens et d'enquêtes que le Secrétariat est en mesure de réaliser chaque année.
Le Secrétariat de l’OSSNR surveille de près les mouvements de paye pour recenser et régler en temps utile les paiements insuffisants et les paiements excédentaires. Il continue d’appliquer en permanence les mesures d’atténuation.mesures d’atténuation.
Des mesures d’atténuation des risques décrits ci-dessus ont été définies, et elles sont prises en compte dans l’approche et l’échéancier du Secrétariat de l’OSSNR en ce qui concerne la réalisation de ses activités prévues dans son mandat.
Changements importants touchant le fonctionnement, le personnel et le programme
Il n’y a eu aucun changement au programme du secrétariat de l’OSSNR.
Approbation des hauts fonctionnaires:
Charles Fugère Directeur général
Amanda Wark Directrice financière par intérim
Annexe
État des autorisations (non vérifié)
(en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Total available for use for the year ending March 31, 2026 (note 1)
Crédits
utilisés pour
le trimestre ayant pris fin
le 30 juin 2025
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Total available for use for the year ending March 31, 2025 (note 1)
Crédits
utilisés pour
le trimestre ayant pris fin
le 30 juin 2024
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Crédit 1 – Dépenses nettes de fonctionnement
17,697
3,932
3,932
16,810
3,088
3,088
Autorisations législatives budgétaires
Contributions aux régimes d'avantages sociaux
des employés
1,908
477
477
1,601
400
400
Autorisations budgétaires totales (note 2)
19,605
4,409
4,409
18,411
3,488
3,488
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Dépenses ministérielles budgétaires par article courant (non vérifié)
(en milliers de dollars)
Exercice 2025–2026
Exercice 2024–2025
Planned expenditures for the
year ending March 31, 2026
2026 (note 1)
Dépensées
durant le trimestre
ayant pris fin le
30 juin 2025
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Dépenses prévues pour l’exercice se terminant le
31 mars 2025
(note 1)
Dépensées
durant le trimestre
ayant pris fin le
30 juin 2024
Cumul des crédits utilisés à la fin du trimestre
Dépenses
Personnel
14,377
4,070
4,070
13,205
3,008
3,008
Transports et communications
497
46
46
685
58
58
Information
42
0
0
76
6
6
Services professionnels et spéciaux
4,169
270
270
3,577
269
269
Locations
281
1
1
309
25
25
Services de réparation et d’entretien
72
16
16
436
3
3
Services publics, fournitures et approvisionnements
74
4
4
58
28
28
Acquisition de matériel et d’outillage
93
0
0
65
12
12
Autres subventions et paiements
0
2
2
0
79
79
Dépenses budgétaires brutes totales (note 2)
19,605
4,409
4,409
18,411
3,488
3,488
Note 1 : N’inclut que les autorisations disponibles pour l'exercice et accordées par le Parlement à la fin du trimestre.
Note 2 : Les chiffres ayant été arrondis, leur somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.
Review of Government of Canada Institutions’ Disclosures of Information Under the Security of Canada Information Disclosure Act in 2023: Backgrounder
Examen des Communications d’Information par des Institutions Fédérales au titre de la loi sur la Communication d’Information ayant trait à la Sécurité du Canada en 2023
Fiche d'information
Fiche d'information
Des Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (SCIDA) is intended to facilitate information sharing across government for national security purposes. Disclosures under SCIDA tend to include considerable personal information, such as passport information, citizenship status, and information gathered by diplomatic missions.
L’OSSNR est chargé d’examiner annuellement les communications effectuées au cours de l’année civile précédente et de soumettre un rapport dans lequel il formule des constatations et des recommandations à l’intention du ministre de la Sécurité publique.
Annual reviews of disclosures by NSIRA are key to ensuring that Government of Canada (GC) institutions use SCIDA in a manner that respects the Canadian Charter of Rights and Freedoms and the privacy rights of the individuals whose information is being disclosed.
Le présent rapport fait état des résultats d’un examen que l’OSSNR a réalisé quant aux communications faites en 2023. En outre, ce rapport a été déposé devant le Parlement par le ministre de la Sécurité publique, conformément au paragraphe 39(2) de la Loi sur l’OSSNR, le 13 juin 2025.
Depuis qu’il a commencé à vérifier, il y a cinq ans, le respect de la Loi par les institutions du GC, l’OSSNR a formulé des recommandations visant à favoriser un niveau de conformité accru au sein des institutions du GC. Ces institutions ont ainsi perfectionné leurs pratiques et affichent désormais une compréhension toujours plus approfondie des obligations qui leur incombent.
Cette année, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la LCISC, l’OSSNR a constaté une conformité pleine et entière aux dispositions de la Loi. Ainsi, le rapport présente sept recommandations visant à renforcer les pratiques des institutions du GC et à garantir le maintien de ce niveau élevé de conformité.
Review of Government of Canada Institutions’ Disclosures of Information Under the Security of Canada Information Disclosure Act in 2023: Report
Examen des Communications d’Information par des Institutions Fédérales au titre de la loi sur la Communication d’Information ayant trait à la Sécurité du Canada en 2023
Ministère de la défense nationale/Forces armées canadiennes
CANAFE
Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada
AMC
Affaires mondiales Canada
GC
Gouvernement du Canada
IRCC
Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
OSSNR
Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement
ASPC
Agence de la santé publique du Canada
SP
Sécurité publique Canada
GRC
Gendarmerie royale du Canada
SAID
Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada
TC
Transports Canada
Glossaire
Critère de contribution
Le premier élément du seuil minimum à respecter avant qu’une institution puisse communiquer de l’information en vertu de la LCISC est que cette institution doit avoir conclu que la communication aidera à l’exercice de la compétence ou des
attributions de l’institution fédérale destinataire à l’égard « d’activités portant atteinte à la sécurité du Canada » [alinéa 5(1)a)].
Critère de proportionnalité
Le second élément du seuil minimum à respecter avant qu’une institution puisse communiquer de l’information en vertu de la LCISC est que cette institution doit avoir conclu « que l’incidence de la communication sur le droit à la vie privée d’une personne sera limitée à ce qui est raisonnablement nécessaire dans les circonstances » [alinéa 5(1)b)].
Sommaire
L’objectif du présent examen était d’établir si les institutions du gouvernement du Canada (GC) se conformaient aux prescriptions de la Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (LCISC) relativement à la
communication d’information et à la conservation des documents en 2023. L’examen
avait pour objet d’établir si les institutions du GC utilisaient les ententes de
communication d’information conformément aux principes directeurs de la LCISC.
L’examen a également été l’occasion d’enregistrer des données concernant le volume
des communications et de dégager des tendances quant au recours à la LCISC dans
l’ensemble des institutions du GC et à travers le temps.
L’année visée est la cinquième au cours de laquelle les institutions du GC ont eu
recours à la LCISC, mais aussi la cinquième suivant laquelle l’OSSNR examine la
conformité de ces institutions aux dispositions de la Loi. Chaque année, l’OSSNR a
formulé des recommandations, lesquelles visaient à promouvoir la conformité à la Loi.
Ainsi, au cours des cinq dernières années, les institutions du GC ont perfectionné leurs
pratiques et ont constamment approfondi leur compréhension de leurs propres
obligations. Par conséquent, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur de la
LCISC, l’OSSNR a constaté une conformité intégrale aux dispositions de la LCISC.
Ainsi, l’OSSNR a pu consacrer son examen à une analyse approfondie du critère de
contribution et du critère de proportionnalité dont il est question dans la LCISC.
Par exemple, certaines communications d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada
(IRCC), bien que conformes à la LCISC, comportaient un risque élevé de
non-conformité à ces deux critères. En outre, l’une des communications concernait des
activités de protestation. Elle a soulevé des préoccupations quant à la façon dont IRCC
était arrivé à la conclusion que ladite communication avait trait à des activités portant
atteinte à la sécurité du Canada et qu’elle répondait donc aux dispositions visées à
l’alinéa 5(1)a) de la LCISC. Trois autres communications ont également été source de
préoccupations quant à la quantité de renseignements personnels qu’IRCC avait
communiqué au titre de l’alinéa 5(1)b) et suivant son évaluation de la proportionnalité.
Les lettres de demande du SCRS – sur lesquelles IRCC s’appuie souvent pour évaluer
la conformité au paragraphe 5(1) – ont parfois manqué de clarté. Or, cette nébulosité a
fait obstacle aux efforts d’IRCC dans sa tentative d’établir si la communication était bel
et bien autorisée en vertu de la LCISC.
Pour ce qui a trait à l’exactitude et à la fiabilité, IRCC a fourni des modèles d’énoncés
qui n’étaient pas toujours pertinents ou adaptés aux circonstances de la communication.
Dans un cas, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a fait une
communication verbale qui ne comportait aucun énoncé relatif à l’exactitude ou à la fiabilité au moment de la transmission. En outre, le formulaire de documentation des
communications prenait le contre-pied de la LCISC en indiquant que la fourniture
d’information sur l’exactitude et la fiabilité était facultative.
Suivant les principes directeurs de la LCISC et les recommandations formulées
précédemment par l’OSSNR, IRCC et le Centre de la sécurité des
télécommunications (CST) ont conclu une entente de communication d’information.
L’OSSNR a formulé sept recommandations visant à atténuer les risques de
non-conformité et à enregistrer les pratiques exemplaires devant servir de guide au
cours des années à venir.
1. Introduction
Fondements législatifs
This review was conducted pursuant to subsections 8(1)(b) and 39(1) of the Loi sur l’Office de surveillance des activités en matière de sécurité nationale et de renseignement (Loi sur l’OSSNR)
The review satisfies the NSIRA Act’s section 39 requirement for NSIRA to submit a report to the Minister of Public Safety on disclosures made under the Loi sur la communication d’information ayant trait à la sécurité du Canada (SCIDA, Act) during the previous calendar year.
Portée de l’examen
L’objectif du présent examen était d’établir si les institutions du gouvernement du
Canada (GC) se conformaient aux prescriptions de la LCISC relatives à la
communication d’information et à la conservation des documents. L’examen avait
pour objet d’établir si les institutions du GC utilisaient les ententes de
communication d’information conformément aux principes directeurs de la LCISC.
L’examen a également été l’occasion d’enregistrer des données concernant le
volume des communications et de mettre en évidence les schèmes que l’on peut
tirer quant au recours à la LCISC dans l’ensemble des institutions du GC et à
travers le temps.
L’examen porte, notamment, sur toutes les institutions du GC qui ont communiqué
ou reçu de l’information au titre de la LCISC en 2023 : l’Agence des services
frontaliers du Canada (ASFC), le Centre de la sécurité des
télécommunications (CST), le Service canadien du renseignement de
sécurité (SCRS), Affaires mondiales Canada (AMC), Immigration, Réfugiés et
Citoyenneté Canada (IRCC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC).
L’examen a également porté sur Sécurité publique Canada (SP), qui fournit des
consignes stratégiques ainsi que de la formation au sujet de la LCISC dans
l’ensemble du GC.
Méthodologie
Pour toutes les communications effectuées en 2023, l’OSSNR a évalué la
conformité aux exigences administratives aux obligations prévues par la LCISC en
matière de conservation des documents.
L’OSSNR a evalué la conformité aux exigences fondamentales de la LCISC en
matière de communication d’information lorsqu’il s’est penché sur un échantillon
ciblé de 27 communications, lesquelles avaient été choisies en fonction des
critères énoncés en annexe A.
Énoncés généraux
La Loi sur l’OSSNR accorde à l’OSSNR le droit d’accéder en temps voulu à toute
information qu’un ministère contrôle ou qu’il a en sa possession (sauf les
documents confidentiels du Cabinet) et de recevoir, de la part des ministères, les
documents et les explications que l’OSSNR juge nécessaire d’obtenir. L’OSSNR
suit de près la coopération qui s’établit à la suite des demandes d’accès,
notamment la complétude et l’exactitude des communications, lesquelles
alimentent l’évaluation globale de la réactivité d’un ministère lors de chacun des
examens.
Pendant le déroulement de l’examen, tous les organismes concernés ont répondu
aux attentes de l’OSSNR sur le plan de la réactivité.
2. Contexte
La LCISC établit une autorité expresse et autonome permettant aux institutions du
GC de communiquer entre elles des renseignements afin d’assurer la protection du
Canada contre les activités portant atteinte à la sécurité nationale. L’objet de la Loi
est d’encourager et de faciliter ces communications de renseignements.
L’article 9 de la LCISC impose des obligations en matière de conservation des
documents à toutes les institutions qui communiquent ou reçoivent de l’information
au titre de la Loi. Pour sa part, le paragraphe 9(3) exige que ces documents soient
remis à l’OSSNR dans les 30 jours suivant la fin de chaque année civile.
Le paragraphe 5(1) de la LCISC autorise les institutions du GC à communiquer de
l’information – sous réserve de toute interdiction ou restriction prescrite par
d’autres lois ou règlements – à des institutions désignées, dès lors que l’institution
qui communique est convaincue : a) que la communication aidera à l’exercice de la
compétence ou des attributions de l’institution fédérale destinataire à l’égard des
activités portant atteinte à la sécurité du Canada (le « critère de contribution »); et b) que l’incidence de la communication sur le droit à la vie privée d’une personne
sera limitée à ce qui est raisonnablement nécessaire dans les circonstances (le
« critère de proportionnalité »).
Or, le paragraphe 5(2) exige qu’au moment de la communication, les institutions
qui transmettent l’information fournissent des renseignements sur l’exactitude de
l’information et la fiabilité quant à la façon dont celle-ci a été obtenue.
Lorsqu’une institution du GC reçoit de l’information au titre de la Loi, le
paragraphe 5.1(1) exige que cette institution détruise ou remette à l’expéditeur
tous les renseignements personnels dès que possible après leur réception.
Les principes directeurs de la LCISC insistent sur la notion voulant que la
communication efficace et responsable d’information permette de protéger le
Canada et les Canadiens. L’alinéa 4c) propose que les institutions du GC
concluent une entente de communication d’information avec toute institution
fédérale destinataire à laquelle elles communiquent fréquemment de l’information.
3. Constatations, analyse et recommandations
Analyse des volumes et des tendances
En 2023, les institutions du GC ont effectué, en tout, 269 communications au titre
de la LCISC (voir le tableau 1).
Tableau 1 : Nombre de communications effectuées au titre de la LCISC selon les
institutions qui ont communiqué et les institutions destinataires [toutes les
communications (communications proactives)]
Institution destinataire désignée
Institution qui communique l'information
ASFC
ACIA
CCSN
ARC
CST
SCRS
MDN/FAC
Finances
CANAFE
AMC
Sante
IRCC
ASPC
SP
GRC
TC
TOTAL (proactives)
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
(2)
–
2
(2)
AMC
–
–
–
–
1
(1)
10
(0)
–
–
–
–
–
–
4
(0)
–
15
(1)
–
53
(32)
IRCC
–
–
–
–
58
(0)
194
(7)
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
252
(7)
TOTAL (proactives)
–
–
–
–
59
(1)
204
(7)
–
–
–
–
–
1
(0)
–
–
6
(2)
–
263
(10)
Le nombre des communications s’est accru de 55 % depuis 2022, renversant ainsi
la tendance à la baisse que l’on avait observée au cours des années précédentes.
Ce changement de cap découle principalement de l’augmentation de 246 % du
nombre des communications venant d’IRCC à destination du SCRS. De fait, le
SCRS attribue cette augmentation à un changement stratégique qui a mené le
Service à faire appel à la LCISC pour demander de l’information qu’IRCC
fournissait auparavant au titre de la Loi sur la protection des renseignements
personnels.
Comme pour les années précédentes, c’est en réaction à une demande que les
institutions ayant communiqué ont envoyé de l’information dans la grande majorité
des cas. Ainsi, seulement 4 % des communications ont été faites de façon
proactive par les institutions qui ont communiqué.
Exigences relatives à la conservation des documents –
article 9
Constatation 1. NSIRA found that every institution that disclosed or received information pursuant to SCIDA in 2023 complied with their record keeping obligations under section 9, but some records were inaccurate or imprecise.
L’article 9 de la LCISC impose des obligations en matière de conservation des
documents à toutes les institutions qui communiquent, mais aussi aux institutions
qui reçoivent de l’information consécutivement à une communication. Au nombre
de ces exigences, il faut compter celle voulant que les documents liés à la
communication décrivent l’information et indiquent si celle-ci a été détruite ou
conservée par le destinataire. Le recoupement que l’OSSNR a établi entre les
documents fournis par les institutions qui ont communiqué et ceux des institutions
destinataires a révélé certaines inexactitudes, lesquelles ont été résolues suivant
des discussions tenues avec les institutions après la réception desdits documents :
d’après l’alinéa 9(2)a), le CST n’a pas inscrit le bon nombre des sujets visés
par la communication dans quatre cas (sur un total de 59);
d’après l’alinéa 9(2)e), des documents du SCRS qui devaient indiquer si
l’information reçue avait été détruite ou conservée contenaient des
informations contradictoires;
d’après l’alinéa 9(1)a), des documents d’IRCC contenaient des descriptions
contradictoires de l’information communiquée.
L’OSSNR n’a pas été en mesure de concilier l’information fournie au sujet d’un cas
où l’ASFC avait fait une communication verbale à la GRC. À partir des documents
initialement fournis par la GRC et l’ASFC, l’OSSNR n’a pas été en mesure d’établir
avec certitude quels renseignements personnels avaient été transmis ni quand
ceux-ci avaient été fournis. Or, en réponse à une recommandation tirée du rapport
d’examen que l’OSSNR a produit pour 2022 au sujet de la LCISC, l’ASFC a
élaboré un formulaire visant à donner un aperçu des communications produites.
En l’occurrence, le formulaire était incomplet et contredisait la copie de
communication qui a également été remise à l’OSSNR.
Comme il l’a fait l’an dernier, l’OSSNR souligne l’importance de la précision
administrative, laquelle doit être appliquée lors de la préparation des documents.
De plus, l’OSSNR note qu’un aperçu des documents – lorsqu’il est adéquatement
préparé – favorise la conformité aux exigences de la LCISC en matière de
conservation des documents.
L’OSSNR a relevé plusieurs occurrences où l’institution qui a communiqué n’avait
pas fourni, au titre de l’alinéa 9(1)e), un énoncé explicite concernant l’information
ayant permis de convaincre cette institution appelée à communiquer que le critère
de proportionnalité avait été respecté2. Trois de ces communications ont fait partie
de l’échantillon ciblé en vue de l’évaluation des critères de contribution et de
proportionnalité.
Critères de contribution et de proportionnalité –
paragraphe 5(1)
Constatation 2. Conclusion no 6 : L’OSSNR a constaté, dans l’échantillon des communications à l’étude, que les institutions qui communiquent de l’information ont montré qu’elles ont satisfait aux critères de contribution et de proportionnalité, conformément au paragraphe 5(1) de la LCISC.
Pour évaluer la conformité aux dispositions du paragraphe 5(1), l’OSSNR a
d’abord pris en compte les énoncés formels préparés par les institutions ayant
communiqué au titre de l’alinéa 9(1)e), lesquels décrivent les renseignements sur
lesquels les institutions se sont fondées pour conclure que la communication était autorisée par la Loi. Lorsqu’un énoncé formel a été fourni, l’OSSNR l’a analysé et
corroboré en examinant tous les autres documents fournis par les institutions du
GC ayant trait à la communication en question. Les documents additionnels fournis
n’ont suscité aucune préoccupation pour ce qui concerne la conformité aux
alinéas 5(1)a) et 5(1)b).
Pour les 27 communications faisant partie de l’échantillon, l’institution qui a
communiqué a fourni un énoncé formel montrant qu’elle était convaincue que la
communication contribuerait à l’exercice de la compétence ou des attributions de
l’institution destinataire.
Pour 24 des 27 communications, l’institution qui a communiqué a fourni un énoncé
formel montrant qu’elle était convaincue que la communication n’aurait une
incidence sur la vie privée d’aucune personne à moins que cette incidence ne soit
raisonnablement nécessaire dans les circonstances. Quant aux trois autres
communications, elles ne comportaient aucun énoncé formel, mais d’autres
documents fournis par les institutions ayant communiqué montraient néanmoins
que celles-ci étaient convaincues du respect du critère de proportionnalité.
Bien que l’OSSNR ait constaté que les institutions respectaient généralement les
dispositions des alinéas 5(1)a) et 5(1)b), les évaluations des critères de
contribution et de proportionnalité d’IRCC ont affiché quelques lacunes. Ces
lacunes sont à l’origine des constatations 3 et 4.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que les institutions qui communiquent de l’information tiennent compte explicitement des exigences des alinéas 5(1)a) et 5(1)b) dans les documents qu’elles préparent au titre de l’alinéa 9(1)e) de la LCISC.
Exceptions prévues par la LCISC : défense d’une cause, protestation ou
manifestation d’un désaccord
Conclusion 3 :Constatation 3. L’OSSNR a constaté
qu’en une occasion, IRCC n’avait pas
considéré en toute autonomie que sa
communication aurait pu avoir trait à
des activités relevant de l’exception
énoncée dans la LCISC concernant
la défense d’une cause, les
protestations ou les manifestations
d’un désaccord. IRCC se disait plutôt
convaincue du critère de contribution
énoncé dans la LCISC en tenant pour
acquis que le SCRS ne se penchait
que sur les activités portant atteinte à
la sécurité du Canada.
Le critère de contribution dont il est question à l’alinéa 5(1)a) exige que l’institution
qui communique détermine si sa communication a trait à des activités portant
atteinte à la sécurité du Canada. Définies dans la Loi, ces activités comprennent,
par exemple, espionner, se livrer à une activité secrète influencée par l’étranger,
se livrer au terrorisme ou encore entraver de manière considérable ou à grande
échelle le fonctionnement d’infrastructures essentielles. Dans sa définition de la
notion d’activité portant atteinte à la sécurité du Canada, le paragraphe 2(2) de la
LCISC énonce qu’il y a exception lorsqu’il s’agit d’activités de défense d’une
cause, de protestation, de manifestation d’un désaccord ou d’expression artistique.
En soi, celles-ci ne constituent pas des activités portant atteinte à la sécurité du
Canada. L’exception prévue par la loi aide à établir des distinctions entre, d’une
part, les formes légitimes de dissidence politique et, d’autre part, les menaces
contre la sécurité nationale.
Dans un cas, le SCRS a demandé à IRCC de lui fournir de l’information détaillée
sur une personne. La demande visait à obtenir les demandes de passeports en
cours de traitement et soumises antérieurement, alors que ces documents
contiennent une quantité importante de renseignements personnels3. Le SCRS a
justifié sa demande en fournissant un extrait d’article de presse qui rapportait des
paroles prononcées publiquement par une personne qui prenait part à une
protestation.
IRCC n’a pas demandé de justifications additionnelles de la part du SCRS. IRCC a
donc communiqué les renseignements relatifs à la demande de passeport de la
personne en question – lesquels comprenaient des renseignements sur une
personne associée – de même que le numéro du passeport de ladite personne, mais aussi le lieu et la date de délivrance ainsi que la date d’expiration du
passeport.
Lorsque l’OSSNR a demandé en vertu de quels motifs on a jugé que le critère de
contribution avait été respecté, IRCC a répondu qu’il [traduction] « tient pour
acquis que le partenaire indiquera précisément que la personne en question est
liée à une activité portant atteinte à la sécurité du Canada ». Le fonctionnaire
d’IRCC qui a autorisé la communication a d’ailleurs ajouté qu’IRCC tenait pour
acquis que le SCRS ne s’était pas fondé uniquement sur les paroles citées dans
l’article de presse, et ce, compte tenu des limites du pouvoir que le SCRS peut
exercer lorsqu’il s’agit d’enquêter sur des activités licites de défense d’une cause,
de protestation ou de manifestation d’un désaccord au titre de la Loi sur le SCRS.
En effet, la Loi sur le SCRS comporte une exemption qui empêche le SCRS
d’enquêter sur les activités licites de défense d’une cause, de protestation ou de
dissidence lorsqu’aucune menace ne se manifeste en lien avec les activités
énoncées dans la Loi sur le SCRS. Cependant, le libellé de la LCISC « activités
portant atteinte à la sécurité du Canada » se distingue intentionnellement de celui
de la Loi sur le SCRS « menace envers la sécurité du Canada ». Cette distinction
exprime l’intention du législateur voulant que l’institution qui communique procède
à sa propre évaluation de conformité aux exigences.
Subsection 5(1) of the SCIDA explicitly places the onus on the disclosing entity to assure itself that the disclosure is authorized. The process by which an institution satisfies itself should be grounded in an independent and factual assessment. In that context, a mere acquiesce of a request would not be sufficient, nor would a de facto reliance on the recipient respecting their enabling legislation. The threshold of satisfaction imports an objective standard that must be based on facts.
PS guidance notes that although the threshold imposed by subsection 5(1) does not hold institutions to perfection, they must make all reasonable efforts to satisfy themselves that the information will contribute to the recipient’s national security mandate. When encountering activities occurring in the context of political dissent or a protest, NSIRA expects institutions with a national security mandate to exercise caution when requesting information relating to an activity protected under the Charte canadienne des droits et libertés (Charter) to further an investigation. At the same time, in this case, IRCC should have obtained more information prior to disclosure, to substantiate what activities were undermining the security of Canada to ensure the exception did not apply.
Recommandation 2 : NSIRA recommends that IRCC amend their SCIDA policy to underscore that IRCC must independently assess whether the disclosure is authorized. This assessment should consider whether the activity amounts to one of the exceptions to the SCIDA’s definition of activities that undermine the security of Canada.
Nouvelle approche de la LCISC relativement au critère de proportionnalité
Constatation 4. Constatation 4. L’OSSNR a constaté qu’au cours de 2023, IRCC avait exercé une
rigueur accrue dans ses évaluations de la proportionnalité à l’égard des communications
de données de passeports. Toutefois, l’OSSNR a remarqué trois occurrences où IRCC
a communiqué des renseignements sur des visas sans avoir appliqué la même
approche rigoureuse, ce qui posait le risque de communiquer plus de renseignements
personnels que raisonnablement nécessaire dans les circonstances.
À l’été 2023, IRCC a adopté une norme renforcée permettant de bien vérifier que
les intérêts d’aucune personne en matière de vie privée ne seraient touchés plus
que raisonnablement nécessaire lorsque des données de passeports sont
communiquées au SCRS. Selon IRCC, ce changement a été le résultat d’une
recommandation de l’OSSNR voulant qu’IRCC dise expressément, dans ses
documents, si le critère de proportionnalité avait été respecté. En outre, non
seulement IRCC a-t-il adapté ses pratiques en matière de tenue de documents,
mais il a également dirigé son attention vers la question importante en
l’occurrence. En effet, IRCC a examiné de près l’impact que ses communications
pourraient avoir sur la vie privée lorsqu’il répond à des demandes provenant du
SCRS.
Par conséquent, dès lors que le SCRS ne lui fournissait pas de motifs suffisants,
IRCC se faisait plutôt conservateur sur le plan des communications d’information.
Par exemple, IRCC a commencé à expurger les renseignements sur les
personnes associées, qui étaient inscrits dans les demandes de passeport, à
limiter la fourniture de renseignements concernant les demandes antérieures et à
éviter de communiquer les renseignements concernant les demandes présentées par des personnes mineures. IRCC a adopté une approche itérative4 quant à la
communication de données de passeports, ce qui a favorisé la prise en compte
des intérêts des personnes en matière de vie privée par rapport aux besoins du
destinataire et de son enquête.
La nouvelle approche qu’IRCC applique lorsqu’il s’agit d’évaluer la proportionnalité
des communications de données de passeports n’a pas été appréciée par le
SCRS, qui estime que le fait de recevoir des demandes de passeport caviardées
constitue une entrave « majeure » aux enquêtes menées au titre de l’article 125.
Dans une correspondance interne, un analyste du SCRS a indiqué préférer que
[traduction] « IRCC ne filtre pas l’information et laisse plutôt le SCRS faire les
évaluations nécessaires à partir de sa connaissance des menaces [pour la sécurité
nationale] ».
Quoique, la nature discrétionnaire des communications au titre de la LCISC fait en
sorte qu’IRCC peut choisir s’il communiquera ou non de l’information et, le cas
échéant, quelle information sera communiquée. À IRCC, les procédures
opérationnelles normalisées au titre de la LCISC indiquent que les demandes de
communication doivent comporter suffisamment d’information pour justifier la
diffusion d’information concernant des tiers. En vertu de la LCISC, IRCC a la
compétence voulue pour demander et obtenir de telles justifications avant de
communiquer de l’information.
L’attention accrue qu’IRCC a portée aux intérêts en matière de vie privée dans le
contexte des communications relatives aux demandes de passeports n’a pas été
reportée sur l’information collectée depuis les demandes de visas. Il importe de
noter que cette distinction n’est pas un facteur qu’il faudrait prendre en compte
lorsqu’il s’agit d’évaluer la proportionnalité. En vertu de la LCISC, les intérêts des citoyens et des non-citoyens en matière de vie privée doivent être évalués de la
même façon, et ne seront traités différemment, dans le cas d’une demande de
visa, que s’il n’y a pas lieu d’avoir une attente raisonnable en matière de vie
privée.
L’annexe B donne de plus amples détails sur trois communications suivant
lesquelles IRCC a transmis au SCRS de l’information sur les visas de plus de
20 personnes, et ce, sans avoir d’abord établi les faits nécessaires à la réalisation
d’une évaluation éclairée concernant la proportionnalité. Dans ces cas, ou bien
l’identité du sujet de la demande était inconnue ou bien le lien entre le sujet de la
communication et la menace n’avait pas encore été établi. L’OSSNR se serait
attendu à ce qu’IRCC suive une approche plus itérative quant à la communication
de cette information, conformément à l’approche qu’elle a préconisée vers la fin
de 2023 à l’égard des communications de données de passeports. Une telle
approche itérative aurait donné lieu à la communication des renseignements
élémentaires uniquement, et ce, jusqu’à ce qu’un lien plus évident ait été établi
avec l’activité portant atteinte à la sécurité du Canada ou jusqu’à ce que l’identité
de la personne soit confirmée.
En outre, les cas présentés à l’annexe B ne sont pas conformes à la politique
d’IRCC, laquelle souligne que « [l]a communication […] d’une quantité de
renseignements personnels plus grande que nécessaire peut constituer une
atteinte à l’attente raisonnable en matière de respect de la vie privée d’une
personne, qui est un droit protégé par la Charte canadienne des droits et libertés ».
Il s’agit là d’un élément important dans la mesure où la proportionnalité d’une
communication donnée peut être un facteur déterminant s’agissant d’établir le
caractère raisonnable au regard de la Charte.
Sous le régime de la LCISC, et comme l’expliquent les consignes de SP,
l’évaluation du critère de proportionnalité ne sert pas forcément à déterminer si la
communication doit avoir lieu ou non, mais aide plutôt à établir la portée de ce qui
peut être communiqué. Ainsi, il aurait été légitime qu’IRCC évalue les
répercussions que la communication de chaque élément d’information aurait sur la
vie privée des personnes concernées.
Recommandation 3 : NSIRA recommends that IRCC apply an iterative approach to its proportionality assessments, with a view to disclosing only the minimum information reasonably necessary in the circumstances to enable the recipient institution to further their investigation.
Lettres de demande du SCRS
Constatation 5. Constatation 5.L’OSSNR a constaté que dans les demandes que le SCRS a soumises
à IRCC, le Service a employé une terminologie manquant de cohérence et des libellés
manquant souvent de clarté quant à la relation entre le sujet de la demande et l’enquête
dont celui-ci faisait l’objet. En outre, il est arrivé que les communications affichant ce
manque de clarté constituent autant d'obstacles aux efforts qu’IRCC consentait pour
savoir s’il pouvait être certain que lesdites communications étaient autorisées au titre de
la LCISC.
Il se trouve que 96 % des communications d’IRCC à destination du SCRS ont été
transmises en réponse à une demande. IRCC a utilisé l’information contenue dans
les lettres de demande du SCRS pour s’assurer qu’une communication répondait
au critère de contribution ainsi qu’au critère de proportionnalité. Certes, IRCC peut
à loisir demander de plus ample information de la part du SCRS pour s’assurer
que la communication est bel et bien autorisée, mais dans la majorité des cas où le
Service a soumis des demandes de communication, IRCC a étayé ses évaluations
uniquement à partir de l’information que le SCRS lui avait fournie dans ses lettres
de demande.
L’OSSNR a examiné toutes les lettres de demande que le SCRS a acheminées à
IRCC. Il s’avère que le SCRS a employé un large éventail de termes pour justifier
son intérêt à l’égard du sujet d’une demande. Voici quelques-uns de ces termes :
le sujet a retenu l’attention du Service;
le sujet est d’intérêt en raison de sa participation possible à;
le sujet est d’intérêt en lien avec;
le sujet serait présumément l’associé d’une cible;
le sujet serait lié à la menace;
la personne fait l’objet d’une enquête du Service;
le sujet est visé par une enquête du Service;
le sujet est associé de très près à un sujet visé par une enquête du SCRS.
Dans la plupart des cas, le SCRS n’a pas défini ces termes. Il n’a pas non plus
fourni de plus ample information quant aux raisons pour lesquelles le sujet était
d’intérêt.
En outre, le SCRS a employé les mêmes termes (ou des termes semblables) pour
faire allusion à divers niveaux d’intérêt. Par exemple, les expressions « associé de
très près à » et « visé par une enquête du Service » ont été employées dans le cas
de personnes qui n’étaient pas reconnues comme ayant pris part à des activités
liées à une menace ou de personnes que le SCRS soupçonnait d’avoir pris part à
des activités liées à une menace. Dans un autre cas, la lettre de demande du
SCRS indiquait que les sujets étaient liés à la menace, alors que le lien entre la
menace et lesdits sujets n’avait pas été établi.
En conséquence de ces incohérences et de ce manque de clarté, IRCC n’arrivait
pas à saisir les nuances entre les notions censément essentielles à ses
évaluations de la proportionnalité. Ce problème était exacerbé par le fait que le
SCRS avait tendance à demander « toute l’information » associée au sujet/aux
sujets d’une demande donnée.
La relation entre l’information demandée et une enquête représente un facteur
important qu’IRCC prend en compte lorsqu’il s’agit d’évaluer la proportionnalité.
D’ailleurs, la nouvelle approche choisie par IRCC pour l’évaluation de la
proportionnalité tient compte du fait que les renseignements sur les personnes
associées qui sont contenus dans les demandes de passeports pourraient ne pas
être essentiels à l’enquête. Par conséquent, IRCC a souvent choisi d’expurger
certains renseignements sur les tierces personnes, à moins que le SCRS ait fourni
des indications selon lesquelles ces tierces personnes étaient ou pourraient être
impliquées dans l’activité liée à la menace. Dans l’un des nombreux cas, le SCRS
a indiqué que le sujet de la demande était [traduction] « associé de très près à un
sujet visé par une enquête du SCRS ». IRCC a donc demandé des explications
permettant d’établir un lien évident entre le sujet de la demande et l’enquête en
question. Comme le SCRS n’a pas fourni les explications demandées, IRCC a
choisi d’annuler la communication dans la mesure où il n’était pas convaincu
qu’elle répondait au critère de proportionnalité.
Il est essentiel que le SCRS transmette l’information uniformément et dans un
libellé qui soit clair étant donné qu’IRCC s’appuie sur cette information lorsqu’il procède à son analyse de la proportionnalité. C’est particulièrement vrai
lorsqu’IRCC communique de l’information sur les personnes associées.
Lorsqu’elles demandent de l’information au titre de la LCISC, les institutions
destinataires devraient, en toute logique, favoriser la conformité des institutions qui
communiquent aux critères minimums prescrits par la LCISC en employant une
terminologie qui soit claire et uniforme.
Vers la fin de 2023, le SCRS a amorcé la centralisation des procédures
s’appliquant aux demandes de communication qu’il soumet à IRCC au titre de la
LCISC, ce qui devrait favoriser l’uniformisation. Puisqu’en 2023, aucune demande
n’a été soumise au moyen des nouveaux formulaires normalisés, l’OSSNR n’a pas
été en mesure d’évaluer l’effet tangible des changements apportés
Recommandation 4 : NSIRA recommends that CSIS use consistent terminology, and be clear about the nature of the link that has been established between the subject of a request and its investigation, to assist IRCC in satisfying itself of the proportionality test.
Énoncé concernant l’exactitude et la fiabilité – paragraphe 5(2)
Constatation 6 : Constatation 6. L’OSSNR a constaté que dans toutes les communications
d’information, les institutions qui ont communiqué avaient fourni des précisions pour ce
qui a trait à l’exactitude de l’information et la fiabilité quant à la façon dont celle-ci a été
obtenue. Toutefois, l’ASFC a fait une communication verbale qui ne contenait aucun
énoncé explicite quant à l’exactitude ou à la fiabilité.
En vertu de la LCISC, les ministères sont tenus de fournir des précisions quant à
l’exactitude de l’information et à la fiabilité des moyens par lesquels l’information à
communiquer a été obtenue. En outre, ils doivent fournir ces précisions au moment
de la communication.
Toutes les communications écrites effectuées en 2023 contenaient un énoncé
relatif à l’exactitude et à la fiabilité. Toutefois, l’ASFC a communiqué verbalement
et de façon proactive un tuyau à la GRC (dont il est question au paragraphe 19 de
la présente) dans lequel l’ASFC n’a fourni aucun énoncé explicite concernant
l’exactitude ou la fiabilité au moment de la communication.
Bien que la même information ait été communiquée de nouveau par écrit deux
semaines plus tard, l’énoncé sur l’exactitude et la fiabilité n’a été transmis par écrit à la GRC qu’environ deux mois plus tard, au moment où l’ASFC communiquait de
l’information additionnelle relativement au sujet concerné.
Le paragraphe 5(2) indique que « l’information » relative à l’exactitude et à la
fiabilité « doit » être fournie au moment de la communication. Dans le cas présent,
l’OSSNR estime que le fait d’annoncer à la GRC que l’information communiquée
avait été obtenue grâce à un tuyau constituait en soi une information sur
l’exactitude et la fiabilité. Cela dit, un énoncé explicite transmis par écrit est
considéré comme une pratique exemplaire. Bien que les communications
transmises verbalement ne soient pas interdites, les consignes de SP indiquent
que « [l]es conversations informelles ne devraient pas remplacer le processus
officiel de communication ou les obligations en matière de conservation des
dossiers ».
Recommandation 5 : NSIRA recommends that institutions avoid making verbal disclosures whenever possible. When they must occur, verbal disclosures should explicitly convey the requisite information on accuracy and reliability.
Constatation 7 : NSIRA found that CBSA’s record of disclosure form contradicts the SCIDA by allowing officials to opt out of providing information regarding accuracy and reliability.
La politique de l’ASFC fait correctement état du caractère obligatoire de la
fourniture d’information concernant l’exactitude et la fiabilité, ce qui n’est pourtant
pas le cas du nouveau formulaire de documentation des demandes. Le formulaire
comporte une case à cocher (oui/non) permettant d’indiquer si un énoncé
confirmant l’exactitude et la fiabilité a été fourni à l’institution destinataire. Lorsque
l’agent de l’ASFC coche la case « non », une boîte interactive lui demande
d’expliquer pourquoi il a choisi de ne pas fournir ledit énoncé. En l’occurrence, il
convient de conclure que la mesure est optionnelle, ce qui permet à l’ASFC de ne
pas répondre à l’exigence en question.
En outre, le formulaire n’indique pas que l’énoncé doit être fourni au moment de la
communication, tel que le demande expressément la LCISC.
Recommandation 6. Recommandation 6. L’OSSNR recommande que l’ASFC fasse en sorte que son
formulaire de documentation des communications s’harmonise avec les dispositions de
la LCISC en énonçant le caractère obligatoire de la fourniture d’information sur
l’exactitude et la fiabilité au moment de la communication.
Constatation 8 : NSIRA found that IRCC used templated language to describe the disclosure’s accuracy and reliability that was not always relevant or specific to the circumstances of the disclosure.
De fait, toutes les communications d’IRCC effectuées en 2023 affichaient le même
énoncé quant à l’exactitude et à la fiabilité :
[Traduction] « l’information incluse dans la présente communication a
été fournie par le sujet au fil des diverses demandes qu’il a formulées
auprès d’IRCC. Le sujet a déclaré que les renseignements qu’il avait
fournis aux fins desdites demandes étaient véridiques, complets et
exacts. L’information incluse dans la présente communication est
exacte et fiable pour autant que le sujet ait été honnête lorsqu’il a fourni
des renseignements à notre ministère. En outre, IRCC ne détient
aucune information pouvant remettre en question l’exactitude et la
fiabilité de l’information fournie par le sujet.
Il y a eu plusieurs cas où cet énoncé fourni par IRCC ne correspondait pas aux
circonstances de la communication. Par exemple, l’énoncé présenté plus haut
faisait partie d’une communication pour laquelle aucun dossier d’immigration ou de
demande de passeport n’a été trouvé, et dont la seule révélation consistait à
confirmer l’absence de dossiers. Le même énoncé a été utilisé dans des
communications concernant des demandes de passeport générales pour enfants,
lesquelles avaient été remplies par les parents ou les tuteurs légaux et non par les
sujets eux-mêmes. Lorsqu’il a uniquement communiqué l’état de citoyen au CST,
IRCC a quand même inclus le même énoncé, alors que l’information communiquée
n’avait pas été fournie par le sujet dans le contexte de sa demande. Dans l’un des
cas, IRCC a utilisé le même énoncé dans la communication, mais s’est néanmoins
contredit en indiquant également que pour certaines raisons, il était possible que
l’information ne soit pas exacte.
Tous ces cas témoignent d’une tendance suivant laquelle on se contente de
reproduire l’information sur l’exactitude et la fiabilité sans vraiment porter attention
à la pertinence de l’énoncé.
Lorsqu’il propose des consignes concernant l’énoncé sur l’exactitude et la fiabilité,
le guide de SP stipule que « [l]es formules (modèles) doivent être évitées, à moins
que la nature et la source des informations communiquées ne découlent d’un
processus de routine ». IRCC produit un nombre important de communications
chaque année. Certes, certains éléments de langage peuvent être recyclés, mais il
est néanmoins nécessaire que chaque énoncé témoigne fidèlement du contenu de
la communication qu’il accompagne. L’OSSNR a recommandé antérieurement que
les énoncés soient formulés clairement et qu’ils soient adaptés aux circonstances
de la communication.
Recommandation 7. NSIRA recommends that IRCC tailor its statements on accuracy and reliability as to ensure that each disclosure’s statement is specific to the circumstances of the case.
Entente de communication d’information – alinéa 4c)
Constatation 9 : L’OSSNR a constaté que les communications qui ont eu lieu entre
IRCC et le CST après l’entrée en vigueur de l’entente de communication d’information
qu’ils avaient conclue étaient conformes aux dispositions de la LCISC et aux termes de
ladite entente.
À l’occasion d’examens qu’il a précédemment réalisés concernant la LCISC,
l’OSSNR a noté que certains ministères évoquaient régulièrement la LCISC au
point de nécessiter la conclusion d’ententes de communication d’information (ECI),
une pratique encouragée par l’alinéa 4c) de la LCISC. En 2022, l’OSSNR a
recommandé qu’IRCC et le CST concluent une ECI appelée à régir leurs
communications au titre de la LCISC.
En août 2023, IRCC et le CST ont signé une ECI. Dans l’ensemble, la nouvelle
ECI conclue entre IRCC et le CST favorise la conformité aux dispositions de la
LCISC et fait état de toutes les exigences essentielles établies par la LCISC.
L’entente tient également compte des consignes que SP a récemment élaborées
concernant la préparation des ECI.
Les 24 communications effectuées après la mise en œuvre de l’ECI ont toutes été
jugées conformes à la nouvelle entente. En l’occurrence, l’OSSNR s’est penché
sur chacune des communications faites sous la gouverne de l’ECI et les a
évaluées en les comparant aux exigences énoncées dans l’entente.
4. Conclusion
L’année en cours est la cinquième au cours de laquelle les institutions du GC ont
fait appel à la LCISC. C’est également la cinquième fois que l’OSSNR réalise son
examen annuel de la conformité de ces institutions aux dispositions de la LCISC. À
chaque occasion, l’OSSNR a formulé des recommandations visant à promouvoir la
conformité à la Loi. Au cours des cinq dernières années, les institutions du GC ont
perfectionné leurs pratiques et ont régulièrement affiché une compréhension
accrue de leurs obligations respectives. Ainsi, pour la première fois depuis l’entrée
en vigueur de la LCISC, l’OSSNR a constaté une conformité pleine et entière aux
dispositions de la LCISC.
Le présent examen a été l’occasion d’évaluer la conformité des institutions du GC
aux exigences s’appliquant à la conservation des documents dans le cas des
269 communications qui ont été faites et reçues en 2023. Il a permis d’évaluer la
conformité des institutions aux exigences s’appliquant aux communications d’après
un échantillon ciblé de 27 communications. Toutes les communications examinées
étaient conformes aux exigences de la LCISC, mais l’OSSNR a constaté que les
évaluations de la contribution et de la proportionnalité réalisées par IRCC
comportaient certaines lacunes. Or, une compréhension accrue des activités
portant atteinte à la sécurité du Canada permettrait de réaliser les évaluations de
proportionnalité plus approfondies et rehausserait le degré de pertinence de
l’information communiquée.
L’OSSNR a formulé des recommandations visant à promouvoir la conformité aux
dispositions de la LCISC s’appliquant particulièrement à la façon dont les
ministères établissent si les critères de contribution et de proportionnalité ont été
respectés.
Annexe A.Échantillon de communications
Les communications faisant partie de l’échantillon ont été sélectionnées sur la base du contenu des documents fournis à l’OSSNR au titre du paragraphe 9(3), selon les paramètres suivants :
au moins deux communications par paire « institution qui communique et institution destinataire », le cas échéant;
au moins une communication proactive par institution qui communique, le cas échéant;
au moins une communication demandée par l’institution destinataire, le cas échéant;
toutes les communications qui, selon l’institution destinataire, contiennent
des renseignements personnels ayant été détruits ou retournés au titre du
paragraphe 5.1(1) de la LCISC;
toutes les communications pour lesquelles un écart important a été relevé
entre les documents de l’institution qui communique et ceux de l’institution
destinataire;
toutes les communications faites par une institution ne figurant pas à
l’annexe 3 de la LCISC;
toutes les communications reçues par les institutions inscrites à l’annexe 3
de la LCISC au cours de l’année précédente;
toutes les communications qui, d’après une évaluation préliminaire
effectuée par l’équipe d’examen, posent un risque accru de non-conformité
aux dispositions de l’article 5.
Annexe B.Cas ayant trait à la communication
d’information sur les visas par IRCC
Communication 1 (menace envers la sécurité économique)
De façon proactive, IRCC a communiqué des renseignements sur les demandes
de visa de plusieurs personnes qui ont reçu un permis de travail dans divers
champs de recherche ayant un rapport avec les menaces envers la sécurité
économique. Ces demandes comportaient des renseignements personnels comme
les antécédents d’emploi, les voyages effectués, les coordonnées personnelles,
des photos, les données de passeports, ainsi que des renseignements sur des
tiers. Ces mesures résultaient des efforts d’IRCC visant à reconnaître et à
communiquer au SCRS de l’information concernant les personnes qui pourraient
se livrer à des activités posant une menace envers la prospérité économique du
Canada.
Bien que les préoccupations suscitées par les divers types de menaces en matière
de sécurité économique soient bien étayées, le rôle que ces personnes ont tenu
dans cet espace était inconnu. IRCC a choisi les personnes en question en se
basant sur un critère relatif à la menace, mais les autres critères employés pour
réduire le bassin de plusieurs centaines à une poignée de personnes n’avaient rien
à voir avec la menace que celles-ci posaient. En effet, IRCC a arbitrairement choisi
ces critères additionnels surtout pour des raisons pratiques.
En clair, aucune information n’indiquait que les personnes en question fussent
impliquées dans des activités portant atteinte à la sécurité du Canada. Initialement,
la plupart de ces demandes n’ont pas été renvoyées par IRCC pour enquête de
sécurité au SCRS, signifiant ainsi que l’agent des visas était parfaitement
convaincu que les demandeurs ne posaient aucune menace. Dans un cas, la
demande a été envoyée pour enquête de sécurité, mais le SCRS a répondu par
une recommandation favorable, et le demandeur a obtenu un visa.
La communication proactive de l’intégralité d’un dossier de demande de visa
destinée au SCRS risquait de porter atteinte à la vie privée de ces personnes plus
qu’il n’était raisonnable dans les circonstances.
Communication 2 (entité étrangère)
Le SCRS a demandé à recevoir des données de passeports concernant toute
personne munie d’un visa valide et travaillant au sein d’une entité étrangère
particulière. IRCC ne disposait d’aucune demande de passeport pour les
personnes répondant aux critères de recherche, mais a néanmoins communiqué
l’intégralité des demandes de visa de certaines personnes. IRCC a égalemen fourni de l’information au sujet de personnes qui avaient travaillé précédemment
au sein de l’entité étrangère et de personnes qui ne disposaient pas d’un visa
valide. En raison du décalage entre ce qui a été demandé et ce qui a été
communiqué, on n’a pas répondu au besoin d’adapter l’information selon les
critères de contribution et de proportionnalité voulus par la LCISC.
Aucune de ces personnes n’a été liée à une activité particulière portant atteinte à
la sécurité du Canada, ni au moment de la demande ni après la communication. Le
fait que ni le SCRS ni IRCC n’ont été en mesure de caractériser la nature de la
relation entre ces personnes et les activités de menace a donné lieu au risque que
la communication d’IRCC porte atteinte à la vie privée desdites personnes plus
qu’il n’était raisonnablement nécessaire dans les circonstances.
Communication 3 (volumes massifs de données)
Le SCRS a envoyé à IRCC une lettre demandant la communication d’information
figurant dans des demandes d’immigration soumises par un certain nombre de
personnes, notamment d’une feuille de calcul contenant certaines données
d’identification personnelle (appelées « sélecteurs »). Bien que la demande et la
communication de volumes massifs de données ne soient pas interdites par la
LCISC, les exigences imposées par les critères de contribution et de
proportionnalité doivent néanmoins s’appliquer à chacun des éléments
d’information à communiquer. Ainsi, ce type d’information doit être évalué de façon
responsable avant toute communication.
Certes, la lettre de demande du SCRS fournissait un argumentaire développé pour
faire état des motifs pour lesquels l’auteur de menace nommé dans la lettre de
demande représentait une menace pour la sécurité nationale, mais les
fonctionnaires d’IRCC qui ont autorisé la communication ne disposaient d’aucune
information contemporaine concernant la façon dont ces sélecteurs – et par
extension, les personnes liées à ces sélecteurs – auraient quelque rapport avec
l’auteur de menace.
Néanmoins, IRCC a communiqué des renseignements personnels importants
ayant trait à plusieurs personnes. Par exemple, la communication contenait le
refus d’un état étranger concernant un visa, de l’information sur le service militaire,
une photo personnelle ainsi que d’autres documents qui auraient été fournis aux
fins d’une demande de visa.
Cette communication comprenait plus d’information que ce qui avait été demandé
par le SCRS. Puisque l’identité des personnes n’a pas été confirmée, bien que le
SCRS ait clairement indiqué que l’identification était l’objet de la demande, il y a
lieu de conclure qu’IRCC risquait de communiquer plus que le strict minimum de
renseignements personnels nécessaires à la poursuite de l’enquête du SCRS.
Bien que le fardeau législatif garantissant que la communication est autorisée au
titre de la LCISC repose sur l’entité qui communique, en l’occurrence IRCC, il peut
s’avérer très complexe pour cette entité qui communique de s’acquitter de son
obligation au titre des alinéas 5(1)a) et 5(1)b) dans le cas de ces demandes de
volumes massifs de données, particulièrement lorsque le demandeur ne fournit
que très peu d’éléments permettant de lier chaque sélecteur et chaque personne à
l’activité portant atteinte à la sécurité du Canada.
Annexe C.Aperçu des communications au titre de la
LCISC pendant les années précédentes
Institution qui communique l'information
Institution destinataire désignée au titre de la LCISC (annexe 3)
ASFC
AMC
CCSN
ARC
CST
SCRS
MDN/FAC
Finances
CANAFE
AMC
Sante
IRCC
ASPC
SP
GRC
TC
TOTAL
2022
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
4
–
4
AMC
–
39
2
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
12
–
53
IRCC
–
59
56
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
115
GRC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
1
TOTAL
–
59
95
2
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
16
–
173
2021
MDN/FAC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
–
–
–
–
–
2
AMC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
–
44
IRCC
–
68
79
–
–
–
–
–
–
–
–
2
–
1
–
–
149
TOTAL
–
68
122
–
–
–
2
–
–
–
–
2
–
1
2
–
195
2020
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
–
4
AMC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
25
–
–
13
40
IRCC
–
60
61
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
37
–
159
GRC
–
–
1
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
–
–
–
3
TC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
2
2
Autres
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
TOTAL
–
61
88
1
–
–
3
–
–
–
–
6
–
55
1
–
215
2019
ASFC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
3
AMC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
23
–
–
–
42
IRCC
–
5
17
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
36
–
59
GRC
–
4
1
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
3
–
–
8
TC
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
–
1
–
2
TOTAL
–
4
5
–
41
–
1
–
–
–
1
–
–
–
–
–
114
Annexe D.Constatations et recommandations
Exigences relatives à la conservation des documents –
article 9
Constatation 1. NSIRA found that every institution that disclosed or received information pursuant to SCIDA in 2023 complied with their record keeping obligations under section 9, but some records were inaccurate or imprecise.
Critères de contribution et de proportionnalité –
paragraphe 5(1)
Constatation 2. Conclusion no 6 : L’OSSNR a constaté, dans l’échantillon des communications à l’étude, que les institutions qui communiquent de l’information ont montré qu’elles ont satisfait aux critères de contribution et de proportionnalité, conformément au paragraphe 5(1) de la LCISC.
Recommandation 1 : L’OSSNR recommande que les institutions qui communiquent de l’information tiennent compte explicitement des exigences des alinéas 5(1)a) et 5(1)b) dans les documents qu’elles préparent au titre de l’alinéa 9(1)e) de la LCISC.
Conclusion 3 :Constatation 3. L’OSSNR a constaté
qu’en une occasion, IRCC n’avait pas
considéré en toute autonomie que sa
communication aurait pu avoir trait à
des activités relevant de l’exception
énoncée dans la LCISC concernant
la défense d’une cause, les
protestations ou les manifestations
d’un désaccord. IRCC se disait plutôt
convaincue du critère de contribution
énoncé dans la LCISC en tenant pour
acquis que le SCRS ne se penchait
que sur les activités portant atteinte à
la sécurité du Canada.
Recommandation 2 : NSIRA recommends that IRCC amend their SCIDA policy to underscore that IRCC must independently assess whether the disclosure is authorized. This assessment should consider whether the activity amounts to one of the exceptions to the SCIDA’s definition of activities that undermine the security of Canada.
Constatation 4.Constatation 4. L’OSSNR a constaté qu’au cours de 2023, IRCC avait exercé une
rigueur accrue dans ses évaluations de la proportionnalité à l’égard des communications
de données de passeports. Toutefois, l’OSSNR a remarqué trois occurrences où IRCC
a communiqué des renseignements sur des visas sans avoir appliqué la même
approche rigoureuse, ce qui posait le risque de communiquer plus de renseignements
personnels que raisonnablement nécessaire dans les circonstances.
Recommandation 3 : NSIRA recommends that IRCC apply an iterative approach to its proportionality assessments, with a view to disclosing only the minimum information reasonably necessary in the circumstances to enable the recipient institution to further their investigation.
Constatation 5.Constatation 5.L’OSSNR a constaté que dans les demandes que le SCRS a soumises
à IRCC, le Service a employé une terminologie manquant de cohérence et des libellés
manquant souvent de clarté quant à la relation entre le sujet de la demande et l’enquête
dont celui-ci faisait l’objet. En outre, il est arrivé que les communications affichant ce
manque de clarté constituent autant d'obstacles aux efforts qu’IRCC consentait pour
savoir s’il pouvait être certain que lesdites communications étaient autorisées au titre de
la LCISC.
Recommandation 4 : NSIRA recommends that CSIS use consistent terminology, and be clear about the nature of the link that has been established between the subject of a request and its investigation, to assist IRCC in satisfying itself of the proportionality test.
Énoncé concernant l’exactitude et la fiabilité – paragraphe 5(2)
Constatation 6 :Constatation 6. L’OSSNR a constaté que dans toutes les communications
d’information, les institutions qui ont communiqué avaient fourni des précisions pour ce
qui a trait à l’exactitude de l’information et la fiabilité quant à la façon dont celle-ci a été
obtenue. Toutefois, l’ASFC a fait une communication verbale qui ne contenait aucun
énoncé explicite quant à l’exactitude ou à la fiabilité.
Recommandation 5 : NSIRA recommends that institutions avoid making verbal disclosures whenever possible. When they must occur, verbal disclosures should explicitly convey the requisite information on accuracy and reliability.
Constatation 7 : NSIRA found that CBSA’s record of disclosure form contradicts the SCIDA by allowing officials to opt out of providing information regarding accuracy and reliability.
Recommandation 6. Recommandation 6. L’OSSNR recommande que l’ASFC fasse en sorte que son
formulaire de documentation des communications s’harmonise avec les dispositions de
la LCISC en énonçant le caractère obligatoire de la fourniture d’information sur
l’exactitude et la fiabilité au moment de la communication.
Constatation 8 : NSIRA found that IRCC used templated language to describe the disclosure’s accuracy and reliability that was not always relevant or specific to the circumstances of the disclosure.
Recommandation 7. NSIRA recommends that IRCC tailor its statements on accuracy and reliability as to ensure that each disclosure’s statement is specific to the circumstances of the case.
Entente de communication d’information – alinéa 4c)
Constatation 9 : L’OSSNR a constaté que les communications qui ont eu lieu entre
IRCC et le CST après l’entrée en vigueur de l’entente de communication d’information
qu’ils avaient conclue étaient conformes aux dispositions de la LCISC et aux termes de
ladite entente.